Je suis brûlée, je suis vidée, m’entends-tu ?

mother cry in daughter's room

Je suis brûlée, je suis vidée, m’entends-tu ?

Quand je te dis que je suis fatiguée, je ne veux pas dire que j’ai besoin que quelqu’un prenne le relais pour s’occuper des petits le temps d’une sieste; ce que je veux dire, c’est que chaque matin, lorsque j’ouvre les yeux, je me demande comment je vais faire pour passer à travers la journée et que cette simple pensée me suit jusqu’à ce que je me recouche le soir.

Je suis brûlée, je suis vidée, m’entends-tu ?

Comme un robot programmé pour survivre à la routine, du matin au soir, je pose les gestes que je dois poser et je remplis toutes les tâches qui m’incombent sans faillir à aucune de mes responsabilités machinalement. Mais sous mon capot lustré pour faire pâlir les voisins d’envie, mes mécanismes se cassent les uns après les autres et bientôt, ce sera la panne sèche.

Je suis brûlée, je suis vidée, m’entends-tu ?

Peut-être que bien des gens en font plus et le font mieux. Peut-être que de ton regard extérieur, ma vie te semble tout à fait normale et mon horaire tout à fait raisonnable. Peut-être que tu crois que je pleure sur mon sort à tort, que d’autres mènent une vie beaucoup plus difficile que la mienne. Peut-être que tu te dis que je suis faible. Mais peut-être sommes-nous tout simplement différents et plusieurs éléments de ma réalité t’échappent. Dans tous les cas, la vérité demeure la même; que tu le comprennes ou non, je n’en peux plus.

Je suis brûlée, je suis vidée, m’entends-tu ?

Peut-être que je pourrais être plus heureuse et reposée en lâchant prise et en revoyant mes priorités. Peut-être que mon état est le résultat de mes choix. Mais pour l’instant, je n’y vois plus clair tant je lutte pour ne pas m’écrouler; avant de penser apporter un quelconque changement à ma vie, j’ai besoin de m’arrêter.

Je suis brûlée, je suis vidée, m’entends-tu ?

Et tu as bien raison de croire que je le dis tout haut pour attirer l’attention; j’ai réalisé que je n’y arriverai pas seule et j’ai besoin de ton aide. J’ai besoin de ton support, sans jugement. J’ai besoin de tes mots d’encouragement. J’ai besoin que tu prennes le relais. J’ai besoin de pouvoir entièrement m’appuyer sur toi, le temps de reprendre des forces.

Je suis brûlée, je suis vidée.

M’entends-tu ?

Crédit : Jelena Stanojkovic/Shutterstock.com
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23 thoughts on “Je suis brûlée, je suis vidée, m’entends-tu ?

  1. Roxanne Répondre

    Magnifiquement bien écrit!
    Comme j’aurais aimé avoir ces mots lorsque je me suis sentie comme cela!

  2. Rosy Thivierge Répondre

    Tu exprimes bien ce que c’est! Merci et lâche pas! xxxx

  3. Lemieux Répondre

    Je me suis sentie comme ça trop souvent et le regard des autres leurs jugements me fesait d’autant plus mal, être positive, s’encourager soit même, creusé tjs plus loin pour trouvé la force de seulement pas s’effondrer. Je trouve ça formidable d’avoir la chance de lire un belle article comme celui-ci parce oui ça fait du bien quand on réalise quon est pas toute seule à se sentir comme ça et le vivre
    L’épuisement sa s’empare de vous c’est comme avoir pris quelques verre de trop se levé Hangover mais fois 10000 c’est pas seulement mental mais physique
    Je parlais seulement pour moi je terminerai en disant merci mille fois de tout coeur car c’est grâce à de petits articles comme celui si qu’on reprend goût à la vie, qu’on reprend force
    Merci
    Marilyne

  4. Audrey Répondre

    Oh la la, c’est dernier temps c’est pas facile à gérer et tu n’imagines même pas à quel point tes mots me font du bien. Merci tellement pour ça.

  5. Catherine Répondre

    Effectivement, j’aurais aimé avoir ces mots… peut etre aurait il réagit, peut etre ne serions-nous pas séparés aujourd’hui. Peut etre pas … mais j’ai senti qu’il me laissait m’ensevelir vivante.

    1. Maud Répondre

      Comme je vous comprends…je me pose souvent la question.

  6. Edwidge Répondre

    C’est réellement vrai 👏🏿👏🏿

  7. Magali Répondre

    Merci, je me sens moins seule ds cet océan renverssant qu”est la famille… et ses defis, et ses sacrifices, et ses cassures, et ses constants apprentisssges, confrontations, questionnements, doutes, peurs, critiques… cest fantastique donner la vie, cest aussi difficile être mère que l’inconditionnel amour quon leur porte. Ils sont imparfaits, moi itoo pis je l’ai en pleine face. Pleine conscience de l’adulte vulnerable qui met son grand habit de mère, heureusement une semaine sur deux. Triste de m’avouer simplement là. …

  8. Jérémie Répondre

    Moi aussi je me sens comme ça un peu trop souvent.
    Parfois je ne sais juste plus quoi faire de bien et la machine stoppe.
    Il faut retrouver plaisir dans ce qu’on fait et ne pas s’imaginer qu’on trouveras la formule parfaite qui donnera des enfants modèles, une réussite financière enviable et la meilleure réputation du village.
    Tant qu’on aime, ça va bien aller!

  9. Gaelle Répondre

    Je vois que beaucoup de mamans sont dans ce cas et je tiens à dire et vous demander, que pouvons-nous faire en tant qu’entourage ? Quand on prend régulièrement des journées pour laisser à la maman du temps pour elle (2x par semaine), quand on écoute des milliers de fois tout ce qui ne va pas, quand on passe plusieurs années à se faire hurler dessus une haine qui ne nous appartient pas et que malgré toute l’énergie que l’on met à aider sa soeur, 2 ans plus tard on en est toujours au même stade… J’ai tout essayé et là je n’en peux plus de la voir dans cet état ! J’ai mal pour elle ! Et je suis au final également à bout de souffle de tout faire pour aucun résultat… Maintenant je suis enceinte et je ne pourrais plus être aussi présente alors quelle est la solution ??? Qu’avez-vous fait pour vous en sortir et où puis-je la diriger ?

    1. Marlène Répondre

      Bonjour Gaëlle,
      Tout d’abord je vous félicite pour votre soutien sans faille auprès de votre sœur… et pour votre bébé (qui doit être né depuis votre post 😊)
      Je souhaitais vous proposer une solution parmi d’autrès : l’Eft. c’est Une solution qui se révèle très efficace, en particulier dans le cas d’émotions qui nous submergent.
      Je pense que c’est le cas de votre sœur (il faudrait évidemment en savoir plus pour comprendre les raisons de ce mal être) mais dans votre description, l’épuisement émotionnel est très présent.
      D’autrès l’ont dit avant moi, mais la première étape vers une libération c’est d’être prêt à penser à soi, vraiment et à s’aimer tel que l’on est avec nos forces et nos faiblesses.
      Si vous souhaitez en savoir plus sur ces techniques de libération émotionnelle, n’héditez pas à me contacter!
      Je vous souhaite une belle journée et bcp de bonheur et d’amour dans votre nouvelle vie de Maman !

    2. Jacinthe Répondre

      On peut appeler au CSSS de la ville de la personne a aidé.
      On peut appeler au 811 et sélectionner info-social.
      On peut fortement suggérer à la personne de prendre un rdv avec son médecin de famille pour une première rencontre médicale.
      C’est triste mais malheureusement le repos et le temps accordé à la personne pour qu’elle pense à elle ne sont pas suffisants dans certains cas. Parfois cela prendra un mélange de plusieurs conditions gagnantes. Ex : psychologue, travailleur social et aide à domicile du CSSS, psychiatre, conjoint(e), famille, amis, voisins, etc…

  10. joseph Répondre

    28Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. 29Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. 30Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. Jesus Christ /: Concentre vous sur le royaume de Dieu Éternel. Ce monde est dechu

    1. Jacinthe Répondre

      Non pertinent

  11. Sandryne Répondre

    Ce soir, je suis couchée dans mon lit et je pleure en lisant ton texte. Je pleure de soulagement que quelqu’un ait su trouver les mots pour exprimer comment je me sens par en dedans.
    Merci pour ton texte, merci d’avoir trouvé les mots justes.

    1. Cathy Répondre

      Sandryne, je t’envoie des ondes positives pour simplement savoir que quelque part, quelqu’un qui ne te connait pas, pense à toi et te souhaite de sortir de ce bouillon d’émotions. Pense à toi par de belles petites attentions, prendre un bain chaud, se crèmer d’une crème parfumée agréable, mettre du vernis à ongles et faire un facial à base d’un oeuf et du curcuma pour retrouver un teint clair et surtout, écoute de la musique qui te ravigore ou t’apaise xxxxx

  12. Denise Groulx Répondre

    Excellent texte qui me rappelle les deux premières années où je suis restée avec mon petit à la maison. A faire des miracles avec du boeuf haché, des pâtes et du rôti de palette parce qu’il n’y avait que la job de journalier de mon conjoint pour nous faire vivre. Dans ce temps-là, il n’y avait pas de congé de maternité payé. A peine trois mois d’assurance-chômage et après, débrouilles-toi ma belle. Parfois, moi aussi, j’avais l’impression de me tenir sur le bord d’un précipice. Et en plus, en 1976, c’étai bien mal vu de se plaindre quand on était une jeune maman. Je suis retournée travailler pour ne pas virer folle…

  13. Jy Répondre

    Bonjour, je suis le mari d’une femme formidable qui est dans cet État. Avez vous finalement pu l’aider?
    J’ai plein de défauts, mais je fais beaucoup d’efforts.
    Je souffre de la voir ainsi, et je n’arrive pas à répondre à ces attentes, à ces besoins.
    J’ai l’impression qu’il n’y a pas de solution.,
    Elle prends une énorme charge et j’ai du mal à la soulager.
    On dirait que le plus gros défaut de ma femme, c’est son mari.
    Je souhaite à toutes que la vie soit plus douce pour vous.

    1. JDN Répondre

      Bonjour, oui les pères souffrent aussi, merci de ce message. Je me souviens lorsque j’étais dans l’état qui est décrit, de cette impression que ca ne s’arrêterait jamais, je voulais de l’aide mais j’avais aussi du mal a l’accepter. Je pense que je ne laissais pas vraiment mon mari faire les choses a sa façon (qui n’etait pas aussi parfaite que ma façon…) A y repenser maintenant (et avec des enfants plus grands) j’aurais du le laisser faire et tant pis. D’ailleurs maintenant c’est ce que je fais: il y a la façon de maman et la façon de papa, et les enfants s’adaptent! Bref que faire? Et bien je dirais: faites! levez vous le premier au milieu de la nuit, ou au petit matin. Sachez ou sont les choses pour ne pas avoir a lui demander (et que du coup elle se leve en se disant que ca sera plus rapide si elle le fait elle meme). Observez comment elle s’y prend pour faire en sorte que les enfants soient prets a sortir par exemple (manteau gants bonnets chaussures etc) il y a une façon de faire pour que ca se passe bien et sans crise, elle l’a fait mille fois, et prenez les devants pour le faire comme ca a la prochaine occasion. J’espère que je ne vous provoque pas, vous dites que vous faites des efforts je n’en doute pas. Je vous dis en fait ce que j’aurais aime que mon mari fasse. Et puis prenez la dans vos bras le soir, meme si elle n’a pas l’air très engageante, elle a besoin de réconfort aussi.

  14. Nathalie Répondre

    Oufff que ça me rejoint ce texte!😭😭😭

  15. Mariesoler Répondre

    Tout est dit dans ce magnifique discours.Mesdames vous etes parfaites mais le corps a ces limites.Lachez prise si c’est possible ne vous occupez pas de toutes celles qui soit dis en font toujours +++ chacune ses capacites, ses soucis, sa sante etc… prenez le peu de temps qu’il vs reste meme tres peu mais que pour VOUS.Les conseilleurs ne sont toujours pas les payeurs.Bravo Mere courage

  16. Mélodie Répondre

    Merci pour ce texte, mais je n’arrive pas à savoir si ça me fait du bien ou encore plus de mal. C’est vrai, ça fait du bien de savoir qu’on est pas seule a ressentir cela. Par contre quand on a déjà lancer ce genre de message mais que rien n’évolue, que doit on faire ?
    Je me sens tellement seule aujourd’hui, plus ça va plus je me dit et si j’étais seule pour de bon ? Au moins je n’aurai pas l’espoir que je pourrais m’appuyer sur quelqu’un… Mais j’ianpeir de regretter ce choix…

  17. Gwen Répondre

    Avec deux petits de 13 mois d’écart je me suis perdue, oubliée, maltraitée, nous avons failli nous séparer avec mon mari, heureusement mon médecin m’a écouté et après 6 mois d’anti depresseurs et des enfants qui grandissant les choses ce sont apaisées. La mère parfaite n’existe pas, celles qui vous le font croire pleurent sans doute aussi dans leur lit le soir. Penser à soit n’est pas égoïste cela permet juste de rester équilibrer et c’est de cela dont nos enfants ont besoin, pas d’une femme de ménage, poilus avec des racines qui pleure ou crie à longueur de journée. Attention à la dépression du post partum qui si elle n’est pas prise en charge à temps conduit à des drames . Aimez vos proches, aidez les, écoutez les

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