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Nos retrouvailles, mon amour

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Aujourd’hui, mon bel amour, nous nous sommes retrouvés. Pas que nous nous étions quittés, loin de là.

Mais nous nous étions perdus dans la tourmente de la vie quotidienne. Nous nous étions perdus dans la vitesse, la routine, la fatigue.

On se croisait encore tous les jours, sur le coin du comptoir, se disant quelques mots entre la vaisselle et les devoirs des enfants.

On se croisait encore tous les jours, sur le coin de l’oreiller, se disant bonne nuit et trop fatigués pour se faire l’amour comme au premier jour.

On se croisait encore toutes les fins de semaine, sur le coin de la porte, se relayant entre les cours des enfants et la liste des commissions à faire.

Mais se croiser, est-ce suffisant pour continuer de s’aimer? Est-ce suffisant pour continuer d’alimenter le feu qui existait lorsque nous nous sommes rencontrés?

Un soir, je me suis demandé où nous en étions, mon amour. Si, à force de tout vouloir donner à notre belle famille, nous ne nous étions pas laissés tomber en chemin, toi et moi.

Et tu m’as avoué que tu t’ennuyais de moi, toi aussi. Tu t’ennuyais de mes yeux, de ma bouche, de mes seins. Et puis moi, je m’ennuyais terriblement de tes bras.

Pour la première fois depuis trop longtemps, nous nous sommes placés en priorité sur la très longue liste des choses à faire. Nous avons inscrit un cœur au calendrier, une date choisie et planifiée, que pour toi et moi. Comme on prévoit un souper entre amis, on a prévu nos retrouvailles, mon amour.

Le simple fait d’attendre l’arrivée de cette date me donnait des papillons dans le ventre. On se demandait qu’est-ce que nous allions faire de tout ce temps seul à seul, toi et moi. Comme si on avait oublié depuis le temps comment on comblait nos vies avant d’avoir des enfants.

Mais nous avons finalement facilement trouvé quoi faire d’une journée et d’une nuit seuls ensemble : s’aimer, en se laissant guider par nos envies du moment. Comme la bicyclette, nous avons découvert que ça ne se perdait pas vraiment. C’est simplement que des fois, on range l’amour un peu trop longtemps au fond de la remise.

Nos retrouvailles, mon amour, auront été douces et simples. Nous avons traîné dans les magasins, nous promenant dans les rues au gré du vent. Nous nous sommes arrêtés lorsque nous avions faim, nous sommes revenus à la maison lorsque nous étions fatigués. Sans aucune responsabilité, sans horaire, sans besoin autre que celui de prendre le temps de s’aimer à combler.

Toi. Moi. Du temps.

Une pause dans notre vie. Comme si le temps était suspendu.

J’ai pris le temps de te regarder, comme je le fais si peu dernièrement. J’ai redécouvert tes yeux rieurs, ta main sur ma cuisse dans la voiture. Je nous ai trouvés beaux, la main dans la main, lorsque nos reflets croisaient une vitrine.

Nous avons mangé, sans nous lever une seule fois, jasant de tout et de rien. Nous avons bu, sans nous soucier de l’heure à laquelle nous devrions nous lever le lendemain matin. Nous avons fait l’amour, sans nous retenir, sans nous obliger au silence. Puis on a recommencé. Encore.

Nos retrouvailles, mon amour, m’auront donné la force de continuer à mener notre vie de fou. Parce que je sais maintenant que même si nous nous perdons un peu dans cette course, que nous sommes toujours là, toi et moi.

Nous retrouverons toujours le chemin l’un vers l’autre.

Ce matin, nous avons décidé d’inscrire plusieurs autres cœurs au calendrier.

Question de se retrouver, encore et encore.

Et pour se prouver que derrière tout ça, on existe encore, toi et moi.

Crédit : Sony Herdiana/Shutterstock.com

Audrey Roy

Super-maman de trois enfants dans la trentaine avancée, directrice en chef de ma famille reconstituée (presque) parfaite, ma vie est une source inépuisable de délires familiaux à écrire. Étant une ex-abonnée de l'organisation extrême, le petit dernier m'aura appris que le lâcher-prise est une valeur sûre pour survivre à mon quotidien. Fière mère indigne, écrire est pour moi un véritable plaisir coupable. Au plaisir de vous faire sourire (et de vous faire sentir moins seules dans vos tourments).

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