À ma petite dernière

daughter and mother hug

À ma petite dernière,

Je t’écris cette lettre pour que tu comprennes lorsque tu seras grande. J’espère que tu sentiras combien je t’aime et à quel point j’ai peur que tu m’en veuilles. Je me sens coupable et j’ai toujours cette impression de ne pas te donner tout ce que tu mérites.

Je me rappelle encore l’époque où je me renseignais sur la parentalité à qui mieux mieux. Je m’ennuie de la sensation que j’avais à l’intérieur, de ce besoin de toujours devenir un meilleur parent. Ne t’en fais pas, je sais très bien que la perfection n’existe pas. Ce qui me manque, c’est cette naïveté qui m’habitait, ce besoin que j’avais de toujours chercher à m’améliorer.

Je me sens coupable chaque fois que tu me demandes de jouer avec toi et que je n’en ai vraiment pas envie. Ce n’est pas parce que je t’aime moins ma fille, mais ça fait déjà plusieurs années que je fais des casse-têtes et que j’imite les bruits que font le chien et la vache. Je sais que ce n’est pas ta faute si tu es la dernière et que tu mérites ce temps précieux toi aussi. Lorsque je m’agenouille pour passer du temps avec toi, je veux que tu saches que je le fais parce que je t’aime et que je veux reconnecter avec la petite maman que je suis. Je ne l’ai jamais fait pour me déculpabiliser.

J’ai de la peine lorsque tes frères regardent leurs albums photos alors que tu n’en as aucun. Tu es née à l’époque du numérique, cette facilité, qui finalement s’est retournée contre nous.

Je m’excuse de ne pas avoir rempli ton livre de bébé. J’ose espérer que le fait de ne pas savoir la date à laquelle ta troisième dent de bébé a poussé ne te traumatisera pas. Ce qui est merveilleux dans cette histoire, c’est qu’à défaut de regarder ton livre de souvenirs seule, nous pourrons prendre un café ensemble et je pourrai te raconter tes péripéties d’enfant.

Tu ne sais peut-être pas à quelle semaine tu t’es retournée pour la première fois, ni à quel moment tu as rampé, mais j’ai été présente à chaque étape de ta vie et je te promets que je le serai pour le reste de mes jours. Je serai toujours à l’écoute lorsque tu en auras besoin et je m’effacerai lorsque tu ne voudras pas de moi. Et peu importe le temps que j’aurai passé à quatre pattes avec toi dans ton enfance, sache que rien ne pourra jamais diminuer l’amour que je ressens pour toi. Cet amour est indescriptible et j’espère que tu le porteras avec toi, même lorsque tu claqueras ta porte de chambre en me hurlant que je suis une mauvaise mère.

Je t’aime.

Maman

P.S. : Je m’en vais chez Walmart pour faire imprimer tes photos.

Katee
Katee

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