TDAH, BABI et compagnie : quand les diagnostics nous déresponsabilisent

kid medication

ATTENTION : La Dure-Mère est la nouvelle couverture controversée utilisée par toutes les mamans qui ont envie de partager leurs opinions les plus arrêtées sur la maternité. Fracassante, sans nuances, aux limites caricaturales, La Dure-Mère juge, dérange, choque, soulève les passions et suscite des débats. Vous l’aimerez jusqu’au jour où vous ne l’aimerez plus parce qu’elle aura effleuré un sujet qui vous tient à coeur sans partager votre vision. Mais plutôt que de sortir de vos gonds, pourquoi ne pas utiliser sa couverture pour défendre votre opinion à votre tour ?

En réaction à l’article 45 pédiatres sonnent l’alarme contre le Ritalin paru dans le Journal de Québec le 31 janvier dernier.

Les enfants d’aujourd’hui croulent sous les diagnostics, le Ritalin et les pilules et il me semble que le temps est plus que venu d’arrêter de penser que ce sont eux, le problème. Si ça ne va pas bien à la garderie ou à l’école, ce n’est pas systématiquement leur faute. Nos enfants ne naissent pas de plus en plus malades et de plus en plus troublés; c’est l’environnement dans lequel ils grandissent qui est de plus en plus malade et plus troublé que jamais.

À voir les nouveaux diagnostics posés chaque jour sur des petites têtes de six ans, huit ans et douze ans, on en vient à croire qu’on ne fait qu’engendrer des enfants à problèmes et parfois, je me demande pourquoi on continue d’en faire si c’est pour les blâmer d’être en réalité ce qu’ils sont, des enfants ? Il me semble que le temps est pas mal venu de laisser nos adultes de demain vivre leur vie d’enfants sans pilules.

Si certains diagnostics sont posés avec raison, une partie d’entre eux sont trop souvent le signe d’une déresponsabilisation; si nos enfants n’écoutent pas, s’ils ne sont pas capables de se concentrer dans ce monde effréné qui va beaucoup trop vite, bien souvent, je crains que ce ne soit pas leur faute mais la nôtre. À quand une réelle prise de conscience sur le mode d’éducation que nous leur offrons ? C’est tellement plus simple de poser un diagnostic.

Il faut les éduquer sur le sens du monde, nos p’tits. Il faut leur offrir des cadres et des limites à ne pas franchir. Il faut prendre du temps avec eux, du temps de qualité. Il faut s’outiller pour mieux les outiller à affronter la vie.

Ce ne sont pas les enfants qui ont besoin d’aide; ce sont les parents. Les parents de notre époque qui sont exténués, brûlés et qui manquent de ressources, non pas pour diagnostiquer leurs enfants, mais bien pour réduire leur stress, maximiser leur temps de qualité et améliorer leurs capacités parentales.

Aujourd’hui, si mon nouveau-né pleure à n’en plus finir, qu’il ne fait pas ses nuits, qu’il boit aux heures, qu’il fait des crises, des coliques, des cauchemars, des terreurs nocturnes, ce n’est surtout pas à cause que je suis un nouveau parent qui débute dans le monde de la parentalité qui manque de capacités, d’expérience et de connaissances ni parce que je suis débordée et que j’ai constamment l’impression de ne pas pouvoir lui donner ce qu’il attend de moi. Non. C’est parce que mon bébé est un Bébé À Besoins Intenses (BABI).

Aujourd’hui, si mon enfant saute partout, s’il n’écoute pas les consignes, s’il frappe ses amis, s’il ne partage pas, s’il ne sait pas dessiner, s’il est toujours dans la lune, ce n’est surtout pas parce je ne l’ai pas encadré, parce que je ne l’ai jamais laissé “souffrir” de ne pas avoir ce qu’il veut dans la minute, parce que je ne lui ai pas appris les valeurs de respect, de non-violence et de partage. Non. C’est parce mon enfant à un trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Si mon enfant à peur de tout, s’il se cache toujours derrière moi, s’il ne parle pas, s’il ne veut pas faire des choses nouvelles, s’il n’a pas d’amis, ce n’est pas parce je ne l’ai pas encouragé à vaincre ses peurs, que je ne l’ai pas poussé à développer son autonomie, que je n’ai pas tout fait pour qu’il développe de la confiance en soi et que je n’ai pas souligné ses réussites. Non. C’est parce mon enfant fait de l’anxiété.

Si mon enfant n’a pas un vocabulaire riche, s’il ne sait pas dire plus que dix mots à trois ans, s’il ne connaît pas ses couleurs et qu’il ne sait pas compter, ce n’est pas parce je ne l’ai pas assez stimulé, ce n’est pas parce je ne lui pas parlé en adulte au lieu d’en bébé, ce n’est pas parce je n’ai pas décortiqué chaque syllabe d’un mot difficile qu’il peine à dire. Non. C’est parce mon enfant à un trouble du langage.

Le gouvernement prévoit investir des millions pour aider les professionnels à poser des diagnostics, mais je doute que ce soit une bonne solution. C’est d’investir afin que les parents ne soient plus débordés et dévastés par leur parentalité, qui presse. C’est outiller les enseignants et les éducateurs pour qu’ils sachent comment réagir devant un enfant qui déplace de l’air, qui prime.

Si plusieurs diagnostics ont une raison d’être, il semble qu’un nombre important d’entre eux n’en ont pas. Arrêtons de rejeter le blâme sur nos enfants. Arrêtons de nous déresponsabiliser avec tous ces diagnostics et ces pilules. Arrêtons de baisser les bras en attendant que ça passe.

Nos enfants ne font que réagir à ce monde pas d’allure, point barre. Il est grand, très grand temps que nous en prenions conscience et que nous agissions.

Ce sont nos enfants qui nous appellent à l’aide. Ne les bâillonnons pas avec un paquet de pilules.

Ce texte a été rédigé par Margaux Mackay sous le couvert de La Dure-Mère afin d’annoncer clairement les intentions du texte. 

La Dure-Mère
LA DURE-MÈRE

2 thoughts on “TDAH, BABI et compagnie : quand les diagnostics nous déresponsabilisent

  1. Isabelle Répondre

    Je travaille depuis 5 ans comme aide ménagère et familiale dans différentes familles du Québec. Je me suis rendu conte que presque chaque enfant medicamentés que je côtoyais n’avais aucun problème de comportement avec moi. Dès que les parents arrivaient dans la maison. Les enfants changeaient de comportement. Des parents fatigués ,stressés. Souvent injuste envers leurs enfants qui demandaient que quelques minutes d’attention. Dès parents toujours le nez sur leur écran de téléphone. Très souvent des frigos rempli de pain , pâte, charcuterie. Les armoires pleine de sucrerie. Les jeux vidéo toute la soirée pour que les enfants les laissent tranquille. Dès conversations troublante sur des sujets que les enfants ne devraient pas entendre du genre ( Mon ex !!! l’esti de trou de cul) Quand l’ex est justement le père de un des enfants. Alors, mon expérience me prouve malheureusement que les grands malades son les parents.

  2. Natalia Répondre

    Bah oui ça existe des bébés plus difficiles que d’autres et ce même si t’es plus expérimenté et que ce n’est pas le premier. À un moment les coliques tu n’y peux rien. C’est franchement ridicule de tout mettre sur le dos des parents aussi. En fait les enfants sont comme ils sont Et non toutes leur difficultés ne sont pas la faute des parents. La médication n’est pas la solution ni le fait de mettre les problèmes dans de petites cases pour poser des diagnostiques (quoi que c’est souvent la seule manière d’avoir droit à de l’aide) pas plus que de chercher des coupables.
    Je ne sais pas c’est qui cette mère mais si elle se sent responsable de tout tout le temps comme ça je la plains sincèrement. Donne toi une chance j’ai envie de lui dire parce qu’elle va tomber de haut quand son adoption va l’envoyer chier.

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