Un aller simple pour la maternité s’il vous plaît

pregnant woman in a plane

Te voilà devant la billetterie en train de magasiner ce périple que tu prépares depuis neuf mois. Tu sais que le voyage que tu t’apprêtes à vivre sera unique et mystérieux. Cet itinéraire que tu as tracé est presque parfait, mais tu veux t’assurer que tu n’as rien délaissé sur ton passage.

Ton sac est prêt depuis des semaines et tu es convaincue que ton corps est maintenant plus que préparé. Mais la première chose que tu comprends dès que tu parcours les premiers milles sur le chemin de ta nouvelle destination est que tu n’as absolument aucun contrôle sur rien. Et c’est souvent ce détail primitif qui te reviendra régulièrement tout au long de ton parcours. Ce détail parfois compris à la dure.

Avant de partir pour ce grand voyage, tu t’imagines dormir quelques heures par jour, partir d’un point A à un point B et suivre un chemin tracé en imaginant ta nouvelle vie. En sortant de l’avion, malgré le fait que tu n’as pas fermé l’oeil de la nuit, tu souris et tu gambades gaiement dans le terminal parce que tu as enfin atterri sans trop de tracas. Tu te souviens d’avoir pris ce petit bagage emmitouflé dans ta minuscule valise, puis le train pour ton refuge. Ce refuge dont tout le monde parle après de longues heures passées dans les vapes. Mais en y mettant les pieds, tu te retrouves littéralement dans un autre monde, entre autres en raison de tes courbatures dues au manque de confort dans cet avion où tout le monde est venu te déranger pour que tu ne manques de rien.

Quand on fait un voyage vers l’étranger, on dit souvent que c’est le lendemain de l’arrivée que la vraie aventure commence. Mais en vérité, les choses se corsent quelques jours plus tard. Quand tu es fatiguée, que tu te demandes ce que tu fais là et que tu n’as même plus le goût de marcher et que tu pleures sans trop savoir pourquoi.

Et après? Avec le temps qui passe, les habitudes qui s’installent et les lieux qui te deviennent plus familiers, c’est là que tu lâches prise, que tu trouves ton rythme et ton chemin à toi. Tu es devenue un pèlerin qui se lève toutes les deux heures pour aller au puits remplir tes bouteilles et mieux t’émerveiller devant le lever du soleil et les oiseaux qui chantent. En allant chercher ton pain que tu as joyeusement modelé et emmailloté dans un petit drap mignon, tu colles ce dernier contre ta poitrine pour le garder bien au chaud. Et c’est à ce moment-là que tu commences à vivre ta nouvelle vie. La vraie.

Le soir, dans ton journal de bord, tu écris que tu recommandes fortement à ceux qui aimeraient tenter l’expérience de ce périple, de ne rien prévoir. De simplement vivre le moment présent, de s’abandonner et d’avoir confiance en ce voyage. Que ce petit guide que tu as collé sur ta poitrine te fournira tout ce dont tu as besoin. Qu’il va t’amener où tu dois aller, qu’il va guider tes pas et te montrer toute la force que tu as à l’intérieur de toi. C’est un peu ésotérique diras-tu.C’est vrai, mais il n’y a pas d’autres façons de le décrire.

Parce que cet aller-simple vers la maternité t’a redonné des ailes. Tu as découvert tellement de choses sur toi-même. Entre autres, que tu es forte, débrouillarde, résiliente et surtout, une bonne maman.

Et au bout du chemin, il y des souvenirs plein la tête, heureux et émouvants. Des images qui défilent de cette merveilleuse promenade dans laquelle tu t’es lancée il y a neuf mois. Un fou rire à propos d’un régurgit de ce petit singe sur ton gilet au moment où tu n’en pouvais plus, des sentiers où, perdue, tu cherchais des indications alors qu’il n’y en avait pas. Des moment inattendus où on t’a offert de l’aide sans que tu le demandes quand tu ne savais pas trop comment t’y prendre.

Puis te prendra une féroce envie de décoller. Encore.

Julie Gagnon
JULIE GAGNON

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