Je suis une “loisirs-mom”

soccer mom

Je savais qu’en ayant des enfants, je risquais de me geler le cul sur un banc de patinoire. Que j’écouterais des cris et regarderais des enfants faire des figures maladroites dans un gymnase. Que la fin de semaine, je me lèverais avant le soleil pour traîner des petits corps récalcitrants dans une piscine ou sur un terrain de soccer.

J’avais prévu les parents trop intenses qui n’ont pas compris que c’est un loisir, pas une carrière olympique.  Le froid glacial ou les matins de pluie qui n’empêchent pas le précieux tournoi d’avoir lieu. Les déceptions liées aux défaites, les achats de matériel et d’équipements, le voyagement un peu partout.

Encourager nos enfants à avoir des loisirs et s’assurer qu’ils seront encadrés dans leur pratique, dans le dosage de ceux-ci a toujours été un incontournable pour moi. Leur permettre d’avoir un endroit où sortir le trop-plein, se dépasser, nourrir des valeurs qui leur seront propres et s’assurer que tout cela reste sain est important pour moi et c’est ce devoir que j’accomplis, derrière le café que je bois et le livre que je lis sur le banc d’estrade. Là, toujours vigilante.

Être une “loisirs-mom” venait avec son lot de responsabilités, c’était une évidence. Et même si cela reste un choix, c’était un choix important pour moi et pour mes enfants. Mais malgré tout, j’avais sous-estimé quelques points que je trouve franchement plus positifs que prévu.

L’une des premières choses qui m’a étonnée, ce sont ces parents, tous ces autres parents avec qui je développe des  liens. Des amies qui me suivent au-delà du sport ou de l’activité de loisir avec qui je peux échanger sur plusieurs sujets dont celui d’être parent.  Aller au karaté regarder mon fils est maintenant une thérapie, un moment où je peux déconner, être comprise en compagnie de mamans formidables.  J’ai maintenant des amies sincères qui vivent une réalité qui ressemble à la mienne. Comme une petite communauté qui se supporte et qui supporte les enfants des uns et des autres.

Mais la cerise sur le gâteau, c’était la fierté. La fierté que je ressens en voyant la chair de ma chair se donner et se pousser vers son meilleur. De voir aussi dans les yeux de mes enfants une fierté qui leur est propre face à leur dépassement et leurs efforts. La fierté de voir leur maman dans les estrades qui crie et les encourage.

Et ces petits yeux pétillants et déterminés sont une source de bonheur qui vaut bien tous les matins trop tôt et les kilomètres parcourus.

Cyntia Dubé
CYNTIA DUBÉ

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