Chère voisine amère qui trouve mes enfants bruyants

noisy kid

Chère voisine amère,

Je viens de prendre connaissance de votre message laissé sur ma boîte vocale concernant le bruit infernal causé par “mes deux mongols qui n’arrêtent jamais de courir, SURTOUT à l’heure du souper ». Je vous remercie d’avoir pris le temps de me contacter pour me rappeler à quel point je semble être une mauvaise mère à vos yeux.

Premièrement, sachez que mes enfants étaient absents pendant tout le week-end. Lors de leur retour en fin de journée hier, comme nous sommes pris en otage par le froid polaire, j’ai cru bon de leur faire dépenser un peu de leur trop-plein d’enfants en mettant de la musique et en les faisant danser. Pendant vingt minutes. Vers 16h30. Volume à dix. Pensant à vous, qui deviez regarder Canal Vie, seule, en ce dimanche soir et qui n’apprécierait sûrement pas de se faire importuner par ce moment familial pur et authentique.

Deuxièmement, j’aimerais porter à votre attention que lors de vos précédentes interventions, je suis toujours demeurée très ouverte et courtoise en vous promettant de redoubler d’efforts pour éviter que les enfants n’occasionnent trop de vacarme et briment du même coup votre quiétude et votre mode de vie sédentaire empreints de morosité et de grande solitude. Chose que j’ai beaucoup de difficulté à concevoir, vous qui semblez être une si charmante personne et « hop! la vie ».

Troisièmement, si j’étais en mesure de vous prouver à quel point nous sommes constants dans nos consignes et dans les conséquences que nous devons faire subir au quotidien à nos enfants pour vous accommoder, je crois sincèrement que vous auriez probablement employé un ton et des mots bien différents pour me signifier votre mécontentement. Je vous remercie au passage d’avoir eu la gentillesse de me faire gré de l’enregistrement de votre diarrhée verbale; j’ai maintenant en poche un outil pédagogique supplémentaire pour démontrer à mes jumeaux l’importance du savoir-vivre et du respect d’autrui dans ma future chronique éducative que j’ai intitulée : « Voici comment ne pas aborder les gens lors de résolution de conflits ».

Ceci étant dit, je me rends compte que malgré notre démonstration de bonne volonté et de l’énergie que nous avons mises dans l’établissement d’un cadre plus strict pour essayer de contenir mes jumeaux de trois ans, que tout cela demeure vain et que vous semblez encore insatisfaite.

Sachez Mme Pas-fine que j’ai mis de côté mes principes d’éducation pour satisfaire les besoins que vous m’aviez exprimés dans l’espoir de trouver un terrain d’entente. Lorsque vous avez fait l’achat de votre logement, vous avez sûrement considéré la possibilité qu’un jour, ayant un étage au-dessus de votre tête, qu’une famille puisse y emménager. D’ailleurs, vous avez pris la décision de vivre dans un condo, en cohabitation, ce qui implique malheureusement l’éventualité de faire face à ce genre de situations. Il était beaucoup moins cher me direz-vous? Probablement. Il faut donc apprendre à composer avec les désavantages que ce prix moindre comporte. Encore chanceuse qu’il ne s’agisse que d’enfants qui se couchent tôt et qui sont souvent de sortie le week-end. Qui sait de quel genre seront les prochains locataires? En espérant que ce ne seront pas des fêtards qui aiment recevoir jusqu’à tard le soir et écouter de la musique du diable dans le tapis jusqu’aux petites heures du matin….

Maintenant, comme vous ne semblez pas encline à concevoir que nous avons réellement fait des sacrifices pour faciliter le ‘’vivre-ensemble’’, nous avons donc décidé de baisser notre garde sur le bruit ambiant et inévitable pour que vous puissiez mieux saisir la chance que vous aviez d’avoir une porte grande ouverte sur le dialogue et sur des options de solutions que nous offrions. Je vais pouvoir de mon côté me réapproprier, pour les quelques semaines qui restent, mon petit chez-moi.

Je profite de l’occasion pour vous indiquer qu’il est fortement possible que nous soyons dans l’obligation de prolonger notre bail de quelques mois. Nous devions quitter au mois de mai, mais comme nos recherches demeurent pour l’instant infructueuses… Je vous tiendrai au courant des développements.

Si dans le futur, vous considérez que les désagréments sont, à ce point, incommodants, je vous inviterais à vous renseigner sur les procédures légales dont vous disposez pour mettre un terme à ce litige. Pour avoir cherché moi-même les dispositions à ce sujet, je peux vous assurer que nous n’outrepassons pas la limite du raisonnable et que mes fils ne pourraient pas recevoir d’amendes pour excès de joie de vivre… Des enfants, c’est plein de vie, ça court, ça chante, ça danse et ça nous rappelle que le bonheur peut être facile quand on sait comment s’y prendre… Et des fois, ça implique une petite steppette dans le salon un dimanche soir avant le repas.

Au plaisir d’échanger avec vous.

 

Kym de la Durantaye
KYM DE LA DURANTAYE

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