J’ai peur de te perdre, Maman

mother grandma and kid

Maman,

J’ai peur de te voir t’en aller. Je vois le temps qui s’écoule comme un cruel sablier, je te vois essoufflée par le poids des années, je vois le moment fatidique arriver et je suis terrifiée. Comment vais-je faire sans toi ?

Comment pourrai-je passer outre cette envie insoutenable de t’appeler en sachant que tu ne vas pas décrocher? Moi qui te parle à chaque jour, ton absence me pèsera si lourd. Tes conseils, le son de ta voix, ton «je t’aime» avant de raccrocher, comment pourrais-je m’en passer? Les parties de cartes, qui ne seront jamais aussi agréables. Le roast-beef qui ne goûtera plus jamais aussi bon.

Je voudrais que le temps arrête sa course et que tu restes avec moi pour encore cent ans. Je sais que c’est le cycle de la vie, que c’est l’épreuve à laquelle nous devons tous faire face un jour ou l’autre, mais dis-moi maman, comment as-tu fait, toi? Comment as-tu passé à travers tes journée quand ta mère nous a quittés? Où as-tu puisé cette force pour ne pas t’effondrer? Cette force maman, j’ignore si j’en ai hérité, car la seule idée de ton départ me donne envie de pleurer.

Je redoute ce jour qui viendra beaucoup trop vite. Quand papa sera seul sans sa bien-aimée, que ma fille ne pourra plus dessiner avec toi pendant toute la soirée. Et quand moi, maman, je vais perdre cette personne unique qui m’aime comme on ne m’a jamais aimée. Comment suis-je censée m’y résigner?

J’ignore si tu seras là quand ma puce vivra son premier amour, quand mon petit homme décrochera son diplôme ou même quand j’aurai enfin les moyens de me marier. J’ignore si ces moments heureux me laisseront un goût amer car ton absence enveloppera probablement mon coeur.

Je sais qu’il ne faut pas que j’y pense, que je profite du moment car pour l’instant, tu es là. Sache que chaque fois que je te vois, je m’assure de te prendre dans mes bras. De te dire je t’aime le plus souvent possible. De parler de toi avec mes enfants. De leur raconter comment je me collais sur toi en écoutant la télévision quand j’étais petite.

Quand ils sont fiévreux, je dépose ma main sur leur front comme tu le faisais. Chaque jour, je leur démontre la même folie spontanée que tu as su m’inculquer. Car pour moi, c’est ainsi qu’une partie de toi vivra éternellement, maman.

Ton départ sera une épreuve pénible, mais d’ici-là, je savoure chaque instant. Et surtout, je tente et tenterai toujours d’être pour mes enfants, une maman aussi incroyable que tu l’es et l’as toujours été.

Je t’aime maman.

Ta pinotte  adorée

Marie-Jo Sauriol
MARIE-JO SAURIOL

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