Mon ex, j’ai peur que nous nous soyons trompés

man woman side by side

Un bel avenir se dessine maintenant devant moi. Une histoire d’amour que beaucoup jalouseraient avec un homme qui m’offre une vie de princesse. Il déambule dans ma vie en m’offrant son authenticité et ses belles valeurs sur un plateau d’argent et en me donnant envie de sauter à pieds joints dans l’aventure de notre futur joyeux. Une partie de moi voudrait courir vers lui les bras grand ouverts, la tête pleine de rêves et le cœur vide de peines à combler. Tu sais, l’innocence d’un amour léger. Mais il faut que je te le dise… J’ai peur.

J’ai peur de me relancer dans une vie amoureuse avec tout ce que ça implique; l’engagement, la maison, les enfants et le compte conjoint. J’ai peur de me garrocher là-dedans avec une naïveté qui m’a jadis habitée et qui m’a fait énormément souffrir. J’ai peur de ce qui pourrait me faire du mal et de ce qui pourrait me faire du bien car avec toi, j’ai parfois eu la vive impression que dans le fond, tout est éphémère, et surtout, que la course aux idéaux est bien plus palpitante que la réalité.

Mais surtout, j’ai peur de donner la place que tu occupes dans mon cœur à quelqu’un d’autre, même si c’est toi qui as voulu la quitter. J’ai l’impression que ça fasse en sorte de tourner la page définitivement sur notre histoire et que ça marque la fin de mon deuil.

Ai-je vraiment réussi ? Est-ce que mon deuil est vraiment fait ?

Je doute. Je doute de ce qui ce passe dans mon cœur, de ce que je pense dans ma tête et de ce qui vibre dans mon corps car même si j’ai les yeux secs, le cœur reconstruit et qu’un semblant de paix intérieure m’habite, il y a des jours où je doute de ma réelle guérison parce que j’ai le sentiment que tu resteras à jamais l’amour de ma vie. Toi, le père de mon enfant.

Quand je regarde notre fille qui, malgré qu’elle soit ma copie conforme, te ressemble beaucoup aussi, je ne peux m’empêcher de penser à toi, à nous, à ce que notre vie aurait pu être. Je m’imagine tous ces matins où on aurait pu la chatouiller dans notre lit au lever du soleil, tous ces soirs où nos voix auraient pu s’alterner pendant l’histoire d’avant dodo et toutes ces premières fois qu’on aurait pu vivre ensemble au lieu de se les partager par textos. Je trouve ça triste.

Je trouve ça triste et stupide à la fois parce qu’avouons-le,  on s’est carrément fait avoir. On s’est laissé piéger dans le monde des parents qui s’oublient et on s’est jetés, tout simplement. On a abandonné le combat car on a pensé que si une guerre se présentait devant nous, il devait y avoir une raison. On s’est malheureusement dit qu’on n’était pas fait pour combattre ensemble et on a battu en retraite.

Et si nous n’étions tout simplement pas assez armés dans le temps ? Et si  nous étions prêts au combat maintenant ?

Je suis si fière du chemin que nous avons parcouru, de nos victoires et des leçons qu’on a apprises depuis que nous avons pris du temps pour soi chacun de notre côté. Mais parfois, je me demande si ce n’était pas qu’un passage obligé. Et si on avait seulement eu besoin de cheminer ainsi, chacun sur notre route, pour mieux se retrouver, pour mieux s’aimer?

Est-ce ce que ce doute t’habite aussi, faisant parfois naître en toi des regrets ? Toi, qui es si combattant et qui en général, n’abandonnes jamais.

Je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi lorsque j’étais si fragile, je m’étais résignée à notre défaite alors qu’en ce moment, maintenant que je me sens forte et que je me sens prête, l’idée de te dire adieu ne me plaît plus. Comme si mon cœur me disait de ne pas faire ça, de ne pas l’accepter. Comme s’il me poussait à me dépasser afin de tenter une dernière fois.

Veux-tu bien me dire pourquoi, à ce stade de ma vie, tu t’imposes à nouveau dans mon cœur, dans ma tête, dans mes rêves et mes fantasmes? Pourquoi, mon corps et mon être tout entiers vibrent quand mes yeux croisent les tiens?

Maudit que t’es beau et que tu m’énerves.

Maudit que je t’aime et que je m’ennuie.

J’ai peur, peur qu’on se soit trompés, peur de regretter et surtout peur de te quitter. Définitivement.

J’ai besoin de ta bénédiction ou que tu me retiennes pour de bon.

Si quelqu’un s’oppose à cette union, qu’il parle maintenant ou se taise à jamais.

Margaux MacKay
MARGAUX MACKAY

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