L’horreur des dernières semaines avant d’accoucher

tired pregnant woman

Avant ta première grossesse, on t’avait dit que ce serait magique de sentir ton petit bébé te donner des coups et bouger dans ta bedaine. On t’avait aussi dit que de porter la vie à l’intérieur de soi serait une expérience inoubliable. Tout ceci est bien vrai.

Jusqu’au jour où te raser le pubis devienne aussi agréable que de te contorsionner dans une boîte de carton de litière vide (on va laisser faire le pli interfessier).

Que d’aller faire l’épicerie devienne aussi essoufflant que d’aller faire le tour de ton quartier en jogging, après avoir été au buffet une demi-heure avant.

Qu’au fur et à mesure que tu te fais peser chez le médecin, tu te rendes compte que t’es rendue plus pesante que ton chum et que tu pourrais définitivement l’empêcher de respirer en t’assoyant dessus.

Que de mettre des jeans de maternité te fasse faire des soupirs et des sons de torpeur de poumons aussi bruyants qu’une bronchite chronique rendue à sa troisième tournée d’antibiotiques.

Que tes mamelons deviennent aussi foncés et étirés qu’une tranche de pepperoni, mais en moins appétissants parce que personne n’aime les charcuteries assaisonnées au colostrum.

Que l’œdème, l’énorme enflure et rétention d’eau, fasse disparaître les jointures de tes mains, les chevilles de tes pieds et fasse apparaître un quatrième menton sous ton visage qui semble avoir reçu dix bolus en dedans de deux heures.

Malgré tout ça, tu ne peux t’empêcher d’avoir hâte d’enfin tenir ton petit bébé dans tes bras et de l’emmitoufler dans ses petites doudous que tu a pris soin de laver et de bien plier dans son mignon sac d’hôpital parce l’horreur des dernières semaines pourra alors se transformer en une explosion d’amour et de gratitude envers ce petit humain que tu viens de mettre au monde.

Alexandra Dallaire
ALEXANDRA DALLAIRE

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