Quand la maladie frappe tes parents

senior woman with daughter

Depuis que t’es petite, t’as la chance de pouvoir compter sur la présence de tes deux parents dans ta vie. Ils ont longtemps été le centre de ton univers, ceux vers qui tu as toujours pu te tourner. T’sais, ceux que tu peux appeler, même aujourd’hui, quand tu files un mauvais coton. Ceux qui viennent à ton secours quand t’as un problème. En fait, c’est habituellement ça, le cours normal d’une vie.

Sauf que ce temps-là est révolu parce que la maladie s’est soudainement emparée d’un des deux êtres que tu aimes le plus au monde. Et tout a changé.

Tu l’avais clairement pas vu venir pis la vie vient de te fesser dedans avec une tonne de briques en pleine face. Mais entre toi et moi, est-ce que t’aurais pu l’anticiper?

Tu ne sais pas trop comment réagir face à ça. La maladie, c’est inconnu, c’est effrayant et tu t’apprêtes à passer par toute une gamme d’émotions. La colère, le déni, la tristesse. En fait, c’est un peu comme les étapes d’un deuil, parce qu’il faut que tu acceptes que la personne que tu aimes a changé.

Pis ça c’est difficile, parce que ça veut souvent dire que c’est toi qui deviens le parent de tes parents. Ça veut dire que oui, parfois, tu vas savoir mieux qu’eux-mêmes, ce qui est mieux pour eux. Et que des fois, c’est toi qui vas devoir prendre des décisions et pas les plus faciles. Mais celles qui sont nécessaires au mieux-être des personnes que tu aimes.

Tu risques de te sentir un peu perdue dans tout ça. Tu ne sauras pas trop où naviguer. Si t’as des frères et des sœurs, t’as la chance d’avoir des alliés à tes côtés. Parlez-vous, communiquez, pour être une équipe efficace et évitez de disperser vos précieuses énergies. Pis malheureusement, si t’es enfant unique, tu vas devoir affronter ça tout seul, un jour à la fois.

La pire réaction que tu pourras avoir, c’est probablement celle de te mettre la tête dans le sable en pensant que tout va redevenir comme avant. Si t’es chanceux, ça va aller en s’améliorant, mais sinon ça risque juste de se détériorer avec le temps.

J’te conseille de prendre le taureau par les cornes et d’agir. Attends pas qu’il soit trop tard et que l’élastique te pète dans face. Pose des questions à l’équipe médicale de tes parents. Demande-leur conseil sur la meilleure façon de les aider. Lis, informe-toi sur leur maladie. Fais-toi un plan. De cette façon-là, tu vas être préparé peu importe ce qui va arriver, même si c’est le pire. Et parce que c’est mieux d’agir au lieu de réagir.

Tu vas peut-être avoir de la famille autour qui va essayer de s’en mêler. Les frères, les sœurs de tes parents qui vont apparemment savoir mieux que tout le monde c’est quoi la meilleure affaire à faire.

Ça, c’est délicat parce que tu vas peut-être devoir mettre les points sur les i et les barres sur les t, pour faire face à la bande de p’tit jos connaissants. Implique-les, mais ne les laisse pas prendre tout le contrôle sans t’impliquer, parce que ça finit souvent par te revenir de toute façon.

Ç’a l’air ben simple ce que je te dis là, mais c’est loin de l’être. Je te comprends de te sentir désemparé. Et c’est pour ça que j’ai voulu te brasser un petit peu la cage aujourd’hui.

Dans ce qui t’attend, ça va être ben ben important de ne pas te perdre. D’accepter que tu ne pourras pas tout faire pour plein de raisons. De demander de l’aide. Et de communiquer avec ceux que tu aimes. De leur dire ce que tu ressens et comment ils peuvent te supporter dans tout ça. Parce que t’as aussi une vie à vivre.

On est jamais préparé à la maladie d’un proche. Des fois, ça arrive plus vite qu’on pense. Mais l’important, c’est de prendre ça un jour à la fois et de penser à ceux que tu aimes : tes parents.

Véronique Martel
VÉRONIQUE MARTEL

2 thoughts on “Quand la maladie frappe tes parents

  1. Stéphanie Répondre

    Ne se perdre… Pas simple! De toute façon j’aurais tout le temps de penser à moi après… C’est lui mon petit papa le plus important!! Je prendrais tellement ses douleurs si je pouvais!!! Je suis toujours inquiète et triste… En plus juste avant qu’il ne soit vraiment malade j’ai obtenu un emploi oùje dois tout apprendre à zéro… Horrible timming! C’est vraiment difficile depuis 3 mois dans ma vie! Au moins moi je peux parler de vie… Lui c’est la mort vicieuse qui le guette… Je l’aime tellement!!!

  2. Marlene savard Répondre

    Wow tellement un beau texte on dirais qu’on parle de moi ça m’as fait verser des larmes et réfléchir mais je trouve que l’on manque vraiment de soutient dans ce que l’on vit moi mère fait de lalzheimer et c’estvraiment difficile et on se sent vraiment seul pour accompagner la personne malade !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *