À toi qui t’apprêtes à partir en « congé » de maternité, voici ce qui t’attend

mother with newborn

À toi qui t’apprêtes à partir en « congé » de maternité, voici ce qui t’attend.

Sache tout d’abord que tu ne travailleras jamais autant de toute ta vie. Tes journées commenceront vers cinq ou six heures le matin et se termineront à vingt-et-une heure le soir (quand ça ira bien). Tel un médecin, tu resteras de garde 24/7 et d’ailleurs, si ce n’est pas déjà ce que tu fais dans la vie, il est bon de savoir que tu te transformeras en quelque sorte en infirmière et comme pour elles, le temps supplémentaire sera plus qu’obligatoire.

Malgré le fait que tu n’arrêteras jamais une minute, tu auras constamment le sentiment de ne rien faire de tes journées; chacune d’entre elles va passer à la vitesse de l’éclair, sans que tu aies l’impression d’avoir « accompli » quoi que ce soit. Qu’on se le dise, ce n’est pas toujours évident pour les mamans de notre génération de rester à la maison, nous qui sommes tellement habituées à performer. Cela étant dit, rappelle-toi régulièrement qu’élever un enfant, ce n’est pas « rien ».

Rester à la maison viendra avec une multitude de tâches ménagères; tu n’en reviendras pas de la quantité de lavage, de vaisselle et de ménage qu’il y a à faire, sans que ce ne soit jamais propre et tu ne pourras plus jamais sauter une semaine de lavage de plancher sans éprouver des remords de conscience de laisser ton p’tit se traîner sur un plancher sale (surtout quand il embrasse à pleine bouche ledit plancher).

D’ailleurs, parlons-en des remords; ils vont devenir omniprésents dans ta vie. Tu vas te sentir coupable de tout et de rien. De laisser ton bébé trop longtemps dans sa balançoire. De ne pas assez jouer avec pour le stimuler. De ne pas te lever en cinquième vitesse aux petites heures pour le changer quand tu sais pertinemment qu’il est mouillé, etc., etc.

Pour en rajouter une petite couche et faire de ton « congé » de maternité une succession de rebondissements, chaque fois que tu vas penser avoir compris comment ton bébé marche, ça va changer. Et lui, il va changer un peu tous les jours, sans que tu t’en rendes compte, tellement qu’à la fin de ton congé de maternité, t’en reviendras pas à quel point le bébé que tu tiens dans tes mains est différent de celui que tu as mis au monde à peine quelques mois auparavant.

Côté social, alors que tu pensais que tu n’avais plus besoin de nouvelles amitiés dans la vie, tu vas probablement te découvrir un paquet d’affinités avec les autres nouvelles mamans de ton quartier rencontrées au cardio-poussette ou à la halte-allaitement. Avec elles, tu pourras discuter librement (et en boucle) du sommeil de bébé, de ce que bébé mange et boit, de garderies, de cacas, de dents, etc. Bref, des seules affaires qui occuperont désormais ton esprit. Eh oui! Malgré les promesses que tu t’étais faites de ne pas devenir cette mère gossante qui fait juste parler de son kid et montrer des photos et des vidéos de lui, ce sera plus fort que toi, tu deviendras cette mère-là.

Il est aussi bon de savoir qu’à un moment donné, tu risques de devenir beaucoup trop confortable à force d’être chez vous. Le maquillage, la repousse, l’épilation; tout ça risque de devenir plus qu’optionnel et tu n’éprouveras aucun scrupule à mettre un vieux jogging laid pour accompagner ton étoile de mer au cours de natation. À ce moment-là, il n’est pas impossible que tu commences à te dire que ce ne serait pas une mauvaise chose que tu retournes travailler.

Finalement, tu risques de te rendre compte que les mamans du Québec sont bien chanceuses d’avoir un « congé » payé d’un an.

Malgré les jours moins roses et le manque de sommeil, profites-en au max, je te jure que ça passe vite.

Bon « congé » de maternité là.

Crédit : DGLimages/Shutterstock.com
Éva Lecouteur-Bédard
ÉVA LECOUTEUR-BÉDARD

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