Mon amour, tu n’es plus là et tu ne le seras plus jamais

myriam

0.00003%. C’est le pourcentage de chance qu’une telle chose puisse se produire. On peut même ajouter quelques zéros en considérant que tu n’avais que trente-et-un ans quand ça t’est tombé dessus.

Il y a exactement un mois au moment où j’écris ces lignes, la vie a décidé qu’elle t’arrachait brutalement à nous, sans prévenir, sans nous laisser le temps de nous y préparer. Ton aorte s’est rompue, comme ça, sous mes yeux, sans que je puisse y faire quoi que ce soit. La vie ne t’a laissé aucune chance, et à nous non plus.

Passer à travers chaque journée depuis le 6 juillet me semble être une épreuve insoutenable. Ton départ a créé un vide insupportable, car chaque jour j’ai l’impression que je vais te voir apparaître quelque part, que ce soit sur ton tracteur à gazon trop petit pour toi ou encore en train de franchir la porte du garage avec les mains pleines de je ne sais quelle graisse de moteur d’origine douteuse.

Mais tu n’es plus là et tu ne le seras plus jamais.

Plus jamais je ne sentirai la chaleur de tes bras autour de mon corps. Plus jamais ne sentirai ton souffle si réconfortant dans le creux de mon cou. Plus jamais je ne sentirai de frissons au contact de ta peau sur la mienne. Souvent, quand je me couche le soir, j’ai le sentiment que tu vas venir me serrer fort contre toi, mais je me rend compte presqu’aussitôt que ça n’arrivera pas, et j’ai mal, tellement mal. Parce qu’il n’y a plus qu’un vide immense et des rêves brisés. Un silence terrifiant et une peur constante qui m’habite nuit et jour.

Derrière ma façade de femme forte se terre une amoureuse complètement brisée et une maman qui se sent impuissante et perdue. Une amoureuse qui pleure dans la solitude d’un lit vide de toi chaque soir. Une maman qui souffre de voir son petit garçon parler de son papa sans vraiment comprendre pourquoi il ne pourra plus jamais le revoir. Et la future maman d’un deuxième enfant qui essuie ses larmes à la pensée qu’il ne connaîtra jamais son papa.

Oui, aujourd’hui je trouve que la vie est profondément injuste. En ce moment, la vie me donne l’impression que le bonheur ne dure jamais. Qu’il est éphémère et qu’il ne fait que passer.

Ma seule consolation est d’avoir vécu une relation remplie d’amour avec toi. Parce que malgré tous les problèmes que nous avons pu vivre au fil des années, nous avons toujours eu la certitude que nous nous aimions profondément et intensément et ce, depuis le premier jour. Chaque problème ne faisait que nous rendre plus forts, et ce dont je suis le plus fière de nous, c’est que nous étions capables de communiquer et de faire tout ce qui était en notre pouvoir pour nous améliorer.

Tu étais un papa extraordinaire, qui faisait tout pour me soutenir, même si ça ne cadrait pas toujours avec l’opinion des autres. Tu aimais ton fils comme personne et toi seul savais le consoler comme tu le faisais. Même si je ressens un vide déchirant en moi, jamais je ne regretterai de t’avoir rencontré, car tu m’as laissé le plus beau des cadeaux, notre fils, qui me fait penser à toi tous les jours, et dans une trentaine de semaines, si tout se passe bien, un deuxième enfant issu de toi s’ajoutera à notre famille.

Mon coco, je t’aime tant et ta présence nous manque cruellement chaque jour. Tu resteras à jamais l’amour de ma vie, et tout comme la maman du petit Zack de Saint-Félicien, je vais moi aussi me battre pour que notre deuxième enfant puisse porter ton nom et pour que ta paternité soit reconnue malgré ton départ beaucoup trop précipité.

Nous t’aimerons à jamais,

Myriam et Noah


À toi qui lis ce texte aujourd’hui et qui as la chance incroyable d’avoir encore un conjoint à tes côtés, prends le temps de lui dire je t’aime à chaque jour, on ne sait jamais quand ce sera le dernier, même quand on est jeune. Prenez le temps d’essayer de vous parler et de trouver des solutions à vos problèmes quand vous en avez. Je sais très bien que ce n’est pas toujours facile et que parfois la seule solution est la séparation, mais au moins vous aurez essayé. Mon but n’est pas de te dire de fermer les yeux sur vos problèmes en prétextant que toi au moins ton conjoint est en vie, mais plutôt de te pousser à essayer de faire tout ce qui est en ton pouvoir pour améliorer les choses, pour votre bien et celui de vos enfants, et ce, même si la solution ultime est de continuer à faire les choses chacun de votre côté. Aujourd’hui, je préférerais cent fois mieux dealer avec un problème avec mon conjoint que de devoir dealer avec le souvenir de son corps inerte dans notre lit, une image qui restera profondément ancrée en moi pour le restant de ma vie.

La Collaboratrice Spotanée
LA COLLABORATRICE SPONTANÉE

8 thoughts on “Mon amour, tu n’es plus là et tu ne le seras plus jamais

  1. Claudia-Lise Lévesque Répondre

    Chère Myriam, je veux que tu saches que tu n’es pas seule….je vis sensiblement le même drame que toi…mon conjoint des presques 20 dernières années est décédé subitement le 26 mai dernier aux courses à St Eugène de l’adrière….à 43 ans d’un infarctus du myocarde….si jamais tu souhaites me parler je suis là pour toi on peut même se rencontrer si tu le désires….bon courage et au plaisir de se rencontrer et discuter un de ses jours…..Amicalement Claudia-Lise Lėvesque xxx

    1. Marie Christine Répondre

      Bonjour , j’ai aussi perdu mon mari en 2012 après 17 ans de vie commune .. il avait 42 ans et moi 34.. mes filles avaient 5 et 8 ans … j’ai longtemps essayé de discuter avec une personne qui avait vécu ça mais je n’ai jamais trouvé .. je suis là si vous avez envie de parler …?

  2. gagnon isabelle Répondre

    jai perdu mon Doumy le 7 juin alors quil partait a son cours pratique de moto… nous sommes de st-felicien.

    tres HARD la vie. nous nous étions connu a 17 ans et nous venions de célébré nos 7 ans de mariage le 7 mai. il allait avoir 42 ans en juin.

    nous avons eu 2 kids et le troisièmes on ny travaillait depuis un ans en fertilité. on attendais mon cycle pour recommencer. je suis mère biologique de 6 enfant et très monoparentale dans mon combat de vie. car y’a des papa qui savent pas se tenir debout.

    courage a TOI

  3. Dominique Lapierre Répondre

    Chère Myriam, J’ai beaucoup de peine pour toi, ton fils et l’enfant à naître. Ça prenait beaucoup de courage pour écrire ces mots publiquement. Mon amoureux est décédé d’un AVC le 4 janvier dernier à 29 ans alors que notre 2e garçon avait 2 semaines. Et comme la vie continue malgré l’inacceptable, je te partage ce qui m’a aidé depuis les derniers mois : être entourée, dire oui à toute l’aide offerte – au delà de toute fierté personnelle, et essayer de vivre la vie le plus normalement possible (avec nos valeurs, les traditions que nous aimions, etc.). Ce dernier conseil est celui d’un papa avec lequel j’ai échangé qui avait perdu son amoureuse dans un accident de motoneige et restait avec 2 jeunes enfants aussi. Il a fait du sens pour moi au fil des mois. Deuil-Jeunesse est également une excellente ressource pour aider ton réseau et toi à accompagner tes enfants (si jamais tu ne connais pas déjà). Àl’instar de Claudia-Lise, je demeure disponible si tu ressens le besoin de parler au moment opportun pour toi. Une journée à la fois. Parfois même une respiration à la fois. Bon courage, Dominique

  4. Marjo Répondre

    Wow on dirait que c’est moi qui a écrit le text j’ai perdu moi aussi le 7 juillet dernier l’amour de ma vie dans un accident de moto ça faisait 13 ans que nous étions ensemble. Il me manque a chaque jour. En plus de sa perte j’ai perdu mes 2 chiens de 10 ans a 2 mois dintervale. J’ai perdu ma famille au grand complet je me retrouve avec une maison vide…. je comprend ta souffrance et me demande si un jour elle sera moin vive. J’ai le coeur briser en mille morceaux. Tous me dise qu’avec le temps sa sera moin pire mais je me demande si je serai encore capable d’aimer quelqu’un autant que lui cetais l’amour de ma vie et on en a juste un……

  5. Janie Répondre

    Bonjour à toi et nous tous maman sans conjoint et nos enfants sans leur papa.

    Difficile de lire ceci sans me rappeler ce que j’ai vécu il y a 18 mois rupture la valve mitrale ici. J’étais enceinte de ma 2e a 39 semaines de grossesse….. tu peux m’écrire avec plaisir puisque l’union fait la force….. comme nous étions conjoint de fait depuis 7 ans et qu’il n’a pas pu signer l’acte de naissance Beatrice ne pouvais pas porter son nom contrairement à mon fils!! Frustration colère nous sommes allés en cours pour faire reconnaître la paternité de fred…..
    Janie

  6. Judith Répondre

    Oh… Quel texte touchant… 🙁
    Vous êtes très forte de mettre ces mots sir ce que vous vivez…
    Merci de nous rappeller l’éphémérité de la vie…
    Je vois souhaite bon courage et continuer d’écrire… C’est une arme redoutable contre les moments plis difficiles…
    Paix et amour vers vous.. Xox

  7. Mei Répondre

    Chère Myriam,
    Je suis impressionnée par votre force de pouvoir écrire ce texte où vous arrivez déjà à extraire le positif de votre vie avec votre mari, alors que votre drame ne date que d’il y a 1 mois.
    J’ai perdu mon mari en janvier dernier des suites d’une maladie. Il avait 38 ans, et nos deux fils avaient 18 mois et 4 ans. Cela fait donc 7 mois, et je n’arrive toujours pas à relativiser, et à admettre que bien sûr, il y eu du positif dans toute cette histoire, parce que nous nous aimions, et surtout nous nous respections. Nous étions mariés depuis 7 ans.. les 7 ans fatidiques, mais nous étions en couple depuis 15 ans.
    Bref, tout ça pour dire que c’est une force de pouvoir juger votre histoire comme vous le faites.
    Mes amitiés de l’autre côté de l’Atlantique.

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