Mes amours, vos chicanes me grugent

sibling fight

C’est tout le temps. Pour tout. Pour n’importe quoi. Pour un jouet, pour un regard un peu trop appuyé, pour un mot de travers, pour décider qui va dans le bain en premier (alors que depuis toujours, on alterne religieusement tous les jours en tenant presque un registre…), pour le biscuit qui a une pépite de plus que l’autre, juste pour passer le temps.

Ça commence quand on ne s’y attend pas. Vous jouez tranquillement tous les deux, dans une parfaite harmonie. Puis tout à coup, avant même qu’on puisse réaliser ce qui vient de se passer, vous êtes en train de hurler, de vous pousser, de vous pincer.

Le pire, c’est que je le sais ben qu’au fond, vous vous aimez. Quand y’en a un de vous deux qui n’est pas là, parti jouer chez un ami ou vivre sa petite vie, vous tournez en rond. Vous vous ennuyez, vous avez donc hâte qu’il revienne, vous avez mille choses à vous dire. Pourquoi alors qu’à la minute où vous vous retrouvez enfin tous les deux dans la maison, vous recommencez à vous chercher des poux, à vous provoquer, à vous lancer des petites pointes passives-agressives?

Ça me rend dingue. Tout le monde me dit que c’est normal. Je le sais que c’est “normal”. J’ai une sœur avec qui je me suis chicanée en masse, et je ne peux pas dire que j’étais celle des deux qui subissait l’autre, oh que non! Pis aujourd’hui, on s’entend à merveille. Je le sais. Mais pareil, ça me gruge.

J’aimerais que vous réalisiez combien ça m’attriste de vous voir vous faire mal délibérément, chercher à vous blesser ou vous humilier, avec vos poings ou avec vos mots. De voir les deux personnes que j’aime le plus au monde faire preuve d’autant de mauvaise foi, parfois de méchanceté; c’est ce qui jette le plus d’ombre sur mes journées. Ça me fait me demander où est-ce que j’ai échoué.

J’aimerais que vous puissiez vous regarder aller. Que vous voyiez que ces choses que vous êtes si prompts à reprocher à l’autre, vous les faites aussi, plus souvent qu’à votre tour. Que, malgré que vous vous donniez systématiquement le rôle de victime, vous êtes presque toujours le bourreau. Que plus vous criez que ‘’C’EST PAS DE VOT’ FAUUUUTE!’’, ben ça l’est, absolument, de votre faute.

J’aimerais que vous compreniez que notre famille, c’est nous quatre. Qu’en dehors de papa et moi, vous vous avez l’un l’autre. Mais que ce n’est pas parce que les liens du sang vous unissent que votre relation va juste couler et perdurer comme un long fleuve tranquille. Qu’il faudra que vous y travailliez, que vous y mettiez du vôtre à long terme, pour ne pas que la vie et toutes vos mésententes n’en viennent à vous séparer. Contrairement à ce qu’on peut penser, les liens de famille ne sont pas une  fatalité. Y’a pas de magie là-dedans. Comme dans tout, il faut les chérir et les entretenir, sinon comme dans tout, ça va juste s’user pis finir par se briser.

Vous êtes encore jeunes, je le sais bien. C’est encore dur pour vous d’avoir de l’empathie, de mesurer la portée de vos actions avant de les poser. Peut-être que j’en demande trop. Je voudrais juste sentir, au moins des fois, que vous essayez. Juste ça.

Aimez-vous. Endurez-vous. Pis en attendant, comme on dit : lâchez-vous ou ben mariez-vous!

Mélissa Brassard
MÉLISSA BRASSARD

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