Le père d’aujourd’hui VS le père d’avant

father sleeping with baby

En ce qui concerne la paternité, l’expression “les temps ont changé” n’est pas une exagération. En l’espace d’une génération, on a assisté à une petite révolution, pour le meilleur… et rarement pour le pire. Voici donc cinq choses qui ont changé depuis l’époque où les shorts fluo, Michèle Richard et la gomme au savon étaient populaires.

#1  Le père d’avant brillait par son absence

Le père d’avant, on le voyait une fin de semaine sur deux. Ça allait de soi pour le père séparé qui n’obtenait ni ne voulait la garde de ses enfants. Mais ça s’appliquait aussi pour le père marié qui, pas plus fou qu’un autre, s’arrangeait pour finir tard les soirs de semaine et jouer au golf/gosser dans son garage les week-ends. Au moins, cela ne l’empêchait pas d’embarquer la marmaille dans sa Pontiac le dimanche après-midi pour aller au drive-thru du A&W.

Pendant ce temps-là, la mère d’avant était débordée par les tâches du quotidien et la gestion des enfants. Or, malgré tout l’amour et le temps qu’elle leur accordait, ceux-ci ne montraient aucun signe d’appréciation. Ils la tenaient pour acquise. Mais c’était différent pour le père. Quand celui-ci rentrait dans la maison, c’était le gros party. Une rock star venait d’arriver. Moins les enfants le voyaient, plus ils l’idolâtraient. La mère était chargée du dur labeur, le père récoltait le gros fun.

Le père d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec son ancêtre. Il est désormais tout aussi impliqué que la mère. Lui aussi doit répéter dix fois pour que ses enfants s’habillent. Lui aussi se fait dire que sa bouffe est dégueulasse malgré le fait qu’il ait passé 1h30 à cuisiner un petit plat exotique et nutritif. Son VUS est davantage utilitaire que sport, car utilisé comme un taxi sept jours sur sept. Et ses enfants, ingrats peu importe l’époque, sont désormais aussi contents de le voir arriver que lorsqu’ils déballent un chandail de laine à Noël.

#2  Le père d’avant se promenait tout nu

Le père d’avant avait l’habitude de se promener nu dans la maison. Il avait vécu de près ou de loin la décennie Peace & Love, alors il n’y avait rien de plus normal pour lui que d’avoir la quéquette à l’air devant sa famille. S’il était un joueur de hockey, c’était encore pire. Son chez-soi devenait l’extension du locker room. Il n’était pas rare de le voir cuisiner un œuf le matin, le membre ballottant.

Le père d’aujourd’hui se garde une petite gêne. Avec du recul, il réalise qu’il se serait bien passé d’avoir, malgré lui, l’organe de son géniteur imprégné dans sa mémoire. Il n’impose donc pas sa nudité à ses enfants.

#3  Le père d’avant avait toujours une moustache

Le père d’avant la portait fièrement. Une belle grosse moustache fournie faisait l’objet de convoitise.

Aujourd’hui c’est un gros no-no. Sauf en novembre. Et, même là, les gens font des dons tellement ils ont pitié du moustachu.

#4  Le père d’avant était le boss

Le père d’avant faisait figure d’autorité. Bien que la mère était souvent le véritable boss de la maison, lorsqu’elle était dépassée par le comportement de ses enfants, elle faisait usage de l’ultime menace : “Attends que ton père revienne, tu vas voir”. Normalement, ça suffisait à te calmer le plus énervé des petits monstres.

Aujourd’hui, la mère est toujours le boss de la maison, mais le père a perdu de son autorité. Surtout si ses enfants sont des filles (filles à papa). Le père d’aujourd’hui élève rarement la voix et n’oserait jamais donner la moindre des petites tapes (tant mieux). Ceci dit, quand le père d’aujourd’hui est à bout de ressources, il peut toujours utiliser l’ultime menace : “Attends que ta mère revienne, tu vas voir”.

#5  Le père d’avant aimait ses enfants

Le père d’avant était peut-être bien imparfait, mais s’il y a une chose qui est demeurée constante à travers les années, c’est l’amour des papas pour leurs enfants.

Il peut être tentant de critiquer les façons de faire d’antan et de juger avec nos lunettes d’aujourd’hui. Sauf que le père d’avant faisait souvent de son mieux avec le coffre à outils qui était à sa disposition.

Qui sait, peut-être que dans une génération, ce sera au tour de nos enfants de nous juger pour notre mode de vie qui nous semble tout à fait normal aujourd’hui. Peut-être qu’ils trouveront l’époque où l’on travaillait quarante heures semaines et où on les « abandonnait » au service de garde bien épouvantable.

Bref, ne jugeons pas trop sévèrement les époques passées et levons notre verre au père d’avant malgré tous ses travers. Et levons-le encore plus haut pour sa moustache qu’il portait si bien. Vivement le retour de la moustache.

Charles
CHARLES

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