Décroche mais raccroche, la mère

woman drink alcohol

ATTENTION : ce texte reflète l’opinion de son auteure et non l’opinion de la plateforme de La Parfaite Maman Cinglante dont le but n’est pas de prendre position mais d’offrir une tribune à toutes les mamans souhaitant faire part de leur vision de la maternité ainsi que de leur expérience personnelle. Par ailleurs, si vous souhaitez écrire un texte en réponse à ce billet, notez que vous pouvez le faire en tout temps et le faire parvenir à collabo@parfaitemamancinglante.com.

Parfois, il est primordial de décrocher pour mieux se raccrocher.

Je te comprends.

Quand la vie s’effondre pour une raison quelconque ou que le maudit karma s’acharne, il est beaucoup plus facile de baisser les bras et de laisser tomber. Chacun a son moyen pour fuir la réalité et il y a des moyens plus sains que d’autres, on s’entend. Il y a des gens qui fuient dans le travail, dans le sport, dans la nourriture ou la drogue. Moi, c’est l’alcool.

Tu sais, on est tous humains. À un moment donné, nos limites apparaissent malgré nous et on pète au frette. Nos responsabilités nous pèsent, la vie devient lourde et l’énergie part en fugue. À ce moment-là, il faut faire des choix, il faut choisir ses combats. Il faut choisir quelles guerres on veut gagner et parfois avec quelles béquilles.

La vie est tellement plus légère quand on est saouls et l’ivresse, parfois, devient ma meilleure amie. C’est le somnifère idéal pour le hamster qui tourne dans ma tête et l’essence parfaite pour le petit diable sur mon épaule. Ma culpabilité permanente de mère s’estompe et je relaxe enfin, je profite du moment présent et je donne un coup de pied aux fesses de ma charge mentale.

Le panier de linge sale disparaît de ma vision, je remets les factures dans la boîte à mail et bien plus souvent qu’autrement, je call du resto, j’achète du déjà prêt ou je pitche une pizza congelée dans le four. Qui, soit dit en passant, comprend tous les groupes alimentaires.

Je joue à l’autruche l’instant d’une soirée et je pense que je possède à nouveau ma liberté d’antan pendant un moment. Je ris, j’ai mal aux abdos, je me lâche lousse et je fais des niaiseries. Je m’assume complètement dans ce monde de je-m’en-foutisme extrême. Au diable les responsabilités, demain est un autre jour. Pompette, tout est beaucoup plus drôle, plus exaltant, plus vivant. Il n’y a plus de tensions dans ton cou; tu t’étires et tu retrouves ta souplesse. Tu ne penses plus aux lunchs à faire, à ta solitude, aux factures qui s’accumulent et à ton char qui fait de drôles bruits. Tu chatouilles ton enfant, tu le trouves beau, tu lui chantes des chansons et tu le combles d’attentions sans l’ombre de tous les pépins d’adultes qui remplissent souvent ta tête.

J’aime me réfugier dans ce monde.

Mais là, c’est assez.

Parce qu’à un moment donné la mère, même si c’est ben le fun de décrocher, faut reprendre sa vie en main. Laisser le bonheur éphémère de côté et miser sur le permanent. Bien souvent, les gens qui boivent n’ont pas un problème avec l’alcool; ils ont un problème avec eux-mêmes.

Et puisqu’on est toujours meilleurs pour conseiller les autres que pour suivre ses propres conseils, laisse-moi t’en donner un. Ce n’est pas en te levant le matin la tête dans le cul que tu vas faire apparaître une baguette magique qui va résoudre tous tes problèmes.

Malheureusement, la vie, ce n’est pas ça. Crois-moi que j’aimerais ça pas à peu près que toutes mes brosses fassent en sorte d’augmenter les probabilités que le bonheur frappe à ma porte pour kidnapper à jamais mes soucis. Mais bon, il faut que je me rende à l’évidence que c’est pas comme ça que ça fonctionne, la vie. J’aurai beau me mettre la tête dans le sable et/ou dans un pichet de sangria pendant des jours, Bell va quand même exiger que je le paye et mon boss va se tanner de mes absences. Ma fille va trouver mon tempérament à la limite de la bipolarité et mon haleine de robine matinale ne rendra pas à sa juste valeur, la qualité de mes bisous et de mes câlins.

On se comprend bien, c’est ici que ça commence. Il faut que j’arrête de chiller sur ma galerie avec le ventre vide et le foie plein. Je pourrais bien continuer de maudire la vie qui est parfois pas pire rude avec moi. Tant et aussi longtemps que je laisserai plus de place aux bouteilles dans mon frigo qu’aux fruits et aux légumes, j’ai pas une mautadite de bonne raison de me plaindre et jouer à la victime.

C’est correct de décrocher, même nécessaire. Mais oublie jamais de raccrocher OK ?

Et si jamais tu as besoin d’aide, sache qu’à la gang de mamans qu’on est, je suis persuadée qu’il y en a plus que tu penses qui vivent la même situation.

Faut nager avant de se noyer,

Arrêter de trop dériver.

Vise ta destination et sors-toi en pour de bon.

Je t’aime la mère. Si je suis capable, tu l’es aussi !

Margaux MacKay
MARGAUX MACKAY

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *