Je m’appelle Alicia, j’ai 12 ans et j’ai dû changer d’école pour mettre fin à l’intimidation

distressed little girl on the floor

Je me demande toujours si ma vie serait pareille si je n’avais pas vécu un tel choc, si je ne portais pas cette marque au fond de moi. Peut-être que j’aurais moins de mal à m’intégrer et que je ne marcherais  plus la tête baissée de peur d’entendre une autre niaiserie qui va me blesser.Tout ce que je sais, c’est que j’aurais mieux vécu mon primaire et que je n’aurais pas ressenti toute cette tristesse et cette envie de m’effacer de la terre à chaque matin.

Vous pensez que les écoles protègent vos enfants? C’est vrai qu’ils ont des beaux petits plans d’intervention et des “anges” de la cour pour veiller à ce que tout se passe bien, mais je suis désolée de briser votre bulle : l’intimidation existe toujours et les écoles la banalisent.

J’ai dénoncé les élèves qui m’intimidaient plus de trente fois à mes professeurs, à mes éducateurs, à la psychologue et à l’éducatrice spécialisée, mais on m’a toujours répondu la même chose : « BEN non ma belle, l’intimidation ce n’est pas ça! Toi, tu as des petits conflits de filles et tu ne laisses pas ta place, allez va jouer! ».

Mes parents sont intervenus des dizaines de fois; ils ont demandé des rencontres, des interventions, un plan, une aide extérieure, mais dans la cour d’école, rien n’a jamais changé. Parce que dans le vrai monde, rien ne change jamais et l’intimidation est toujours présente.

Chaque jour, je me suis levée en pensant à mes intimidateurs, je me suis endormie en me demandant ce qui pourrait m’arriver demain, j’ai eu peur de les croiser, j’ai pensé à eux chaque fois que je choisissais mon linge et mon sac d’école, car tout était une bonne raison pour m’intimider.

Chaque jour, on me disait que j’étais bizarre et conne. J’ai cru que j’étais grosse, moi qui habillais du huit ans quand j’en avais onze. Je n’avais aucun surplus de poids, pas de lunettes, pas de bourrelets, pas d’handicap et j’avais une moyenne scolaire de 95% avec un talent musical. Mais j’ai fini par le croire à force de me le faire répéter.

Les intimidateurs croient que ce qu’il font n’a aucun impact, mais c’est faux, car ils détruisent à petit feu l’existence d’autres êtres humains. Se faire frapper, se faire insulter, se faire humilier devant tout le monde, ce n’est pas une vie. En tout cas, ce n’est clairement pas une bonne façon de se faire traiter.

On m’a souvent dit d’affronter l’ennemi. De ne pas fuir ce qui me faisait peur car plus tard, je n’aurais pas confiance en moi. Mes parents m’ont donné tous les trucs de l’univers et de leur primaire pour me rendre forte et pour m’aider à faire ma place. Je me suis battue chaque jour en pensant que la solution était en moi alors que je ne pouvais pas en être la seule responsable.

J’ai finalement décidé de faire le grand saut. J’ai changé d’école en sixième année pour une concentration scolaire en musique. J’ai eu raison. On m’a enfin aimée, j’ai été accueillie, je me suis fait des vrais amis et j’ai compris que le problème ce n’était pas moi, mon apparence ou mes notes; c’était les gens qui voulaient  me faire du mal pour se faire remarquer.

À ce moment-là, j’ai recommencé à vivre et à m’aimer comme je suis. Il restera toujours des petits comiques qui taquinent, mais rien ne sera jamais comparable à ce que j’ai vécu et sûrement à ce que plusieurs enfants vivent.

À tous les parents, j’ai envie de dire que malgré vos conseils et vos encouragements, l’important est avant tout d’écouter votre enfant et si jamais, contre vents et marées, rien ne veut changer, pensez à envisager un nouvelle voie pour lui permettre de retrouver sa joie oubliée. Recommencer ailleurs ne veut souvent pas dire baisser les bras mais revivre.

Chaque personne est unique et c’est ce qui la rend magnifique. Faites en sorte que vos enfants ne l’oublient pas.

Chaque personne a besoin de se faire aimer et ce malgré ses défauts et ses différences. Même si nous vivons tous des moments difficiles dans nos vies, l’important est de rester fort et de ne pas perdre espoir; au bout de cette dure période de désorientation et d’angoisse, il y a une lueur qui saura vous redonner confiance et assurance.

Alicia, 12 ans

La Collaboratrice Spotanée
LA COLLABORATRICE SPONTANÉE

2 thoughts on “Je m’appelle Alicia, j’ai 12 ans et j’ai dû changer d’école pour mettre fin à l’intimidation

  1. Annie Répondre

    Ma fille vie de l’intimi Depuis l’annee Dernière j’ai beau l’avoir changer d’ecole Malheureusement les ados se parlent d’une école à l’autre et l’intimida C’est poursuivi en plus qu’elle arrivait dans une nouvelle école… je suis tjrs là pour elle … je veux que ma fille soit heureuse …. l’intimidatio Doit finir par ne plus ce produire c est terrible de voir les jeunes aussi méchants un envers l’autre . Pourtant vous avez tous le même but rire reussir votre année et etre heureux …. en effets ceux qui intimide veulent montrer qu’ils sont hot ca cache souvent un mal intérieur au lieu d intimider les autres aller chercher de l’aide sorter vos vraies émotions!! Bref laisse vivre les autres !!!!

  2. Audrey Répondre

    Il y a 20 ans, j’ai vécu de l’intimidation, il a fallu que je change d’école. La direction, les profs,… tous ont été mis au courant…RIEN a été fait.
    Les cicatrices sont encore là.
    Elles font encore mal.
    Plus jamais je n’aurais confiance en personne. JAMAIS.
    Maintenant, je souhaite de tout cœur que ma merveilleuse fille n’aura pas à subir ces agressions puisqu’elle entre à l’école l’année prochaine.

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