Chère maman dont le fils a vomi à l’école aujourd’hui

kid with belly pain

Chère maman que je ne connais que de vue (pis encore),

Mon fiston vient d’arriver de l’école et le fait saillant de sa journée a été quand ton enfant chéri a déversé le contenu de son estomac sur le plancher. Juste à côté de mon p’tit à moi. Ouin. Après m’être renseignée directement aux sources, il est pas mal vérifiable qu’il ne s’agissait pas d’une banale indigestion isolée, mais bien de la cr&?# de gastro que personne veut.

Je te cacherai pas que mon premier réflexe a été de maudire tous les saints du ciel et d’avoir envie de tremper mon enfant dans l’eau de Javel. De maudire les parents comme toi qui envoient leurs enfants malades à l’école malgré leur teint verdâtre et leur manque d’entrain. De maudire les petits écoliers pas capables d’identifier un mal de cœur ni de se rendre à temps à la poubelle, encore moins à la toilette. De maudire ma progéniture de ne pas être assez omnisciente pour détecter la catastrophe imminente ni d’avoir le réflexe de s’assoir à côté de ceux qui ne sont jamais malades. De maudire les jours à venir pendant lesquels toute ma maisonnée va se vider par les deux bouts jusqu’à atteindre l’état de larve humaine.

Ouais, j’ai pensé à tout ça. Pis après, j’ai pensé : “Ma yeule“. Parce que là, je pensais juste à moi. Pis ça fera.

Parce que si mon fiston est top shape en ce moment, peut-être bien que le tien l’était tout autant avant de partir à 7h00 ce matin.

Parce que pendant que mon fils joue aux bonhommes dans le bain alors que je passe une petite lingette Lysol sur son agenda et ses chaussures, c’est le tien qui se tord du mal de ventre sur le divan recouvert d’un vieux drap.

Parce que ce soir, on a tous soupé en famille, riant devant un bon repas et une solide dose de probiotiques,  alors que tu jetais des regards inquiets à ton petit coco tout faible en te demandant s’il allait garder ses quelques gorgées de Pedialyte.

Parce que demain, on va tous vaquer à nos occupations habituelles, alors que tu vas devoir négocier un autre congé de la job pour désinfecter ta maison de fond en comble, à supposer que tu ne tombes pas au combat toi aussi.

Parce que, là, j’ai un sursis qui me permet de faire le maximum pour prévenir, alors que toi tu as les deux mains dedans, occupée à guérir.

Ici et maintenant, ma famille est en santé. On n’a rien pour se plaindre. Peut-être que notre tour viendra, peut-être pas. En attendant, c’est ton fils qui est malade, lui, pour vrai. Et mes premières pensées auraient dû être : “J’espère que ton fiston se sentira mieux très bientôt! Tiens bon, ma chère, dans quelques jours, ça sera terminé!”.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

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