Ma maison est sale; ouin pis ?

little kid in messy living room

Ma maison est sale; ouin pis ?

Je ne suis pas une bonne petite femme au foyer. J’ai essayé et j’ai échoué. Je ne retire aucun plaisir, sous zéro dans l’échelle de la satisfaction, de voir mes planchers qui shinent ou de constater que mon panier à linge est vide. Le chaos est constant dans ma maison et j’aime ça comme ça.

Dans une maison qui frôle la perfection, je vis un profond malaise et j’ai peur de bouger. Je paralyse devant le trop-plein de propreté, je peine à respirer quand ça sent le Pine Sol à plein nez et je m’abstiens de vivre, tout simplement, de peur de salir quelque chose et de détruire le si beau travail d’une ménagère hors-pair.

Ma maison est sale; ouin pis ?

J’ai lâché prise, il y a longtemps, sur ma guerre sans fin contre les graines sous la table et les taches sur le divan. Parfois, je retrouve des trucs que je croyais perdus à jamais sous mon divan ou dans ses craques; ça fait de jolies surprises à ma fille lorsqu’on décide de faire une cabane avec les coussins du divan et qu’elle retrouve la bouche pis un bras de Madame Patate. Pas compliqué, on se croirait à Noël sans avoir dépensé une cenne.

J’ai aussi le lâcher-prise facile pour tout ce qui concerne le ramassage au fur et à mesure que ce soit pour la sauce à spaghetti qui revole sur mon poêle ou pour les bas sales que ma fille laisse traîner partout. Et pour ce qui est des bas, mieux vaut ne pas en mettre des blancs si tu viens chez nous; tu risques d’être déçue de voir qu’ils ne resteront pas immaculés ben ben longtemps parce que sur mon plancher, il doit y avoir l’équivalent du contenu d’un bac à sable de graines et de cinquante têtes de Barbies en cheveux. Ma balayeuse et ma moppe se jasent en tête-à-tête depuis belle lurette dans mon garde-manger pis je vis bien avec ça parce que chez nous, je ne passe pas mon temps à crier “Enlève tes souliers!!” avec une face traumatisée.

Ma maison est sale; ouin pis ?

Quand je m’habille le matin, il m’arrive de ramaser un t-shirt parterre et de l’analyser pour savoir s’il est présentable ou non.  Si oui, je me le mets sur le dos et sinon, je risque de le réanalyser dans une couple de jours.

Dans la chambre de ma fille, ce sont ses nombreux jouets qui jonchent sur le plancher, mais elle se réjouit de la course à obstacles qu’elle doit parcourir pour atteindre son lit et elle développe son autonomie car tous ses jouets sont à portée de main, par terre. Style Montessori non? Son lit est défait en permanence aussi, ben plus facile et rapide de se coucher le soir et semblerait-il que c’est parfait pour limiter la prolifération des acariens.

Ma maison est sale; ouin pis ?

Ici, pas le temps de niaiser. Je pêche ma tasse propre à même le lave-vaisselle et je garroche la sale dans l’évier. One shot deal pour le remplir et pas de temps perdu à le vider. Voilà au moins une chose que je fais au fur et à mesure.

Ici, ma fille a le droit de manger un popsicle dans sa chambre, d’éclabousser le plancher de la salle de bain, de m’aider à faire à manger et de jouer avec de la pâte à modeler à même le plancher. Crois-tu qu’elle est malheureuse?

Ici, quand ma fille requiert mon attention pour se désennuyer, je ne suis pas occupée à faire le ménage. On saute dans le lit, on fait des courses à quatre pattes, on donne de la vraie nourriture à ses poupées et on vit pleinement.

Ma maison est sale; ouin pis ?

Je préfère et de loin, que ma fille vive sa vie d’enfant, avec tout l’amour et l’attention qu’elle mérite, en faisant des accidents, des dégâts et en scrapant ses vêtements plutôt de l’obliger à se métamorphoser en bibelot au toupet aussi lisse que son collet de chemise et de l’obliger à stopper toute activité pour manger sa collation.

Le ménage, selon moi, c’est une cause perdue. Il est toujours à recommencer, jour après jour, sans jamais en voir la fin et je préfère mettre mes énergies dans quelque chose qui en vaut vraiment la peine.

En plus, quand il pleut, je ne me casse pas la tête pour trouver une activité à faire.  Journée ménage au planning et tu sais quoi? Ma fille et moi, on adore ça. C’est la préposée au porte-poussière, la commis au classement du linge propre et la spouish-spouisheuse de première ligne du Windex. On se creuse les méninges pour rassembler les bas semblables et on devient magiciennes en faisant disparaître les taches ici et là. Ça nous occupe toute la journée pis on a du fun. On rend le tout intéressant, amusant. C’est pas une corvée qui nous pèse, mais une joie qui nous allège jusqu’à la prochaine journée pluvieuse.

Ma maison est sale; ouin pis ?

Ma fierté, c’est notre bonheur, pas ma maison.

Crédit : Anna Nahabed/Shutterstock.com
Margaux MacKay
MARGAUX MACKAY

7 thoughts on “Ma maison est sale; ouin pis ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *