On ne subit pas ses enfants

tired mother

On ne subit pas ses enfants.

On subit le contrecoup du changement. Parce qu’avant on était deux et maintenant qu’on est trois, le dernier arrivant prend toute la place. Il prend un espace qu’on avait sous-estimé, faute de savoir à quoi s’attendre, faute d’avoir estimé à sa juste valeur l’ampleur de la tâche à venir. Et on se sent dépassé.

On ne subit pas ses enfants.

On subit le contrecoup de la fatigue. Celle d’être réveillé toutes les deux heures par un bébé qui pleure. Celle de ne pas dormir pendant vingt-quatre heures consécutives pour cause de coliques. Celle de moucher des petits nez au milieu de la nuit. Celle de demeurer éveillé à craindre le pire pour ses petits.

On ne subit pas ses enfants.

On subit le contrecoup de la conciliation travail-famille. Cette conciliation qui n’existe pas réellement et qu’on opère seul. En tentant de conjuguer ses heures de travail à sa vie de famille et sa vie de couple, souvent en vain.

On ne subit pas ses enfants.

On subit le contrecoup de la pression sociale. Cette pression qui nous dicte que toutes les sphères de nos vies doivent être arrimées et parfaitement entretenues. Cette pression qui nous rappelle que la parentalité devrait être un bonheur permanent. Cette pression qui nous oblige à accrocher un sourire dans notre visage cerné et à refouler un flot de larmes qui gagneraient à être libérées.

On ne subit pas ses enfants.

On subit le contrecoup de la culpabilité. Celle de faire les choses de la mauvaise façon. Celle d’avoir perdu patience. Celle d’être fatigué. Celle de ne pas être à la hauteur. Celle de se remettre en question à toute heure du jour ou de la nuit parce qu’on tient entre nos mains l’avenir de nos précieux.

On ne subit pas ses enfants.

On subit le contrecoup de ce qu’on s’impose. On se gâche la vie par crainte d’être jugé et à grands coups de lois non écrites. On se refuse quelques heures de repos par nécessité de ranger la maison. On décline l’invitation à une soirée entre adultes pour le bien-être des petits. On s’interdit le droit de lever le drapeau blanc par crainte d’avoir faillit. Et pendant ce temps, ce sont les enfants qui trop souvent subissent.

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