À la maman séparée qui manque d’argent

mother need money

Arrive parfois un moment dans ta vie où tu te lèves seule, un matin, dans ta maison, ton appartement ou ton condo et tu te demandes si tu arriveras à payer le prochain mois à temps, si ton épicerie sera complète et si tu pourras te permettre de faire une ou deux activités avec tes enfants parce que été comme hiver, les activités c’est ben le fun et tes p’tits en méritent. Ils ne connaissent pas l’angoisse constante que tu vis, surtout la nuit et les matins où tu recalcules systématiquement le budget que tu t’obliges à faire et à modifier au quotidien parce que tes gains ne sont pas plus garantis que tes économies.

Ton travail n’est pas stable et malgré l’orgueil, les efforts et l’envie de pouvoir tout gérer comme l’adulte que tu aurais aimé devenir, tu quémandes parfois ou régulièrement de l’argent à tes parents parce que tu veux que tes enfants ne manquent de rien.

La vérité, c’est que c’est pénible.

C’est pénible de ne pas acheter ce que tu veux quand tu en as envie. C’est pénible de devoir te serrer la ceinture sans pouvoir t’appuyer sur quelqu’un. C’est pénible de ne pas pouvoir te coucher le soir sans avoir à penser que le mois sera peut-être serré, mais qu’à deux salaires, deux têtes, deux parents, la vie serait beaucoup moins incertaine.

Tu ne connais pas ça toi, les compris. Réapprendre à vivre et s’organiser seule une fois maman, ça fait mal. On va se le dire, ça fait surtout mal à l’orgueil. Une patente ben plate qui surgit à un moment de ta vie où tu en as déjà trop plein les bras.

Depuis ta séparation, t’en as passé des nuits à douter, à recalculer, à aller naviguer sur internet pour pouvoir soulager ton anxiété. Puis t’en es venue à te comparer. À te trouver particulièrement pauvre, à envier les autres.

Mais le temps est venu de te ressaisir.

Ton compte de banque n’est pas très garni, tu ne peux pas te mettre la tête dans le sable. Mais sans même t’en rendre compte, tu te crées des besoins qui ne sont pas nécessaires.

Décroche des réseaux sociaux. Regarde tes enfants t’aimer et grandir à travers tes sourires. Ça a beaucoup plus de valeur que le dernier jouet à la mode.

Des sorties gratuites, y’en a des tonnes. Des banques alimentaires et quelques achats au Dollarama, le temps de te refaire, c’est loin d’être une honte.

Et malgré ton besoin viscéral d’offrir le mieux à tes enfants, garde-toi les moyens de te récompenser. Parce qu’une maman, ça a le droit de penser à elle.

Ça fait que maintenant, décroche, regarde, admire. Sois fière. T’es rendue là où tu n’aurais jamais pensé aller. T’es serrée mais regarde autour de toi, tout ce que tu as acquis.

Tu es une maman monoparentale, mais tu n’es pas seule. Tes enfants ne manquent de rien. Des sourires et des rires, c’est gratuit et ça remplit davantage le coeur d’amour qu’une journée au parc aquatique.

Julie Beauvais
JULIE BEAUVAIS

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