Mon fils, tu n’es pas malade ni handicapé

little boy in front of window

Mon fils, tu n’es pas malade ni handicapé.

Mon fils, tu n’es pas malade ni handicapé. Même si on te l’a parfois dit parce que tu es différent. Parce qu’à deux ans, tu savais à peine dire deux mots et que “ce n’était pas dans la norme”. Sache que tu es à ta place là où tu es, peu importe ce qu’en disent les livres et les études.

Mon fils, tu n’es pas malade ni handicapé. On a vécu ensemble tes crises de colère alors que tu avais si peur de t’exprimer. Par manque de confiance, de peur de nous décevoir. Tu essayais de dire les choses à ta manière. Au meilleur de tes connaissances. Et moi, j’essayais de t’écouter au meilleur des miennes.

Mon fils, tu n’es pas malade ni handicapé. Quand tu avais de la difficulté à monter ou descendre les marches, quand les tissus qui frôlaient ton corps te faisaient mal ou qu’un son te dérangeait, tu essayais de nous le dire et force est d’admettre que nous avons mis du temps à te comprendre.

Mon fils, tu n’es pas malade ni handicapé. Nos rendez-vous trop nombreux chez une multitude de spécialistes t’ont permis de rencontrer des enfants comme toi et m’ont permis à moi, de voir d’autres parents comme moi qui faisaient de leur mieux en nageant en eaux troubles. C’était si beau et soulageant de t’y voir évoluer. J’ai souvent pleurer derrière le faux miroir. Pleurer de fierté de t’avoir comme fils. Pleurer de fierté de voir que tu es un battant.

Mon fils, tu n’es pas malade ni handicapé. Quand tu as commencé à bégayer, tu ne t’es jamais découragé. Tout ces mots, tout ce que tu voulais nous dire voulait sortir enfin. Tant d’efforts, de pratiques, de répétitions. Un vrai jeu de perroquet, comme tu l’appelais. Mais tu n’as jamais perdu espoir. Je suis si fière de toi. Le soir où tu m’as dit, spontanément je t’aime, avec les yeux remplis d’amour et de sincérité à été, et de loin, le plus beau moment de ma vie  et je ne l’oublierai jamais. J’en verse encore des larmes quand j’y pense.

Mon fils, tu n’es pas malade ni handicapé. Quand on te dit que tu es un enfant différent, ça vient avec un lot de jugements, d’exceptions, d’avantages, de désavantages quotidiens, de victoires et de déceptions. Mais notre plus grande victoire, mon garçon, c’est ta confiance en toi. La confiance qu’on a travaillé ensemble à grands coups de rires, de sourires, de compliments et de moments passés ensemble. Tu ne t’es jamais senti différent en public et ça, c’est ma victoire à moi.

Mon fils, tu n’es pas malade ni handicapé. Quand est venu le temps d’aller à l’école, la grande école, j’ai dû remplir un formulaire différent des autres parents. Mais nous avons eu de la chance car tu as pu recevoir plus d’outils. Tu étais tellement content d’arriver avec tes devoirs le soir; tu voulais en faire des heures parce que tu avais fait assez de place dans ton cerveau pour en apprendre plus jour après jour.

Mon fils, tu n’es pas malade ni handicapé. Tu as besoin de bouger non pas parce que tu es différent mais parce que tu es un enfant débordant d’énergie. Un enfant intelligent, drôle, sensible et compréhensif. Tu as un cœur gros comme le monde.

Mon fils, tu n’es pas malade ni handicapé. Tu es un petit frère, un grand frère et un enfant merveilleux. Tu as marché sur la route des préjugés, gravi toutes les montagnes de jugements et je suis fière de toi.

Mon fils, tu n’es pas malade ni handicapé et sache que l’avenir t’appartient.

Je t’aime.

Julie Beauvais
JULIE BEAUVAIS

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