Lettre d’une employée de la DPJ

adult hold kid's hand

Dès qu’il est question de la DPJ, ça frappe fort aux nouvelles, le sensationnalisme et la désinformation se font aller à grands coups de reportages théâtraux, la politique s’en mêle et ça ne vole pas haut. Je ne perdrai pas d’énergie à tenter de nuancer ce qui est rapporté. J’ai juste envie de vous dire du positif.

J’ai envie de féliciter mes collègues qui font tellement pour les enfants, si vous saviez.

J’ai envie de vous dire que je vois tous les jours des humains pleins d’empathie. Des intervenants qui tendent la main malgré l’agressivité et l’adversité.

Je veux vous dire que je vois tous les jours des intervenants qui s’efforcent par tous les moyens du monde d’atteindre une famille.

Je veux vous dire qu’on a du plaisir aussi parfois avec “nos” parents, malgré tout. Que parfois, on arrive à créer un lien qui nous permet de rire un peu, de se taquiner mutuellement, entre deux crises.

Je veux vous dire aussi qu’il y a des parents et des enfants qui nous rappellent parfois, après la fermeture de leur dossier, pour nous dire qu’ils se rappellent encore d’une phrase qu’on leur a dite, qui les a marqués plus qu’on pensait.

Je veux vous dire qu’il y a des parents qui sont tristes, pour vrai, quand leur dossier ferme, parce qu’ils trouvent qu’après et malgré tout, on les a aidés.

Je veux vous dire qu’on voit des belles réussites. Des enfants qui grandissent bien. Des parents qui se reprennent en main, qui évoluent, qui cheminent.

Je veux vous dire que mes collègues ont le coeur sur la main. Que malgré leur débordement, ils trouvent le temps d’offrir leur aide pour soutenir un collègue qui va moins bien.

Je veux vous dire que je côtoie tous les jours des intervenants qui sont respectueux, sensibles, attentionnés.

Je veux vous dire que ma job j’en suis fière, même si c’est pas parfait. Même si c’est lourd par boutte. Malgré tout ce qu’on en dit, je suis fière de travailler à la DPJ.

Je veux vous dire qu’on va garder la tête haute, qu’on va tendre l’autre joue et qu’on va continuer de faire de notre mieux, pour eux. Pour leurs petites têtes blondes, rousses ou brunes. Pour leurs yeux innocents malgré leur vécu, leur vécu qui lui n’a rien d’innocent. Pour leur résilience. Pour leur enfance.

Pour les enfants qui suivront, et encore ceux d’après.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *