Avant d’être mère

mother with newborn

Avant d’être mère, tu étais une femme, tu avais une existence bien à toi et tu étais maîtresse de tes actions et de tes choix; maintenant, tes enfants sont ta priorité et tu penses à eux constamment.

Avant d’être mère, tu vivais un tas de choses qui te procuraient tes propres émotions et la fierté, tu la ressentais en accomplissant des choses qui te tenaient à cœur; maintenant, c’est quand ton enfant réussit à marcher seul ou te ramène un examen avec un A que tu te sens fière.

Avant d’être mère, la peur, tu la vivais au sommet d’une montagne russe ou en écoutant un thriller; maintenant, c’est bien souvent une sensation désagréable qui te prend aux tripes quand tu as perdu de vue ton plus jeune un instant et que tu imagines le pire.

Avant d’être mère, tu ressentais la fatigue quand il y a avait un rush au travail et que les heures supplémentaires s’accumulaient à un rythme infernal; maintenant, c’est quand tu ne dors pas de la nuit parce que bébé fait de la fièvre que tu es vidée.

Avant d’être mère, tu pleurais en écoutant un film de filles qui se termine mal; maintenant, c’est quand fiston n’a pas été pris dans l’équipe ou que ta fille s’est chicanée avec sa meilleure amie que tu te sens triste.

Avant d’être mère, la colère te tenaillait les tripes quand un sans-génie te coupait en voiture; maintenant, tu la retiens devant tes enfants quand tu boues à l’intérieur alors qu’ils sont injustement traités, peu importe par qui.

Avant d’être mère, tu souffrais un lendemain de veille ou lorsque tu poussais ton corps à son maximum; maintenant, la douleur t’envahit quand tu entends ton enfant tousser creux la nuit et quand il pleure après une chute en vélo qui se termine avec un plâtre.

Avant d’être mère, ton coeur palpitait d’amour au quotidien quand tu regardais ton chum dans le blanc des yeux; maintenant, tu es bien consciente que celui que tu portes à tes enfants a une dimension totalement différente.

Tu ne peux pas renier la maman que tu es, mais sache que malgré tout ce qui a changé au fil des mois et des années, tu ne peux pas non plus renier la femme que tu étais, que tu es encore et que tu seras toute ta vie. Même si pour le moment, elle s’est effacée en petite ou en grande partie. Ce que tu vis en tant que mère devrait venir t’enrichir, te faire grandir en tant que femme, tu ne devrais pas te sentir prise au piège et devoir choisir. Un jour, quand ils quitteront le nid familial, tu devras vivre avec leur absence et tu seras heureuse de pouvoir te définir autrement qu’à travers eux. Tu auras plus de temps pour toi, pour être cette femme qui sommeille encore en toi.

Et tu seras heureuse, je l’espère, de voir tout ce que tu as accompli en tant que femme.

Sophie Métivier
SOPHIE MÉTIVIER

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