Mes enfants, vous porter dans mes bras, c’est aussi porter mes angoisses

mother hold daughter

Mes amours,

Partout ils disent qu’il faut vous préserver de tout, contrôler ses humeurs en tant que maman, être constante et calme, prendre le temps pour tout même quand on en manque et que l’on est épuisée.

Je fais de mon mieux, je fais comme je peux pour ne pas vous esquinter. Pour ne jamais crier, je mesure mes mots. Je pèse le poids de tout ce que je porte à vos oreilles et je veille à ne pas déborder. Je pense à l’adulte que vous pourriez devenir si je ne prenais pas garde à mes paroles. Si je laissais la colère, la douleur s’immiscer entre nous.

Puis je me dis qu’un jour vous serez grands et peut-être comprendrez-vous ?

Qu’être mère, c’est aussi être femme.

Que vous porter dans mes bras, c’est aussi porter mes angoisses.

Que je n’arriverai pas toujours à attendre d’être seule dans la salle de bain pour pleurer.

Que je n’arriverai pas toujours à prétendre que tout va bien, à tout vous épargner.

Que j’ai parfois des peines de cœur, des soucis qui me rongent, qui me mettent un peu la tête à l’envers et m’empêchent d’avancer.

Que vous avoir fait grandir au creux de mon ventre a fait de moi une mère, mais ça n’en fait pas moins de moi un humain avec ses failles, ses doutes et ses peurs.

Et que je n’ai pas eu le mode d’emploi ou la formule magique pour devenir la mère parfaite sur laquelle la société ne cesse de fantasmer.

J’essaie toujours d’être patiente, de réfléchir à deux fois avant de m’emporter. Mais il y a un monde entre ce que je souhaiterais et la réalité. Et c’est ça la vie, en vérité. Je m’abîme, j’ai le cœur qui me gratte, je vous berce contre ma poitrine emplie de chagrin et de maux encombrants qui peinent parfois à s’échapper. Puis je me fâche, je suis maladroite, je dis des choses un peu grises, entachées par mes blessures, mes inquiétudes et mes regrets.

La vérité, c’est qu’être maman c’est beau, mais ça n’a rien à voir avec la formule magique qu’on m’avait vendue. C’est faire de mon mieux et bien souvent faire comme je peux. C’est garder l’équilibre sur un fil et garder à l’esprit que si je chute, je ne serai pas la seule à tomber. C’est toujours taire ce qui m’effraie. C’est me convaincre que j’ai fait ce qu’il fallait.

Alors, si je vous esquinte un peu, quand je crie trop fort, quand j’ai l’air un peu ailleurs, quand j’ai l’air épuisée, sachez que je ne manquerai jamais d’amour pour vous ni même de la force nécessaire pour pouvoir continuer d’avancer. De par mes limites , je vous apprendrai que l’on peut aimer à mourir et parfois, pourtant, ne plus trouver la force de faire semblant.

Je vous apprendrai qu’aimer, c’est aussi dire parfois que c’est trop, que c’est compliqué. Avouer ses failles, ses faiblesses.

Stone Marten
STONE MARTEN

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