Tes cafés frettes ou les 492 choses que tu mets de côté pour prendre soin de tes p’tits

coffee in microwave

Depuis des milliards d’années, c’est-à-dire depuis que t’as mis bas, tu passes le plus clair de tes jours à boire ton café frette. Tu mets ta tasse de côté, tu fais les lunchs, tu donnes le boire, tu cuisines, tu fais la lulu de l’une pendant que tu beurres la toast de l’autre – name it… Bref, t’es TOUJOURS dans le jus, peu importe le moment ou la tâche à effectuer. Tu finis par oublier ton café, mis quarante-douze fois au four à micro-ondes, ou tu te résignes à le boire frette, c’est selon.

Mais, on s’entend pour dire que le café frette de ton quotidien ne se résume pas à cette boisson chaude et divine qui te redonne un semblant d’air humain.  Au même titre que ton café, plusieurs choses, shame on ta vie de maman, finissent par devenir frettes en mosus (à part la nourriture, bien évidemment). Énorme est le nombre de facettes de ta personnalité, de loisirs et autres cossins de ton quotidien qui sont devenues frettes, au fil du temps.

En haut de ta liste de “cafés frettes” de ta vie trône ta libido. Elle passe par plusieurs températures, de tiède à congelée, au gré de ton humeur pis de celle de tes p’tits.  Rarement chaude, et oh! jamais bouillante, elle aussi devrait se vendre en caisse de douze au Costco, aller au lave-vaisselle et se réchauffer au micro-ondes. Paraît-il que sa présence se refera sentir suite au vieillissement de ta progéniture. Une telle affirmation n’a pourtant jamais été scientifiquement prouvée, tout comme l’existence d’une contrée appelée Théorie et les grands sages Ils Disent et Y Paraît.

Dans ta maison, plusieurs choses sont devenues tes “cafés frettes”. Premièrement, pensons à ton beau divan, la mère.  Tu dois avouer qu’il sert pas mal – pour plier du linge, pour recevoir le popotin de tes bambins, leurs jouets respectifs et vos animaux de compagnie, pour ne citer que quelques exemples. Bref, c’est toi qui as déplié les dollars pour vous le procurer, mais tu ne te rappelles pas le jour où tes fesses ont pu en profiter. Et que dire des dizaines de beaux romans et de ta collection de DVDs qui ramassent la poussière sur  décorent ton étagère du salon? Si tu tends bien l’oreille, tu vas les entendre se moquer de toi solidement, toi la femme qui jadis pensait naïvement que les mots “congé” et “maternité” pouvaient réellement aller dans la même phrase…  Pis ta garde-robe, comment se porte-t-elle, elle? C’est fou ce que notre quantité de beau linge est inversement proportionnelle à notre âge!

Et que dire de ton physique? Ton p’tit mou, ta face plissée et cernée, tes cheveux gras-pis-pas-teindus – tant de facettes de ton corps que tu évites de regarder dans le miroir, tu ne trouves pas? Plus souvent (est-ce possible?) que ton café, ton beachbody a définitivement été mis de côté, oublié, négligé, relégué aux boules à mites. Peut-être que tout ça a un lien avec le fait que ton babybrain a oublié la présence de ton tapis de yoga, tes espadrilles de course et (insérer ici un éclat de rire démoniaque) ton exerciseur elliptique. Plus frettes que ton café, ils sont en train de moisir dans un coin sombre.

Le dernier – et non le moindre- “café frette” de ta liste est indubitablement ton temps de qualité avec un humain capable d’enligner plusieurs syllabes/mots/phrases intelligibles qui ne se terminent pas par un point d’interrogation. Au cas où tu aurais oublié, ça s’appelle un chum, une amie, des collègues. Ils sont congelés eux-autres aussi, comme ton pif dehors à -40 en plein mois de janvier. La dernière fois que tu les as vus, ces êtres de plus de cinq pieds, tu as dû utiliser un téléphone à roulette, il me semble. Puis, quand tu as re-tentativé, ta mère faisait chantonner la ligne en essayant de se connecter sur les Zinternets. Ouin, ça fait un boutte, hein?

Le moins qu’on puisse dire, c’est que plusieurs choses sont devenues frettes depuis que tu es devenue maman, sans parler de ton café. Par contre, tes enfants, eux, sont au chaud, bien couvés, tout en haut de ta liste de priorités. Ta marmaille ne manque de rien, grâce à toi, chère maman, car tu t’occupes de chacun de leurs mille et un besoins. Mais toi, comment vas-tu? Dans ta quête interminable et inatteignable de la maternité à paillettes, tu te dois de vivre ta vie de femme imparfaite. Et n’oublie jamais que rien ne t’oblige à toujours boire ton café frette

Lysiane Beaubien
LYSIANE BEAUBIEN

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