Je suis tough depuis que je suis maman

strong woman

Je suis tough depuis que je suis maman. Avant de l’être, je n’aimais pas avoir les mains sales, boire à même la paille de quelqu’un d’autre, entendre le son tout à fait dégueulasse de quelqu’un qui vomit et faire pipi dans une toilette publique. Mais après avoir été initiée aux cacas de bébés de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et de toutes les textures, de la pâte à modeler à la glue, et cela, sur mes mains et dans mes cheveux, je peux dire que j’ai appris à la dure. J’affronte désormais chaque odeur ou texture expulsée par mes enfants avec courage et détachement. Une goutte de pipi sur le siège d’une toilette publique n’est plus une adversaire de taille pour la tough que je suis devenue.

Je suis tough depuis que je suis maman. Même le biscuit de dentition HEINZ à moitié mâché et décomposé que mon enfant m’enfourne dans la bouche plus vite que son ombre parce qu’il veut ”partager” me laisse aussi indifférente que manger à la cafétéria d’un hôpital.

Je suis tough depuis que je suis maman. Avant de l’être, j’avais peur. Vraiment peur. Des esprits, des fantômes, des maniaques, des voleurs ou de tous les bruits suspects. Mais depuis que mon mini hurle de sa chambre qu’il a peur des monstres, je bombe mon torse malgré la boule que j’ai dans le ventre et j’entre dans sa chambre en vitesse avec la tapette à mouche à la main telle une épée prête à attaquer tous les voleurs que la noirceur cache avant de réaliser que le bruit qui l’effraie est celui que fait son nez plein de morve lorsqu’il respire.

Je suis tough depuis que je suis maman. Je suis fière d’être devenue la guerrière du foyer familial, la GI-Jane du bungalow. J’écrase sans broncher les bibites non identifiées à carapace qui font crunch si mon enfant en a peur et je retire les couleuvres de mes plates-bandes avec une branche. Toute seule, comme une grande. Moi contre le méchant serpent pour sauver la vie de mes p’tits.

Je suis tough depuis que je suis maman. Avant d’accoucher, je devenais faible lorsque j’allais chez le dentiste ou lorsque je me faisais un papercut. Maintenant j’arrache des dents qui ne tiennent qu’à un fil tellement elles branlent dans la bouche de mes enfants. Avant, la moindre goutte de sang me rendait faible mais maintenant, je le nettoie sans broncher. Je n’ai jamais vu autant de sang qu’à mon accouchement; j’ai même pu regarder mon placenta, ce gros truc visqueux qui sort après le bébé. Je ne l’ai pas ramené à la maison pour en faire du placenta bourguignon comme certaines, mais j’ai toléré de le voir de loin. C’est un début.

Je suis tough depuis que je suis maman et j’en suis fière. Parce que par amour pour ma famille, je dépasse mes limites chaque jour. Mes enfants comptent sur moi pour les défendre contre les dangers réels et imaginaires et pour nettoyer la substance gluante non identifiée sur la table basse du salon et pour eux, je resterai forte.

Marilyne Paquette
MARILYNE PAQUETTE

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