Je choisis la césarienne

caesarean

L’intention derrière ce texte n’est pas de suggérer que c’est possible de se commander une césarienne sur mesure “belle, bonne, pas chère” sur internet, mais plutôt d’informer les gens qu’il est possible qu’une grossesse amène certaines mamans à choisir la césarienne pour différentes raisons.

Suite à une première césarienne, j’ai décidé de choisir une césarienne pour ma deuxième grossesse.

Je choisis la césarienne. Malgré que j’ai la possibilité de vivre un accouchement dit “naturel”. Même si certains, et surtout certaines, diront que cela “déshumanise” la naissance d’un enfant. Même si d’autres vont même aller jusqu’à penser que l’on devient moins une mère parce qu’on n’a pas poussé pendant des heures, fendu du vagin dans tous les sens et eu des contractions jusqu’à n’avoir plus de forces. Je ne pense pas que devenir une mère se mesure à la grandeur de la cicatrice et au nombre de points de suture requis après la naissance de bébé.

Je choisis la césarienne. Même si l’ostéopathe stipule que le travail est important pour le développement de bébé, que les étapes favorisent une meilleure posture, un meilleur tonus . Mon premier bébé a eu recours à ses services et tout va bien.

Je choisis la césarienne. Même si cela peut compliquer l’allaitement à la naissance de bébé. Il est fort probable que le processus naturel des hormones suite à un accouchement par voie basse amène une belle et grosse montée de lait, fidèle au poste et bien ponctuelle lorsque bébé voit la lumière du jour. Mais malgré les difficultés, mon utérus charcuté et moi avons décidé que nous persévérerons comme une maman peut décider de le faire dans n’importe quel contexte d’accouchement.

Je choisis la césarienne. Même si être au bloc opératoire consiste en soi à se mettre à risque de complications quelconques. Il faut faire confiance en ce qui est plus grand que nous, que ce soit au bloc ou sur l’étage des naissances. Il faut surtout faire confiance aux professionnels qui nous accompagnent durant tout le processus. Sage-femme ou obstétricien.

Je choisis la césarienne. Même si l’infirmière qui m’a demandé ce que je préférais a tenté de me convaincre que les femmes accouchent naturellement depuis des millénaires. Que la douleur sera intense, mais pas insurmontable, si je suis bien préparée. Qu’avec une bonne maîtrise des méthodes pour soulager la douleur des contractions comme la respiration, la visualisation, le bain, le ballon et j’en passe, je pouvais avoir confiance en mes capacités. Je ne veux pas de bain et de ballon pour éviter d’avoir mal pendant quarante-deux heures; j’aurai mal après la chirurgie mais je prendrai ce qu’on me prescrira pour me soulager jusqu’à ce que je me sente mieux.

Je choisis la césarienne. Je choisis donc de pouvoir inscrire à mon agenda la date et l’heure de ma rencontre avec l’amour de ma vie. Rien n’est impossible, le travail peut tout de même décider de commencer sans prendre rendez-vous. Mais dans le cas où tout se passe comme prévu, j’ai la chance de planifier mon accouchement. Pour une contrôleuse compulsive, une anxieuse qui a peur de l’inconnu ou peur d’être toute seule, c’est tout simplement le plus grand des filets de protection qu’il est possible de s’offrir. Nous allons, mon chum et moi, partir un beau matin en direction de l’hôpital pour aller rencontrer notre petite merveille. Pas de surprise, pas de dégât après la rupture des membranes, pas de questionnement à savoir quel est le bon moment pour se diriger vers l’hôpital, pas de stress pour trouver quelqu’un pour s’occuper de l’autre enfant; mamie sera à la maison depuis la veille.

Je choisis la césarienne. Même si j’ai seulement pu prendre mon premier enfant dans mes bras deux heures après l’avoir mis au monde. Que nous n’avons pas pu faire de peau à peau tout de suite après sa naissance. Que je n’ai eu droit qu’à un seul regard sur elle avant qu’elle quitte le bloc opératoire sans moi. Que je n’ai pas vécu le coup de foudre pour ma progéniture dans l’immédiat. Parce que, malgré tout, cela a laissé une place toute spéciale à son papa et c’est tout aussi important. C’est lui qui est monté à l’étage avec elle pendant que je suis restée couchée les bras en croix comme Jésus sur la table d’opération. C’est lui qui a eu la chance de faire le premier peau à peau avec elle. C’est lui qui a changé les premières couches, donné le premier bain. C’est lui qui lui a prononcé son premier «je t’aime». Pendant que j’attendais de me reconnecter avec mon corps dans la salle de réveil, lui connectait avec notre enfant et sans la césarienne, il n’aurait jamais eu ce privilège-là et pour ça, je le trouve chanceux, mais je n’ai aucun regret.

Cela dit, qu’on se comprenne bien; je n’encourage aucune maman à se présenter chez son médecin en disant qu’elle choisit la césarienne. Ce ne serait pas accepté d’emblée de toute façon. Des raisons médicales doivent la justifier à la première grossesse comme pour les suivantes. Mais dans le cas où elle soit obligatoire, n’oublie surtout pas que c’est loin d’être la fin du monde. Que ce n’est pas moins beau ou moins normal comme façon de faire. Et que ça ne fait pas moins de toi une maman qui a donné la vie.

Louanne Lanthier
LOUANNE LANTHIER

Une réflexion sur “Je choisis la césarienne

  1. Melissa Répondre

    Wow ton texte m’a fait versé une larme, je choisis justement une césarienne prochainement pour bébé deux et c’est exactement comment je me sens. En plus de m’enlever le stress que bébé deux ne soient correct comme bébé un l’était….

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