Mes enfants, j’ai peur

mother hug kid

Mes enfants,

Parfois, j’ai peur. Peur de ne pas réussir à passer au travers. Peur de ne pas être assez solide pour réussir à vous amener à bon port.

J’ai peur. Peur de vous échapper. Peur d’être trop sévère, ou parfois pas assez, et que mes manières finissent par vous nuire à long terme.

J’ai peur. Peur de ne pas être l’exemple à suivre. Peur de ne pas vous montrer la bonne voie. Celle qui fera de vous de bonnes personnes. J’ai peur de ne pas être à la hauteur. De ne pas être à votre hauteur. J’ai peur de faillir à ma tâche et d’échouer dans mon rôle de maman.

J’ai peur. Peur de l’influence qu’auront sur vous les amis que vous rencontrerez et contre qui je ne pourrai rien. Je sais que pendant un certain temps, ma voix, mon expérience et mon vécu ne vaudront rien face à eux.

J’ai peur. Peur qu’un jour, vous vous refermiez parce que vous croirez qu’il me sera impossible de vous comprendre et pire, de vous accepter. Avec vos failles et vos faiblesses que vous refuserez de me montrer à la lumière du jour. Comme si, je ne les connaissais pas déjà par cœur. Comme-ci, ces failles, n’étaient pas de moi.

J’ai peur. Peur qu’un jour, vous coupiez les ponts. Peur qu’un jour je vous perde de vue. J’ai peur qu’un jour, au fond de vos yeux, je ne perçoive que de la déception et un certain dégoût pour la mère que j’aurai été.

Je redoute les tempêtes que vous devrez affronter. Celles contre lesquelles je ne pourrai pas vous protéger. Celles contre lesquelles je devrai simplement vous regarder combattre et souhaiter silencieusement votre victoire.

Je crains ces défaites qui vous feront mal. Parce qu’à chacune d’elles, j’aurai peur que vous baissiez les bras. Que vous vous mettiez à douter de vous.

J’appréhende le jour où j’aurai le sentiment de ne plus vous connaître. Que vos choix me sembleront futiles. Que vos décisions ne me sembleront pas les bonnes. Et que j’aurai peine à les accepter.

Et plus que tout, je suis effrayée à l’idée de ne plus être ce rempart qui réussira à vous protéger, qui saura vous envelopper et vous garder de l’adversité de la vie. J’ai peur du jour où mes mots ne vous consoleront plus et ne vous rassureront plus. J’ai peur du jour où votre naïveté d’enfant sera perdue et où vous réaliserez que je ne suis qu’une maman ordinaire, sans aucun pouvoir magique.

Mes enfants, j’ai peur du jour où je me tiendrai devant vous avec pour seule arme pour vous protéger, tout l’amour que j’ai pour vous.

Marie-Claude Lamarre
MARIE-CLAUDE LAMARRE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *