J’ai fait mon deuil du troisième

mother with newborn at hospital

J’ai fait mon deuil du troisième.

Du moins, il est amorcé et sur la bonne voie.

Je n’ai plus cette peine, ce besoin et cette place vide lorsque je regarde ma famille.

Lorsque je me suis questionnée sérieusement sur la possibilité de faire un troisième enfant, mon corps m’a revendiqué un gros oui de toutes ses tripes. Ma tête m’a chuchoté que non. Ma raison m’a dit d’aller au-delà de ma propre programmation biologique et de réaliser la chance que j’avais d’être une maman comblée de deux enfants en parfaite santé.

J’ai réalisé à quelle point ma famille était unique et belle. Pas que je ne le savais pas avant, mais ça m’a sauté aux yeux comme une évidence; notre dynamique, leur amour l’un pour l’autre, tout. C’était juste parfait, comme ça.

J’ai réalisé qu’il était temps pour moi de me reposer aussi, de prendre soin de la femme que je suis.

J’ai compris qu’il valait mieux me concentrer à fond sur l’éducation de mes deux parfaits, d’être disponible mentalement pour eux plus que je ne pourrais l’être avec deux heures de sommeil dans le corps.

J’ai rationalisé mon utérus à grands coups de bon sens.

Je me suis donné le droit d’être égoïste, de me prioriser entre deux séances de gym, de voyager, d’être autre chose qu’une mère.

Je fais le deuil de donner la vie et c’est correct.

Je choisis d’être une maman qui grandit avec ses deux enfants, intensément plongée dans chacune de leurs étapes, sans un bambin derrière nous pour baver partout.

Ceci étant dit, laissez-moi boire ma bière, la boutique est fermée. Merci bonsoir, un troisième enfant pour moi ne sera pas nécessaire.

Je mets une croix définitive sur les couches de bouette et la surexposition au vomi.

Du moins, jusqu’à ce qu’on m’appelle mamie.

Crédit : KieferPix/Shutterstock.com
Stéphanie Hébert
STÉPHANIE HÉBERT

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