À la maman d’aujourd’hui de la part d’une maman des années 80

mother 80s

Chère maman d’aujourd’hui,

J’ai décidé de t’écrire parce que je te regarde aller depuis un bon moment. À chercher à toujours faire plus ou mieux, j’ai souvent l’impression que tu te diriges droit dans un mur et j’ai peur pour toi.

Quand mes enfants étaient jeunes, ils ne mangeaient pas trois repas santé par jour. Je m’assurais d’introduire des légumes dans la plupart d’entre eux, mais il arrivait régulièrement que les soupers de semaine se terminent en spaghetti et en pizza congelée. Aujourd’hui, mes enfants mangent sainement la plupart du temps.

Toi, maman, pourquoi passes-tu des heures à dresser des menus Pinterest contenant systématiquement les quatre groupes alimentaires et à cuisiner des repas en quarante-six étapes faciles alors que tu as constamment l’impression d’être au bout du rouleau ?

Quand mes enfants étaient jeunes, ils mangeait ce que je leur servais. Tout le monde avait ses goûts, mais tout le monde vivait avec le fait que c’est moi qui cuisinais et qui payais l’épicerie. Il n’est jamais venu à l’esprit d’aucun de mes enfants de se buter à un repas sans quoi ils savaient très bien qu’ils passeraient en dessous de la table jusqu’au repas suivant.

Toi, maman, pourquoi t’évertues-tu à ce point à faire plaisir à tout le monde en préparant quatre soupers différents alors que tu as constamment l’impression d’être au bout du rouleau ?

Quand mes enfants étaient jeunes, ils n’étaient pas inscrits à trente-deux cours. L’été, je ne les inscrivais nulle part. J’avais pour mon dire qu’on courait déjà assez toute l’année sans en rajouter une couche pendant les vacances et je n’avais pas envie de m’imposer de sorties obligatoires les soirs de semaine. Le soir venu, je préférais regarder les enfants courir dans le gazon en terminant mon verre de vin. Aujourd’hui, malgré le congé que je me suis permis étant jeune maman, mes enfants sont en santé et ils aiment bouger.

Toi, maman, pourquoi tu t’imposes-tu une multitude de cours en semaine alors alors que tu as constamment l’impression d’être au bout du rouleau ?

Quand mes enfants étaient jeunes, je ne me levais pas en même temps qu’eux les jours de congé. Dès qu’ils ont eu l’âge d’attraper la manette de la télévision et de se servir un bol de céréales, j’ai cessé de me lever aux aurores. Aujourd’hui, ils me rappellent régulièrement à quel point ils aimaient grignoter devant les premiers comiques du matin avec leur doudou et leurs toutous dans l’attente de mon réveil.

Toi, maman, pourquoi te lèves-tu toujours en même temps que tes petits, même quand tu aurais clairement besoin d’une heure ou deux de sommeil de plus ?

Quand mes enfants étaient jeunes, je ne passais pas ma journée à jouer avec eux. J’étais disponible s’ils avaient besoin de moi, je jouais au Monopoly et je dessinais parfois pendant quelques minutes. Mais je ne passais pas des heures à habiller des Barbies et à jouer dehors avec mes petits. Aujourd’hui, j’ai une très belle relation avec eux et aucun d’entre eux ne m’a jamais reproché de ne pas avoir suffisamment joué avec eux.

Toi, maman, pourquoi tu t’accroupis à quatre pattes pour jouer aux voitures quand tu as le dos barré et tu te sens coupable de refuser une sortie au parc à tes enfants alors que tu n’as plus une once d’énergie et dangereusement besoin de repos ?

Quand mes enfants étaient jeunes, ils étaient régulièrement punis. Quand ils faisaient un mauvais coup, ils devaient aller faire leur temps dans leur chambre. Je leur expliquais le pourquoi de la punition, mais je ne me perdais pas dans les explications. Avec le temps, ils ont bien compris les limites à ne pas franchir et maintenant grands, ils ont aussi appris à respecter les limites des autres.

Toi, maman, pourquoi lis-tu un quarante-huitième livre sur l’éducation des enfants en continuant de douter de toi-même ?

Quand mes enfants étaient jeunes, je les faisais garder par leur grand-mère. J’avais besoin de temps en amoureux. J’avais besoin de temps pour moi. Et mes enfants étaient toujours heureux d’aller chez leurs grands-parents. Il n’était pas question d’abandon ou de négligence, mais simplement de savoir prendre du temps pour soi. Aujourd’hui, à leur tour, mes enfants maintenant parents prennent régulièrement du temps pour eux.

Toi, maman, pourquoi te sens-tu si coupable de faire garder tes enfants pour prendre du temps pour toi ?

Quand mes enfants étaient jeunes, je ne passais pas mon temps à me demander si j’étais une bonne mère. Je me remettais parfois en question et je m’assurais de leur transmettre les bonnes valeurs. Mais je me faisais confiance et je faisais confiance à la vie.

Toi, maman, pourquoi ne te fais-tu pas confiance ?

Chère maman d’aujourd’hui, ne crois pas que je prétends savoir mieux que toi comment jouer le rôle de mère; chacune d’entre nous doit faire les choses à sa façon pour se sentir bien et être heureuse dans sa maternité. Je t’invite seulement à revoir les attentes démesurées que tu as envers toi-même pour que ta vie de maman soit plus douce.

Crédit : Elzbieta Sekowska/Shutterstock.com
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