À toutes celles qui sont nostalgiques en voyant leurs enfants grandir

mother kiss kid

Pratiquement toutes les mamans se sentent nostalgiques en voyant leurs enfants grandir. C’est normal. On voudrait pouvoir les cajoler, leur donner des bisous et les sniffer pour toujours. Mais quoi qu’on fasse, le temps file et chaque nouvelle étape nous rappelle qu’un jour, ils seront grands et indépendants. Les premiers pas, le début de la garderie, la première fête d’amis, la maternelle… toutes ces premières fois nous remplissent de fierté. Mais une partie de nous s’ennuie du temps où ils étaient blottis dans nos bras et que nous étions tout leur monde. On voudrait qu’ils restent nos bébés pour toujours. Mais voir un enfant grandir, c’est ce qu’il y a de plus beau. Je l’ai compris bien malgré moi.

Le 6 septembre, c’était l’anniversaire de mon fils Alexis. Il aurait dû fêter ses deux ans, mais il aura seize mois pour toujours. Il y a un an, il se battait contre le cancer. Il avait presque toujours le sourire, malgré tous les effets secondaires. Durant son court passage sur Terre, il a lui aussi vécu tout plein de premières fois et a fait un tas de choses extraordinaires. Il a appris à marcher avec ses tubulures et son gros poteau à soluté qui faisait trois fois sa grandeur et son poids, il a joué au hockey et au soccer (ou une combinaison des deux?), il a appris à dire quelques mots et à faire des thumb’s up, il est passé dans le journal avec les Canadiens de Montréal, il a écouté avec admiration Kent Nagano et des musiciens de l’OSM jouer devant sa chambre d’hôpital, il disait « wow » et replaçait les boules chaque fois qu’il passait devant le sapin de Noël du département d’hémato-oncologie de Sainte-Justine (et croyez-moi, on est passés devant plus que souvent), il s’est fait des tas d’amis fantastiques et je pourrais continuer encore longtemps. Mais il n’aura plus jamais de premières fois.

Chaque jour, je me demande à quoi il ressemblerait aujourd’hui. Qu’est-ce qui le ferait éclater de rire? Pour quelles raisons il me ferait des crises de bacon de terrible two? Sur quelle série il tripperait? Combien de câlins j’ai manqués? Pour quels jouets il se chicanerait avec sa sœur adorée? Est-ce qu’il la regarderait encore avec autant d’amour et d’admiration? Qu’est-ce qu’il aurait voulu faire plus tard? Est-ce qu’il adorerait marcher dans les feuilles sèches comme sa maman?

Je vois grandir sa grande soeur, ses cousins, les enfants de nos amis et les enfants des voisins, et j’en veux à la vie d’avoir été aussi injuste avec mon Alexis. Ces enfants grandissent et profitent de la vie, alors que lui a dû endurer la douleur et la peur pendant la moitié de sa trop courte vie. Et tout ça pour rien, parce que rien n’a pu vaincre sa foutue leucémie. J’ai de la difficulté à croire que la vie se poursuit, que le monde continue de tourner sans lui. J’ai le coeur brisé de constater que je n’aurai jamais de réponses à toutes mes questions.

C’est normal d’être nostalgiques en regardant nos bébés grandir. Mais n’oubliez jamais que c’est une chance inouïe de les voir traverser toutes les premières fois, bonnes ou mauvaises, qui les mèneront à l’âge adulte. Continuez de bécoter, de câliner et de sniffer vos amours tant qu’ils vous laisseront le faire. Mettez tout ça en réserve et souriez en les voyant devenir trop grands.

Crédit : Lopolo/Shutterstock.com
Anne Boucher
ANNE BOUCHER

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