Mes enfants jouent aux fusils; ouin, pis ?

kid play with gun

ATTENTION : ce texte reflète l’opinion de son auteure et non l’opinion de la plateforme de La Parfaite Maman Cinglante dont le but n’est pas de prendre position mais d’offrir une tribune à toutes les mamans souhaitant faire part de leur vision de la maternité ainsi que de leur expérience personnelle. Par ailleurs, si vous souhaitez écrire un texte en réponse à ce billet, notez que vous pouvez le faire en tout temps et le faire parvenir à [email protected]

Chez nous, mes enfants ont la permission de jouer aux fusils. J’entends déjà les puristes me dire que c’est trop violent, que je ne devrais pas permettre ça et que dans la société dans laquelle on vit, il faut absolument éviter toute référence aux objets violents de peur que nos enfants aient une prépondérance à recourir à ces objets controversés quand ils ont des difficultés. Voici donc pourquoi voir une gang de jeunes jouer dans ma cour pis faire semblant de se faire des “pew pew” en utilisant une branche de bois, ça m’énerve pas pantoute.

Mes enfants sont sensibilisés. Ben oui. Depuis que le monde est monde, les jeux violents font partie du développement de nos petits humains. L’histoire nous démontre que tous les grands conquérants n’ont pas seulement utilisé ce qu’ils avaient dans la caboche pour faire des ententes avec leurs voisins. Alors, pourquoi rendre ces objets tabous? Certains d’entre nous doivent, dans l’exercice de leurs fonctions, porter des armes au quotidien pis tu sais quoi? On les respecte et nos enfants les admirent. Mon fils joue au policier et fait semblant de dégainer sa nouille de piscine pour arrêter le chien qui a volé le sacré saint os de moelle acheté la veille ? Ben go, mon homme !

Ceci étant dit, le jour où je me suis aperçue que dans leurs jeux de rôles, mes enfants transformaient n’importe quel objet en arme, ben on a jasé. Jasé de l’importance de ne jamais utiliser ces objets pour faire mal. Parce que de jouer avec la vie des autres, humain ou animal, ce n’est pas un jeu. On a jasé des gestes qui ne sont pas acceptables, même si c’est pour faire semblant. Pis t’sais, ils ont compris. Pis ils ont respecté les consignes parce qu’ils savent à quel point une vraie arme, qu’elle soit à feu, à lame ou à flèche, peut avoir des conséquences irréparables si elle est mal utilisée.

La violence, on la voit partout et c’est mission impossible de ne pas y exposer nos enfants. Ton fils aime les super-héros? Y’a de la violence dans ces films-là. Tu écoutes les nouvelles le soir en préparant ton souper et y’a un reportage sur un acte de violence qui se serait passé ailleurs dans le monde ? Ton enfant va le voir alors interdire tout jeu de rôle qui implique des armes imaginaires risque d’être d’autant plus difficile. Les enfants jouent aux cowboys et aux amérindiens et au policier et au voleur depuis Mathusalem et pratiquement tous les enfants de notre génération ont joué à Duck Hunt sur Nintendo et abattu virtuellement une pelletée de canards. Ont-ils tué dans la vraie vie pour autant ? Non et il faut arrêter de jouer à l’autruche.

Nos enfants obéissent à tellement de règles et de consignes dans la vie de tous les jours; est-ce qu’on peut leur donner un lousse et ne pas intervenir pendant une guerre de fusils à eau en maillot de bain l’été ? Ils s’amusent, ils sont dehors, ils rient aux éclats, ils brûlent de l’énergie. Ne viens pas me dire que ce n’est pas sain. Encadrer le jeu? Oui! Pas de tirs en haut des épaules et en bas de la ceinture et lunettes obligatoires au cas où. Si cette “violence”-là va trop loin, va-t-on aussi interdire la construction de forts de cour en cour avec le p’tit voisin d’à côté parce que c’est violent de faire une bataille de boules de neige? Ça devient une arme, ça aussi. T’en as mangé, une balle de neige dans le visage à huit ans? Moi avec.

À mon avis, la clé c’est la sensibilisation, l’encadrement et le respect. De ramener à l’ordre s’il le faut, mais laisser les enfants être des enfants. Les laisser exprimer leur créativité et leur imagination. Des fois, je pense que c’est nous qui avons oublié comment être un enfant. Ça fait que des “pew pew” dans ma cour, ça ne m’achale pas pantoute parce que chez nous, ça se fait avec respect et jugement.

Stéphanie Robinson
STÉPHANIE ROBINSON

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