Mon amie, je n’aime pas ton enfant

woman fed up

ATTENTION : ce texte reflète l’opinion de son auteure et non l’opinion de la plateforme de La Parfaite Maman Cinglante dont le but n’est pas de prendre position mais d’offrir une tribune à toutes les mamans souhaitant faire part de leur vision de la maternité ainsi que de leur expérience personnelle. Par ailleurs, si vous souhaitez écrire un texte en réponse à ce billet, notez que vous pouvez le faire en tout temps et le faire parvenir à collabo@parfaitemamancinglante.com.

Mon amie,

Tu sais que je t’aime et je le sais que tu m’aimes, mais là, on va être honnêtes : je t’aimais pas mal mieux quand t’avais pas d’enfants. Ou, à tout le moins, quand ton plus vieux n’était pas encore au monde. Je sais que c’est vraiment ordinaire, mais c’est la réalité.

Tu te rappelles quand on était enceintes en même temps?  Quand on disait que nos enfants allaient s’amuser ensemble, devenir amoureux, se marier et ajouter des branches à nos arbres généalogiques respectifs? Ben tu peux oublier ça tout de suite parce que c’est sûr et certain que je ne laisserai jamais ma fille toucher à ton gars et l’inverse est tout aussi vrai.

Tu sais, j’en ai des enfants moi aussi, alors je suis très capable de comprendre que la vie avec des enfants, ça a des hauts et des bas et que, parfois, les enfants sont un peu “ingérables”. Mais quand je vois le tien hurler sa vie pour pas de raison, pousser mes enfants, les frapper, être désagréable avec eux, ben disons que ça m’enlève assez brutalement le goût de passer du temps en famille avec vous autres.

Quand ça fait trois fois que mon plus grand se plaint que ton gars lui a sacré la puck dans la face et que ton morveux fait ses yeux de merlan frit en disant “J’ai pas fait exprès-euh”,  je m’attendrais à une autre réaction de ta part qu’un commentaire du genre : “Heille, tes enfants passent donc ben de temps à rapporter les mauvais coups des autres” ou à une petite réprimande du genre : “Tu le referas pu, hen mon grand?”.

Quand je regarde ton gars débarquer dans une pièce en hurlant sa vie parce que c’est comme ça qu’il vit lui, en criant, je me dis que le bon Dieu m’a envoyé les enfants que j’étais capable d’endurer. Moi, du hurlage de type “death metal” comme ça du matin jusqu’au soir, c’est sûr que ça me ferait faire de la haute pression à un niveau qui représenterait un danger pour ma survie.

Là, je le sais que tu es partagée entre l’envie de me cracher au visage et l’envie de te mettre à pleurer.

Parce que dans le fond, je le sais bien que tu aimerais que ton gars ait de meilleures habiletés sociales, qu’il soit plus facile à côtoyer. Je le sais bien que derrière tes réprimandes molles ou tes reproches au sujet de mes propres enfants se cache une fatigue, un épuisement que je ne peux même pas imaginer.

Je me rappelle de ton œil au beurre noir, causé par ton gars qui, au plus profond d’une crise il y a quelques années, t’avait sacré un coup de tête dans la face.  Je le sais que tu as peur de lui parfois, je le sais que l’absence de contrôle qu’il a sur ses émotions et sur ses réactions te dépasse.

Va chercher de l’aide, c’est aussi important pour toi que pour lui.

Je le sais, que c’est difficile à entendre, mais sois sûre d’une chose, c’est aussi difficile pour moi de te le dire que ce l’est pour toi de l’entendre. L’éducation des enfants, c’est un sujet très sensible et c’est d’autant plus difficile d’en parler avec quelqu’un de qui on est proche.

Je ne veux pas perdre notre amitié.  Je t’aime, mon amie.

 

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

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