À toi, mon enfant privilégié

angry little girl at shopping center

À toi, mon enfant privilégié,

À chaque jour cette semaine, tu m’es arrivé avec une nouvelle demande. À chaque jour cette semaine, j’ai dû te répondre par la négative et péter ta bulle. J’ai dû t’expliquer que cette nouvelle bébelle dernier cri n’était pas nécessaire, que cette nouvelle activité à laquelle tu souhaitais que l’on t’inscrive était de trop. Que tes vieilles bottes de pluie devraient faire une saison de plus et que ton manteau, bien qu’usé, était parfaitement convenable également.

À chaque jour cette semaine, j’ai eu l’impression de par ta réaction à mes refus répétés, que j’étais vraiment une mauvaise mère, que je gâchais ni plus ni moins ta vie en entier en ne cédant pas à tes trop nombreuses et inutiles demandes.

Tu t’es exclamé haut et fort sur l’injustice frappante de ta vie. Sur le fait que les autres parents, eux, concédaient. Et comme la manière forte n’a pas eu d’emprise sur moi, tu as tenté les puppy eyes, le boudage, la serviabilité abondante mais je n’ai pas cédé. Et aujourd’hui, je tiens à t’expliquer pourquoi je ne le ferai pas.

Tu n’as peut-être pas toujours les lunchs les plus santé et équilibrés, mais à chaque jour, tu ouvres une boîte à lunch garnie, variée autant que possible, dans laquelle j’ai déposé tout l’amour que j’ai pour toi.

Tu n’as peut-être pas tous les vêtements à la mode que tu souhaiterais posséder, mais tes tiroirs sont remplis de vêtements propres, bien que parfois usagés.

Tu ne fais peut-être pas tous les sports que tu souhaiterais, mais on s’est assurés, papa et moi, que tu choisisses ton préféré et que tu y développes ta passion.

Tu n’as peut-être pas tous les jouets dont tu rêves, mais tu as tout le nécessaire pour bâtir ton imagination, tes habiletés et t’épanouir sainement.

Tu n’as peut-être pas ta chambre à toi seul, mais tu as un endroit sûr et confortable, où soir après soir, ta sœur et toi tissez des liens solides de complicité.

Tu n’as peut-être pas toute la liberté que tu réclames déjà, mais tu as des barrières qui te prouvent chaque jour que l’on se soucie de ce que tu deviens et qui balisent le chemin que l’on souhaite te voir suivre.

Tu n’as peut-être pas les parents les plus cool, mais tu as devant toi deux êtres qui, je t’assure, font de leur mieux pour que tu grandisses de la meilleure manière possible. Tu as, à tes côtés, tes deux meilleurs alliés, même si tu en doutes souvent. Sache que notre rôle exige parfois d’endosser le masque du pas fin, du sévère, du rigide. Et ce, bien malgré nous… pour toi. Pour que tu grandisses en ayant conscience de la chance immense qui est la tienne.

Et j’ai confiance qu’un jour, tu comprendras. Et nous remercieras.

Marie-Claude Lamarre
MARIE-CLAUDE LAMARRE

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