Ton enfant s’est transformé en petit monstre du jour au lendemain

angry kid

Tu sais pas trop pourquoi ni comment c’est arrivé mais, par un beau matin, ton p’tit s’est transformé. Tu ne sais pas si c’est pendant cette fatidique nuit-là qu’il s’est passé quelque chose dans son sommeil entre la phase profonde et l’autre phase dont tu oublies toujours le nom, mais toujours est-il que ton enfant si parfait et jovial était maintenant brisé… oui, brisé.

Il était devenu un petit être d’opinions toujours contradictoires aux tiennes et de mauvaise humeur extrême. À partir de ce jour-là, tu as compris ce que signifiait vraiment marcher sur des oeufs. Tu as également eu l’occasion d’assimiler parfaitement le concept de “compromis” ainsi que celui de choisir tes batailles, concept qui était selon toi et jusqu’à ce jour, réservé aux mamans un peu trop permissives et/ou paresseuses, c’est selon. Ben oui, qu’est-ce que tu veux ben que j’te dise, tu jugeais et tu ne juges plus. Plus pantoute.

Avant ça, je veux dire, avant que ton enfant se transforme en un mix de Grincheux et M. Scroodge, il n’avait que brièvement caressé le refus catégorique de suivre les règles et les quelques crises survenant pour diverses raisons toutes moins importantes les unes que les autres. Le voyant grandir alors que toutes s’alarmaient du terrible-two, du threenager et du fucking-four, tu te rappelles même t’être dit que c’était pas si pire et que le meilleur était à venir. Quelle belle naïveté.

Alors qu’avant tu allais chercher ton p’tit dernier avec hâte et enthousiasme le matin au réveil, tu te contentes maintenant de ne pas faire de bruit et d’interdire formellement à quiconque d’émettre le moindre son lorsque vous passez à côté de la chambre de Grincheux de peur de réveiller la bête et d’être victime de son incroyable courroux. Bon OK, t’en mets un peu, mais c’est quand même pas loin de ça. Inévitablement parce que c’est comme ça ces petites bêtes-là hein, ça se réveille un moment donné, ton p’tit se lève et tu sens l’énergie basculer, littéralement, à l’approche des petits pas de ton petit monstre. Rassemblant tout ton courage (bon, celui nécessaire mettons), tu tentes un genre de “Bon matin… bien dormi?”. C’est là que commence le début de la fin. C’est à ce moment précis que tu saisis que ta journée sera, une fois de plus, parsemée de crises, d’oppositions multiples, de boudage et d’exaspération.

Tu te demandes (intérieurement bien sûr afin de limiter les dialogues avec le frustré) qu’est-ce qui peut bien se passer de si dramatique et aller si mal dans la vie de ton enfant d’à peine trois printemps pour qu’il ait une attitude aussi insupportable et ce, dès les premières lueurs du jour alors qu’il n’a même pas encore pris son petit déjeuner. Après t’être battue pour décider du kit vestimentaire de la journée, t’être obstinée pour qu’il brosse ses dents et avoir négocié le contenu du déjeuner, tu en as déjà ras le pompon.

Je sais que c’est difficile à croire, mais ton p’tit traverse une phase comme il en a déjà traversé plusieurs et en traversera encore. Arme-toi de courage et de patience. Grincheux finira bien par céder sa place à Joyeux. Du moins, je te le souhaite.

Isabel Lepage
ISABEL LEPAGE

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