Les maudites campagnes de financement de tes p’tits

happy kid ask for money

Quand tu as inscrit tes p’tits à la gymnastique, à la natation et à un cours de guitare, tu as calculé que c’était un bon investissement.  D’un bord, tu payais un montant relativement raisonnable et ton p’tit s’amusait une heure de temps dans sa semaine sans toi.  De l’autre bord,  tu te retrouvais libre comme l’air le temps dudit cours, lousse pour aller faire ton épicerie.  C’était et c’est un bon deal. Le seul problème, c’est que l’on avait oublié de te parler d’un petit détail : les campagnes de financement.

La première fois qu’on te réclame soixante piastres en échange d’une boîte de palettes de chocolat que tu devras revendre à trois dollars chaque, tu te dis que y’a rien là.  Tu trouves même ça cute pis tu pars avec ton p’tit de quatre ans. Au mieux, tu lances un call sur les réseaux sociaux pis tu as déjà les trois quarts de ta boîte de vendus.  Au pire, t’as pas d’amis amateurs de chocolat, alors motivée, tu arpentes le quartier pour vendre les vingt chocolats avec ton petit qui fait son petit discours chaque fois qu’une porte ouvre tel un petit animal de cirque…  Le monde trouve ça ben cute pis mignon alors en moins d’une heure, tu viens de rentrer dans ton argent.

Quand ton petit deuxième commence lui aussi à faire une quelconque activité, tu avais déjà presqu’oublié ton expérience de vente itinérante tellement l’expérience était digne du pays des licornes.  C’est encore pas si pire.  Lui, il vend des brosses à dents alors tu retournes voir ta gang à la dent sucrée pis en moins de vingt minutes, tu as vendu tes quinze brosses à dents d’enfants pis les douze d’adultes.  Facile les campagnes de financement, amenez-moi s’en que tu te dis bien naïvement.

Et puis arrive l’école qui demande de vendre des bébelles dans un catalogue à recevoir dans trois ou quatre semaines.  En gros, tu vends du stock que le monde ne voit pas en vrai avant de commander.  Une chandelle odorante à la fleur de pommier japonais (ça sent quoi, on ne sait pas, mais ça doit sentir bon, t’sais!), un sac de 123g de chocolat noir à six dollars (ça fait combien ça à côté de la palette à trois piastres du début ?).  On oublie le porte-à-porte dans ce genre de deal : pas facile de vendre du «vous me payer drette-là, mais vous recevrez dans quatre semaines».  Au bout de quatre semaines, tu dois refaire le tour du monde pour distribuer la chandelle qui pue finalement pis le mini sac de chocolat parce que cent-vingt-trois grammes, c’est pas grand-chose pour 6$.  Bonne chance pour retrouver des poissons la deuxième et la troisième année de cette belle levée de fonds.

C’est juste après avoir terminé ta distribution de la campagne précédente que tu te retrouves à vendre des oranges à la caisse pour l’équipe de natation de ton plus vieux… Mais t’sais, cette année en Floride, il a neigé alors tes oranges que tu as vendues à ton entraîneur pis à ta chum, ben elles sont pas mangeables.

Pis là, pour financer la rénovation de l’équipement de soccer, tu vends du pain congelé. Ouais, à cinq piastres la petite baguette, tu as peur de te faire poursuivre pour cartel de pain.  Mais ça, c’est un détail, parce que là, juste au moment où tu penses que tu es libérée de toutes les maudites campagnes de financement, on te demande d’aller faire encore la tournée “juste de l’entourage proche” pour le bouge-o-thon de l’école.  Essaye de vendre ça toi : «Tu me donnes cinq dollars pour que mon enfant bouge pendant une heure dans le gym, l’argent va à l’école pour faire des affaires là, des activités de fin d’année là».

Alors au bout de trois ou quatre ans à vivre ce genre de frustrations, tu as presque le goût de dire “bon là, chargez-moi quarante-cinq piastres par inscription pis on en parle plus des %&@$#% de campagnes de financement, pis ajoute donc un 20$ de plus pour le p’tit qui n’a pas les moyens de payer tout ça.”

La p'tite mère
LA P'TITE MÈRE

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