Boss, merci de comprendre ce qu’est la conciliation travail-famille

mother changing diaper

Ce matin, pendant que mes collègues se préparaient pour aller au travail, je suis restée dans mon lit collée sur mes trésors encore endormis.

Pendant qu’ils parcouraient les embouteillages enfermés dans leur voiture, j’étais chez moi, en pyjama, à changer une couche, mettre des petits bonhommes à la télé pour ma grande et préparer un biberon pour ma petite dernière.

Pendant que tous se consacraient à leurs tâches, leurs meetings, leurs appels, qu’ils parcouraient les routes pour voir des clients et s’activer pour en faire le plus possible avant la fin de la journée, j’allais faire quelques petites courses et je pliais une brassée en faisant des jeux de rôle pour entertainer mon aînée tout en supervisant sa petite sœur qui jouait à côté.

Puis, quand l’heure du retour à la maison a sonné et que les travailleurs se sont rués dans leur voiture en espérant trouver un détour qui leur sauverait quelques minutes pour arriver plus tôt à la maison auprès de leur famille, j’étais sur le bord du lac à jouer avec mes puces qui s’en donnaient à cœur joie à patauger dans l’eau tout habillées.

Le plus beau là-dedans, c’est que je ne suis pas en vacances; j’ai un employeur qui comprend la réalité des familles d’aujourd’hui.

T’sais, quelqu’un pour qui la conciliation travail-famille, ce n’est pas juste un beau mot qu’on place à quelque part en se disant qu’éventuellement, on étudiera la possibilité de mettre en place des dispositions facilitant la vie des familles. Ce n’est pas un terme qu’il rejette du revers de la main sous prétexte que c’est trop cher, trop compliqué, trop n’importe quoi.

J’ai repris le travail, mais avec un horaire réduit. Je bénéficie encore d’une journée de congé parental hebdomadaire, juste pour être une maman, sans sacrifier mes aspirations professionnelles, mon salaire et ma job pour laquelle j’ai trimé dur. Si certaines mères font le choix de quitter leur emploi pour prendre soin de leurs enfants plus longtemps, qu’elles foncent si c’est ce qui les rend heureuses. Mais soyons honnêtes, cela ne convient pas à toutes. Pas à moi.

Alors, toi, cette grosse boîte pour qui je travaille, je te dis merci. Tu as grandement facilité mon retour au travail. Tu es un créateur de petits bonheurs spontanés, si tu savais.

Reprendre le travail après plusieurs mois à la maison avec un poupon, ce n’est franchement pas évident. En fait, c’est carrément déstabilisant, mais surtout, culpabilisant. C’est se résigner à accélérer la cadence, forcer bébé à suivre et à s’y adapter. Ça écorche un cœur de mère. Le mien, en tout cas. Cette journée, que j’ai l’opportunité de conserver par choix, est un baume sur mon cœur.

Ça n’a rien de parfait. Ce privilège, je ne l’aurai pas indéfiniment, parce que je sais que dans quelques mois, je serai forcée de reprendre mon horaire complet. Puis ce n’est pas sans coût, non! Si je bénéficie d’une journée supplémentaire de répit pour mieux souffler et permettre à mes enfants d’avoir leur maman à leurs côtés, c’est parce que mon homme et moi avons fait des choix : celui du sacrifice d’une journée de salaire. En contrepartie, tous ces moments de petits bonheurs valent assurément plus que ces dollars perdus.

Il me semble qu’il serait temps de comprendre que la conciliation travail-famille, c’est un enjeu pour tous. Un patron à l’écoute des besoins de ses troupes et conscient de leur réalité, c’est un patron qui garde ses employés. Une mère moins stressée, ça fait une employée plus efficace, une mère plus patiente avec ses enfants, plus disponible pour son couple.

Bref, du monde plus heureux.

La Discrète Maman
LA DISCRÈTE MAMAN

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