Moi, la maman séparée qui avait juré qu’elle ne laisserait plus personne entrer dans sa vie

couple kissing in kitche

Qu’il devait donc se lever de bonne heure celui qui me ferait changer d’idée, qui me ferait envisager une vie à deux sous un même toit.  Celui que je voudrais dans ma vie et dans celle de mes enfants à temps complet.  Il devait se lever de bonne heure celui pour qui j’accepterais de faire une place dans ma maison, celui à qui je souhaiterais laisser la moitié du pôle dans ma garde-robe.  Celui à qui j’accepterais de concéder la moitié de mon lit Queen.  Celui par qui j’accepterais de me faire piler sur les orteils dans ma cuisine trop exiguë.  Et toi, bien tu t’es levé tôt… très tôt.

Moi, l’indépendante qui souhaitait tout accomplir seule, sans aucune aide.  Moi, la femme forte qui souhaitait impressionner par sa capacité à assurer son propre bonheur et sa survie en entier.  Moi, la maman lionne qui ne laissait personne s’approcher trop près de ses enfants afin de les protéger.  Moi qui se croyais parfaitement heureuse dans ce mode de vie totalement autonome.   Aujourd’hui, toute cette carapace s’est effritée.  Je réalise maintenant à quel point c’est facile d’être indépendante quand on n’est pas en amour.  C’est facile d’être forte quand on n’a pas le choix.  C’est facile de «ménager» ses petits quand on n’a personne dans le collimateur, personne avec qui on a sans cesse le goût d’être.  Personne qu’on rêve de leur présenter.  C’est facile de tenir le fort fermé à double tour quand on n’a pas tous ces rêves et ces envies de vie à deux qui se bousculent aux portes.

Tu es venu ébranler chacune de mes certitudes, chacun de mes principes si soigneusement établis.  Tu as colmaté tranquillement chacune de mes peurs et tu m’as permis de croire que parfois, les belles histoires existent.  Tu as rassuré la femme solide que je tentais d’être, coûte que coûte.  Tu as effacé de ma tête, une par une, les images négatives que j’avais de la vie à deux et les mauvais souvenirs de tout ce que j’avais connu jusqu’à maintenant.  Je t’ai vu vouloir t’impliquer dans la vie de mes enfants, sans frémir, malgré leur jeune âge.  Je t’ai vu t’attacher tranquillement à elles simplement par le biais de ce que je te racontais.  Je me suis surprise à t’attendre pour décorer ma maison afin qu’elle nous ressemble à tous les deux.

J’ai le goût de me réveiller à tes côtés chaque matin.  De m’endormir la tête nichée au creux de ton épaule.  J’ai le goût de voir mes enfants te chercher les soirs où tu devras t’absenter.  De te voir faire se balancer la plus jeune au parc et jouer au ballon avec ma grande.  Je rêve d’une vie de couple et de famille avec toi, alors que ça m’a toujours fait horreur.  Alors qu’avant toi, je fuyais tout ce qui pouvait s’apparenter à ça.  Je rêve de partager mon quotidien avec toi et ma vie en entier.

Je m’étais pourtant fait la promesse de ne plus jamais laisser quelqu’un franchir le seuil de ma porte avec ses valises.  De ne plus jamais accepter de condenser mes effets dans une seule moitié de l’armoire de la salle de bain.  De ne plus jamais permettre à une tierce personne d’avoir la même adresse que moi… puis il y a eu toi.  Toi qui m’a fait comprendre qu’il ne faut jamais dire jamais, que les promesses sont faites pour être brisées et la vie elle, est faite pour être partagée.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *