À toi, mon amie qui ne croit plus à l’amour

lonely woman in bed

À toi, mon amie qui ne croit plus à l’amour,

Il y a longtemps que je cherche les bons mots à te dire.

Au fil de nos conversations et de nos confidences, j’ai senti le chagrin qui t’habitait quand tu mentionnais ta vie amoureuse et la piètre “qualité” de ta liste de prétendants. Nous en avons finalement plus ri qu’autre chose, en se demandant sur quelle sorte de spécimen tu allais encore tomber cette fois, toi qui ne fréquentes pourtant pas les sites de rencontre à la mode.

Tu sais, j’ai parfois cru que tu avais mis ton coeur en muselière, pour l’empêcher de s’ouvrir à l’amour. Que tu tentais de te protéger du mieux que tu le pouvais, écoeurée de te faire prendre pour une valise.

Tu m’as répété, plus d’une fois à la blague, que tu avais un coeur de pierre. Un coeur qui ne pouvait plus et ne voulait plus aimer de nouveau. Comme si tu essayais toi-même de t’en convaincre, ne serait-ce qu’un tout petit peu. Je sais que tu aimerais le croire, mais quand je vois l’amour que tu portes à tes enfants et à ton entourage, permets-moi d’en douter.

Ton coeur ma belle, je crois tu l’as mis volontairement et temporairement hors service. Le temps de prendre une pause, de te recentrer, de te redécouvrir, de te permettre d’être heureuse toute seule et de trouver ta place parmi les « grands ». Et je pense sincèrement que tu as raison de le faire.

Parce que ton coeur, il est meurtri, pour ne pas dire saigné à blanc. Les plasters que tu as tenté de mettre temporairement dessus au fil des mois ne calfeutrent même pas toutes les plaies qu’il a subies durant les dernières années. Parce qu’il faut se le dire, c’est pratiquement une opération à coeur ouvert que tu as vécue dans toute cette histoire et que tu as le droit de vivre ton deuil comme tu l’entends.

Tu as le droit de lui laisser le temps de cicatriser comme il faut. De panser tes blessures et de refaire peau neuve, afin que tu ne doives pas le mettre sur le respirateur artificiel un de ces quatre.

Je sais que ce n’est pas facile. Que les gens qui te regardent aller te disent à quel point tu es forte et invincible. Une lionne qui retombe toujours sur ses pattes, prête à se battre et à défendre ceux qu’elle aime. Moi, je te dis que tu as le droit de les envoyer chier et de pleurer lorsque tu en as envie.

Je veux aussi que tu saches que l’amour sera là quand tu auras envie de lui faire une toute petite place dans ta vie. Et ce n’est pas obligé d’être demain matin. Il cognera probablement à ta porte quand tu t’y en attendras le moins par un doux matin de printemps ou une froide soirée d’hiver. Sous les traits d’un grand blond frisé ou d’un moyen brun à lunettes, qui sait?

Et à ce moment-là, je serai là pour te rappeler à quel point l’amour peut être parfois doux et complice et pas toujours destructeur et dévastateur comme tu en as l’impression en ce moment.

En attendant, je suis là si tu en as besoin.

Véronique Martel
VÉRONIQUE MARTEL

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