Tes fatigues de mère

tired woman with baby

Tu avais tellement hâte d’être mère. Depuis si longtemps.

Tu t’imaginais te pavanant avec ton gros bedon, puis avec ton bel enfant.

Tu serais heureuse, comblée par la vie.

Puis tu es effectivement devenue maman. Tes enfants te comblent de bonheur, c’est vrai. Mais rien ne t’avait préparée à vivre cet état qui, pourtant, prend de plein fouet chaque maman en ce monde : la fatigue.

Plus précisément “les” fatigues. Parce qu’une mère en connaîtra différentes formes au cours de sa vie, et tu n’en seras malheureusement pas exemptée. Ces fatigues qui te feront parfois tout remettre en doute.

Il y a la première fatigue de la maman, celle causée par son nouveau-né qui ne connaît pas encore la différence entre le jour et la nuit. La fatigue qui fait que tu ne te souviens même plus quel jour de la semaine on est, à force de vivre au même rythme que ton bébé. Ces journées, ces semaines puis ces mois où tu ne fermes l’œil qu’à moitié, redoutant le prochain pleur de ton enfant. Cette fatigue qui te fait voir la vie à travers un drôle de brouillard, qui t’empêche de réfléchir clairement et qui te fait croire que jamais plus tu ne dormiras plus de deux heures d’affilée. C’est la fatigue du manque de sommeil.

Il y a aussi une fatigue plus insidieuse, une fatigue que les mamans n’osent pas nommer entre elles. Cette fatigue causée par les soins que tu dois prodiguer à ton enfant sans prendre de pause, vingt-quatre heures par jour. Ces années où tu as l’impression de mettre ta vie sur pause pour t’occuper de celles des autres. Cette fatigue qui te fait sentir tellement coupable, parce qu’une maman, c’est supposé servir à ça, prendre soin de ses petits. Mais ça te pèse si lourd parfois d’être le centre du monde de ces petits êtres que tu as mis au monde, ça t’épuise. C’est la fatigue d’être essentielle au bien-être de quelqu’un d’autre.

Et puis vient la fatigue de répéter les mêmes gestes jour après jour. La fatigue qui te fait détester ta routine quotidienne, qui te donne envie de sacrer ton “enfant-boulot-dodo” au bout de tes bras pour repartir faire ta vie à l’autre bout du monde. Cette fatigue remplie du manque de spontanéité de ta vie de mère et de l’impression que tout est toujours à recommencer. Cette maudite fatigue d’être toujours pressée, d’être toujours en retard. Une fatigue qui te ronge parfois le cœur de colère. C’est la fatigue du train-train quotidien.

Et il y a la fatigue inattendue. Celle qui frappe dans le tournant, sans avertir. La fatigue qui, un beau matin, t’empêche de sortir du lit. La fatigue qui t’étouffe, t’empêche de respirer. Cette fatigue lourde et noire, qui te cache la lumière de la vie de famille. Une fatigue difficile à accepter, puisqu’elle te donne l’impression d’être faible. Une fatigue qui te fait pleurer, te fait regretter, te fait souffrir. Cette fatigue dont tu te croyais à l’abri, mais qui s’est frayée un chemin en toi sans ta permission. C’est la fatigue d’épuisement.

Mais si tu as la vive impression que la fatigue d’une mère n’est que négative puisqu’elle te draine, t’assomme, t’achève, détrompe-toi. La fatigue peut aussi être tout autre chose.

Tu l’oublies souvent, mais il y a aussi la fatigue qu’une mère ressent à la fin d’une journée bien remplie, où elle sent qu’elle s’est accomplie comme femme, comme travailleuse, comme maman. Tu sais, ces journées où tu es fière du travail que tu as abattu, où tu ressens un contentement incroyable parce que tu as enfin réussi à cocher toutes ces choses à accomplir écrites sur une de tes nombreuses listes. C’est la fatigue d’efficacité.

Il y a aussi la fatigue que tu éprouves après une journée de plaisir avec tes enfants, à avoir trop rigolé et à s’être cajolés. La fatigue que tu éprouves après t’être couchée trop tard parce que tu as pris un autre verre de vin avec une amie. Ou celle que tu ressens après l’amour, au creux des bras de ton chéri. C’est la fatigue du bonheur.

Ben ces types de fatigues-là, ma belle maman, elles te propulsent vers une autre journée. Elles te donnent le goût de te lever le matin, parce que tu sais que malgré le fait que ton corps réclame plus de sommeil et de repos, il y a du bon qui t’attend au bout de cette nouvelle journée.

Au bout du compte, la fatigue fait partie de ta vie, que tu le veuilles ou non. Il suffit d’apprendre à la reconnaitre, à l’apprivoiser et surtout, à savoir t’arrêter pour reprendre ton souffle, le temps qu’il faut.

Parce que le repos aussi, ça fait partie de la vie.

Audrey Roy
AUDREY ROY

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