À toi qui crois que je suis une mère indigne

baby with mother on cellphone

À toi qui crois que je suis une mère indigne parce qu’il arrive parfois que je te donne l’impression d’être désorganisée, toujours à la dernière minute ou plus intéressée par mon travail que par mon enfant, j’aimerais te dire que les apparences sont souvent trompeuses.

Tu as peut-être déjà cru que mon enfant passait en dernier quand je suis arrivée la dernière au service de garde, l’air préoccupé et le téléphone sur une oreille malgré le babillage de mon enfant heureux de me voir.

Mais qui te dit qu’aujourd’hui, je n’avais pas une fois de plus un horaire trop chargé au boulot, que je n’ai pas couru comme une folle pour arriver à l’heure pour venir chercher mon enfant et que je ne me reprendrai pas ce soir en passant du temps de qualité avec lui même si je vais sans doute devoir terminer mon travail lorsqu’il sera couché ?

Tu as peut-être également déjà pensé que j’avais l’air particulièrement fatigué et que mon enfant devait trouver bien ennuyeux que sa maman ne soit pas toujours disponible pour s’amuser avec lui et ne semble pas aussi enjouée qu’une monitrice de camp de vacances sur le speed prête à faire tous les jeux inimaginables pour son plus grand plaisir.

Mais qu’est-ce qui te dit que je ne suis pas totalement dépassée par mes problèmes personnels ? Que je n’ai pas récemment vécu la mort d’un proche, une dépression majeure, un épuisement professionnel ou même un trouble d’anxiété faisant de chaque jour un véritable combat ?

Il t’arrive peut-être parfois de te demander comment il se fait que je ne prenne pas plus de temps pour savourer ces merveilleux moments qui passent tellement vite lorsque tu me vois arriver en trombe à l’école pour voir le spectacle de mon petit puis repartir aussi rapidement que je suis arrivée.

Mais qui peut te confirmer que je ne me suis pas récemment séparée ou que je ne suis pas une mère monoparentale depuis plusieurs années, sans famille ou personne proche pour m’aider au quotidien et que je dois gérer non seulement un travail à temps plein, mais aussi tous les autres aspects de la vie de tous les membres de ma famille. Qui te dit aussi que je ne me suis pas débattue avec mon employeur pour prendre une demi-heure de pause de plus afin d’être présente parce que personne d’autre dans la famille ne pouvait aller encourager mon enfant à ma place ? Quand un spectacle d’école est en après-midi, qui sont les gens normaux qui peuvent se libérer en pleine journée sans avoir à faire de sacrifice?

Avant que tu ne t’emballes davantage, sache qu’au cours des prochaines années, il est tout à fait probable que tu trouves du Kraft Dinner dans la boîte à lunch de mon enfant au lieu d’un bon repas santé à l’occasion, qu’il arrive les cheveux de travers ou avec la moitié de ses vêtements (l’autre étant restée à la maison suite à un oubli de ma part) et que je redise que je ne suis pas disponible pour jouer les bénévoles lors de la semaine de l’enseignement parce que je n’en ai tout simplement pas le temps.

Si tout ça fait en sorte que je suis une mère indigne, alors je l’assume à 100%.

Je n’agis pas par manque d’intérêt ou négligence, mais simplement en choisissant mes combats et les éléments les plus importants parce que l’essentiel pour moi est et demeurera toujours mon enfant et le temps que je lui accorde. Même si ça peut te paraître peu, il est de qualité, je m’y investis totalement et quand je regarde mon petit, je vois un enfant heureux.

Julie Lambert
JULIE LAMBERT

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