Ce n’est pas parce que j’ai des limites que mes enfants sont moins heureux

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Ce n’est pas parce que j’ai des limites que mes enfants sont moins heureux et j’aimerais bien que tout le monde se le rentre dans le casque une bonne fois pour toutes.

Ce n’est pas parce que je n’accepte pas de coucher mes p’tits passé huit heures le soir, sachant très bien qu’ils ne seront pas du monde le lendemain, moi y compris, que mes enfants sont moins heureux. Des bons moments en famille, on en passe à la pelletée et je n’ai vu passer aucune étude stipulant que le gros fun pis les beaux souvenirs se cultivent exclusivement passé huit heures le soir. Par contre, j’en ai lu une barge concernant le manque de sommeil chez les p’tits comme chez les grands et, connaissant mes rejetons, je sais très bien qu’ils n’ont pas plus de plaisir que moi, un lendemain de veille qui a fini trop tard. Tu me trouves rigide ? Fine, si ça te fait plaisir. Mais ne viens pas me dire que mes enfants sont moins heureux parce qu’ils ne dansent pas dans le salon à dix heures le soir.

Ce n’est pas parce que je n’aime pas jouer dehors que mes enfants sont moins heureux. Mes p’tits mettent le nez dehors quotidiennement, ils ne passent pas leur temps la face dans le scring à me demander s’ils peuvent rentrer et ils ont du gros fun. Pendant ce temps-là, moi, je start une troisième brassée, je bois un café chaud et quand ils rentrent avec leurs belles joues rouges, je suis de bonne humeur et disponible au lieu d’être au bout de ma zénitude après avoir simuler un plaisir sans nom à caler dans le banc de neige juste avant de rentrer faire la guerre aux habits de neige des enfants et sacrer après le zipper de ma propre suit tout en suintant du dessous de bras. Tu aimes jouer dehors avec tes p’tits ? C’est franchement parfait pour toi et je suis certaine que vous passez de superbes moments en famille. Ceci étant dit, le fait que je n’aime pas jouer dehors ne rend pas mes enfants moins heureux pour autant.

Ce n’est pas parce que je refuse de donner du sucre à mon bébé de quatorze mois qu’il est moins heureux. Rien ne sert de projeter tes envies sur lui; il ne sait pas ce que ça goûte, du chocolat, et c’est exactement pour ça que ça ne lui manque pas. Grand bien te fasse si tu as envie de donner du sucre à ton petit mais je peux confirmer que l’absence de sucre n’empêche pas le mien de respirer la joie de vivre et il ne se réveille en pleurant la nuit pour cause d’envie refoulée de manger une Kit Kat.

Ce n’est pas parce que je n’ai pas toujours envie de jouer les G.O. à quatre pattes dans le milieu du salon et qu’il m’arrive de troquer les Lego et les poupées contre une sieste sur le divan que mes enfants sont moins heureux. Parce qu’ils doivent s’entertainer sans mon support, ils apprennent à se débrouiller seuls et ça tombe bien puisque c’est ce qui les attend pour la balance de leur vie. Étant jeune, je ne pourrais compter le nombre d’épopées qu’ont vécu mes Barbies et mes toutous ni toutes les aventures que j’ai moi-même vécues avec mes amis quand ma chambre se transformait en repère de princesse ou que l’on espionnait mes parents qui s’affairaient à faire n’importe quoi sauf nous divertir. Tu aimes t’amuser avec tes enfants à la journée longue ? C’est vraiment super pour mais ce n’est pas parce que je n’ai pas envie de jouer avec les miens en permanence qu’ils sont moins heureux.

Ce n’est pas parce qu’on passe l’ensemble de nos vacances en famille à la maison que mes enfants sont moins heureux. La plage et le zoo du coin, le parc d’à côté et les hot-dogs sur le BBQ font très bien le job sans défoncer mon budget annuel tout en préservant ma patience; deux nuits consécutives à l’hôtel à cinq-six heures de sommeil chacune et une ride de char avec trois petits qui s’obstinent sur la banquette arrière pendant une heure et demie ont tôt fait de faire sauter mon presto. Si tu es un fan des tout-inclus dans le sud en famille ou que tu trippes à faire la tournée des parcs régionaux en camping pendant les deux semaines de la construction, enjoy. Mais ce n’est pas parce que je reste à la maison avec mes p’tits qu’ils ont moins de fun.

Contrairement à ce que tu sembles bien souvent croire, le fait d’avoir des limites en tant que mère ne rend pas mes petits moins heureux. Mes limites leurs apprennent qu’ils ont aussi droit aux leurs et leur assure que je reste disponible, patiente, de bonne humeur et que je respecte mes valeurs plutôt que de m’embarquer dans un paquet d’affaires qui ne me ressemblent pas et qui me poussent à bout sous prétexte que c’est ce qu’une “bonne” mère devrait faire. Ne t’en fais pas, la mère que je suis prends bien soin de ses p’tits et s’assure de leur bonheur en permanence même si mes valeurs ne concordent pas avec les tiennes.

Ce n’est pas parce que j’ai des limites que mes enfants sont moins heureux; c’est parce que j’en ai que toute ma famille se porte bien.

À chacun les siennes, merci de respecter les miennes.

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5 thoughts on “Ce n’est pas parce que j’ai des limites que mes enfants sont moins heureux

  1. Cooreman Répondre

    Bonjour et oui les enfants ont besoin de limites sans elles ils sont perdus et vont à la dérive

  2. Mich Répondre

    Ce que vous décrivez ne m’apparait pas comme de la rigidité.
    La rigidité, selon moi, c’est cette maman qui se fâche parce que sa fillette de 4 ans échappe un gobelet de lait, au restaurant (parce que j’ai eu le malheur de la laisser jouer avec ça, pour ne pas qu’elle s’ennuie : honte à moi ! Mais honnêtement, est-ce un tel drame, un malheureux petit gobelet de lait renversé ?)
    C’est ce père qui emmène ses enfants marcher dans le bois et, lorsqu’un d’entre eux propose de prendre un sentier, il répond systématiquement “non”. Lorsque l’enfant lui demande pourquoi, il répond : “Parce que je l’ai décidé”.
    C’est cette mère qui hausse le ton parce que la petite a envie de faire pipi alors qu’elles sont à l’épicerie (mon dieu ! mais ça prend-t-y une enfant mal élevée pour oser avoir envie d’uriner inopinément).
    C’est ce père qui refuse à sa fille de manger son plat préféré, un hamburger, sous prétexte que “ça ne se fait pas, manger un hamburger, au mariage de ses parents.” C’est ce père, encore, qui culpabilise sa petite d’oser prendre un 4e profiterole, que je lui offre pourtant avec joie, à l’anniversaire de son ami.
    Ce sont ces parents, bref, qui ne comprennent pas pourquoi leurs petites sont tellement stressées qu’elles en développent des tics nerveux, comme manger le col de leur jaquette la nuit lorsqu’elles se couchent.
    Parce que les parent réellement rigides, eux, ne se remettent jamais en question, hélas !
    Et ils trouvent que tous les autres parents sont des incompétents !

  3. Mélanie Répondre

    Bonjour,

    Je suis désolée que vous vous sentiez tant jugé par votre entourage. Ces lignes me donnent un sentiment de malaise difficile à décrire. J’ai un grand respect et même de l’admiration pour les parents qui respectent et imposent des limites de manière constente, de manière cohérente à tous coups, mais moi, je n’y arrive pas! Enfin pas toujours ou pas assez souvent. En lisant, je comprends que le jugement vous pèse, et pourtant, j’ai l’impression d’être celle qui échoue! Qui echoue en laissant trop souvent mes enfants depasser l’heure du dodo, en accordant trop souvent des desserts sucrés, en planifiant trop de sorties et de projets accaparents, en ne mettant pas assez de limites! Mais si je n’impose pas ces limites aussi bien, ce n’est pas parce que je crois que c’est ce qu’il faut pour les rendre plus heureux, mais parce que je n’y arrive simplement pas toujours! Se sentir juger, tout le temps, c’est le propre des mamans il faut croire!

  4. Sam Répondre

    Merci d’avoir mis des mots sur ce que je me tue à répéter, oui je sus carrée, mais j’ai pas besoin de pourrir mon gamin pour a pour des moments extras avec et pis je dis d’autres trucs que de jouer dehors toute la sainte journée.

  5. LGnap Répondre

    Je peux même rajouter qque chose que j’ai lu et que je ne trouve que trop vrai :

    Les enfants apprennent par imitation.
    Et donc si tu prends du temps pour toi et que cela te rend heureuse, ils feront comme toi, ils prendront du temps pour eux et seront heureux/reposés/etc.
    Alors que sinon en courir non stop dans tout les sens pour les “rendre heureux” tu leur apprendras qu’il faut se priver pour le bonheur de ton enfant? Mais quel est le but?
    Souvent ce sont des parents qui tentent de vivre par procuration une vie qu’ils n’ont pas eue, mais sans être attentif à si c’est vraiment ce que veulent leur enfants…

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