Noël, j’aimerais t’aimer plus

unhappy mother at xmas

Noël, tu me laisses un goût amer. J’aimerais t’aimer plus, mais j’y arrive difficilement.

Je ne suis pas du type Grinch, pourtant.

Je ne suis pas foncièrement négative face à toi. Je trouve même qu’objectivement, t’es vraiment un beau moment de l’année. Les décorations, les sourires, la musique, l’euphorie générale. Les yeux des enfants qui brillent, l’excitation palpable de l’attente pour la découverte des cadeaux. Je prends même souvent plaisir à te fêter, ton soir venu. Je prends plaisir à offrir, à être avec ceux que j’aime, à rire, chanter, manger et boire, sans trop penser au lendemain.

Mais malgré tout, Noël, tu me laisses un arrière-goût. Un vide. De sens.

Peut-être parce que comme ma maternité, mon Noël, je t’ai trop idéalisé. Noël, selon ce que j’en comprends quand je regarde autour de moi, tu dois nous rendre heureux.

On nous vend depuis le lendemain de l’Halloween que t’es LA fête de l’année. Que te fêter va nous combler, peu importe ce dont on a réellement besoin ou envie. Que t’es LE moment où l’on se doit d’être joyeux.

Même si. Même si on est seul. Même si on est malade. Même si on est sans le sou. Même si on vit des conflits qui nous déchirent le cœur et nous fendent l’âme.

Et surtout. Surtout si on a une famille qu’on aime. Surtout si on est bien entouré. Surtout si on a la santé et qu’en plus, on est bien nanti. On ne peut alors que se réjouir de ta présence sacrée. On ne peut que t’apprécier. Que t’aimer.

Et pourtant.

Au lendemain de ta soirée, épuisée par les préparatifs que tu m’as demandés, quand la maison croule sous les mille nouveaux jouets, quand les enfants se chicanent à qui mieux-mieux parce qu’ils sont juste trop fatigués de leur veillée, quand tout le monde est mal, d’avoir trop mangé, je n’y trouve pas la justification de cette soirée de bonheur assuré qu’on m’a promise depuis deux mois. Je n’y trouve qu’exaspération, fatigue et déception. Et un peu de soulagement, je l’avoue, que tu sois enfin passé.

Parce qu’au-delà de toutes les joies que tu peux m’apporter, Noël, t’es rendu pour moi synonyme d’obligations. Obligations qui, avec les années, ont eu raison de mon bonheur sincère de te fêter et m’ont fait me questionner sur ton sens réel. Sens d’ailleurs bien difficile à trouver, quand on fait abstraction de ton côté religieux.

Je sais, on me dira que la pression des obligations, elle vient de moi, pas de toi. Que la tradition, je peux la changer à mon gré. Que le sens que je te donne, il m’appartient de le trouver et de le partager avec mes enfants. Mais voilà, je n’aime pas qu’on m’impose quelque chose. Et c’est ce que tu me fais comme effet, Noël. Tu t’imposes à moi, de tous les sens, par tous les côtés. Et même si je veux me détacher de toi, m’approprier ton sens autrement, je n’en suis pas capable. Je n’y arrive pas.

Parce que oui, au fond, je veux t’aimer. Mais la pression que tu exerces sur moi me fait plutôt me lasser de toi. La pression de perpétuer des traditions qui ne veulent plus rien dire. La pression d’offrir des cadeaux, trop de cadeaux. La pression d’être heureux cette journée, peu importe ce qui se passe le reste de l’année. Et c’est la déception de ne pas toujours y arriver, de ne pas être sincère face à ce dont j’ai vraiment envie qui me reste, quand tu t’en vas.

J’aimerais vraiment plus t’aimer, mais le résultat n’y est pas.

Noël, tu ne m’apportes plus ce que tu me promets chaque année.

Mais, que me promets-tu, au juste?

Meliane
MELIANE

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