J’ai brisé ma famille

sad mother and son look at window

J’avais tout pour être heureuse. Un chum sexy, des enfants en parfaite santé, le VUS de l’année, un prêt hypothécaire, des souvenirs, des projets, une belle carrière, une vie à priori enviable.

J’avais tout pour être heureuse mais moi, je focussais sur ce que je n’avais pas. Je me fouettais l’existence à grands coups de doutes. Je passais des heures à fantasmer sur ce que ma vie aurait pu être en faisant des choix différents. Je m’ennuyais de la passion dévorante, surtout. J’enviais les femmes célibataires autour de moi, beaucoup. Et de plus en plus, je ne me sentais plus amoureuse du père de mes enfants.

En silence, au fond de moi, s’était créée au fil des ans une brèche immense. D’un côté, j’avais ma famille et de l’autre, ma liberté et moi. Je me tenais au-dessus de tout ça, saison après saison, un pied de chaque bord, à faire de plus en plus le grand écart; je me sentais prise là, si seule. J’avais de la peine et surtout l’impression d’être une personne minable, incapable d’apprécier sa vie.

Plus le temps passait, plus j’avais l’impression de m’endormir aux côtés d’un étranger. Il n’y avait plus d’amour, plus de complicité et on a regardé la flamme s’éteindre sans broncher.

Il était où le bonheur à ce moment-là ? Je ne sais pas. Était-il déjà trop tard ? Est-ce que j’ai poussé assez fort pour nous sauver ? Tant de réponses perdues à jamais dans le néant.

Briser ma famille a été la chose la plus difficile que j’ai eu à faire dans toute ma vie jusqu’à présent; on appréhende l’impact, mais l’onde de choc qui s’ensuit est inimaginable.

Je me suis retrouvée seule avec ma liberté et, maintenant, quelque temps plus tard, je me remémore cette époque lointaine où ma famille n’était pas brisée. Celle d’avant la bombe nucléaire que j’ai moi-même fait sauter.

La boule me monte à la gorge et mes yeux coulent à torrents quand je nous revois tous ensemble, ma belle petite famille et je m’en veux tellement. Je m’en veux de m’être laissé emporter par le désir d’obtenir ce qu’on a pas.

Mais quand il n’y a plus d’amour, le pire est-il de continuer à faire semblant ou de se reconstruire autrement ?

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

9 thoughts on “J’ai brisé ma famille

  1. Caroline Répondre

    Et après avoir fait sauter cette bombe, peut-on penser trouver le bonheur ou seulement avoir envie de revenir en arrière!? Je suis en plein dans ce tourment et j’ai besoin de savoir si on peut sortir grandie de cela ou si au contraire, que du négatif s’en suit??

    1. Meli Répondre

      Tout en voyai balader 15annees de couple 2 enfants merveilleux 1an de mariage mais l envie d e partir de respirer de me reconstruire ailleurs envie d une vie bien différentes critiqué plus que de raisons mise de côté car pour les autres j avais une vie de rêve et un mari parfait… Oh combien je ne regretterai jamais j’ai une nouvelle vie plus que merveilleuse un homme complètement en adéquation une nouvelles vie de folie ma famille à explosé mais nous en avons reconstruite une bien plus adapté à ce je souhaiter…..

  2. ChezCapitaineMaman Répondre

    C’est un très bel article avec des paroles dans lesquelles je me retrouve.
    Je me suis mariée à 25 ans, j’avais déja deux enfants, et après mon mariage ma 3ème est née. Mais j’étais actrice de ma vie. On ne sortais plus, ne vivais plus. Je passais à côté de ma liberté. J’ai rencontré quelqu’un. J’ai brisé ma famille il y a deux ans. Mais oh, comme je suis heureuse depuis 2 ans !

  3. Loli Répondre

    C est à ce moment précis que je me trouve. Vos mots sont ceux que je pourrai écrire. Ce sentiment est si puissant et obsédant. Alors là question que vous posez je cherche la réponse. La limite est la, je dois prendre un chemin ou l autre.
    Merci pour ce texte. Savoir que d autres se retrouvent devant les mêmes choix ne facilite rien mais permet de ne pas se voir comme seul monstre.

  4. Chantal Répondre

    Même si ce n’est pas facile pour toutes les personnes impliquées et que les gens autour ont de la misère à pardonner notre départ, il vaut mieux partir lorsque l’amour n’est plus là car nous devons juste l’ombre de nous même à la longue. La vie est trop courte pour être emprisonner dans notre propre existence.

  5. Annia Répondre

    En effet, nous les éternelles insatisfaites, on se demandera toujours si on a fait le bon choix, si l’herbe est plus verte chez le voisin. On est allergiques à la routine, au confort et aux vieilles habitudes. Le train-train quotidien est pour nous un tue-l’amour assuré. Que faire? Lorsqu’on est sans enfant(s) au moins, nos choix nous appartiennent et n’impliquent que nous-même. Maintenant on doit assumer l’immense responsabilité de faire porter le fardeau de nos choix à notre innocente progéniture. Est-ce pour le pire, ou pour le meilleur? Impossible de savoir si l’on sera vraiment mieux après, de là l’incertitude, le doute. Vous avez fait le choix de reprendre votre liberté, moi j’ai fais le choix de rester auprès de mon mari pour rester auprès de mon enfant chaque jour, pour ne rien “briser”, comme vous dites. Je ne suis pas bien. Et vous? l’êtes-vous?

  6. M-A Répondre

    J’aurais pu écrire ce texte…

  7. Sophie Répondre

    Comme je te comprends! Jai le début de la cinquantaine, 3 enfants et après maintes ruptures et retour avec leur père je crois que le deuil de la famille à été le plus difficile de ma vie. Mais avec le recul, je pense que toutes ces allées et venues, ces incertitides, ont davantage nuient à mes enfants. Je pense, avec le recul, que la vie familiale est très prenante bien que fantastique à plusieurs niveaux. Sa propre liberté en prend un coup, surtout sin identité et ma foi c’était une valeur importante pour moi. Se nier, est la pire chose. La base, une relation satisfaisante avec le papa. Malheureusement, l’engagement et l’énergie que cela exige faisait que je ne pouvais m’y sentir en complicité avec le père. À refaire? Je tenterais d’accepter cet état et construire ma vie sur d’autres bases. Oui à la famille mais différemment. Et oui cest merveilleux d’être et accepter qui l’on est.

  8. Xana Répondre

    Mes parents sont restés ensemble des années alors qu’ils ne s’aimaient plus, en pensant que c’était la chose à faire pour leurs enfants. J’ai grandit dans une maison où on ne se parlait pas. Mes parents ne s’adressaient que très rarement la parole et quand c’était le cas, s’était souvent pour se disputer. Je me suis longtemps sentie coupable d’exister, parce que je pensais que c’était à cause de moi qu’ils gâchaient leurs vies ensemble : s’ils n’avaient pas eu d’enfants ils se seraient laissés plus tôt et aurait eu une belle vie chacun de leur côté. Je pense que si l’amour n’étais plus présent, vous avez pris la bonne décision. Je considère que ce n’est pas un bon exemple à donné que de rester avec quelqu’un quand on est malheureux avec cette personne, qu’on ait un enfant ou pas.

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