À toi, la mère qui me juge parce que j’emmène mon bébé dans un show

baby with ears protection

À toi, la mère qui me juge parce que j’emmène mon bébé dans un show,

La mère qui me regarde sans cesse du coin de l’œil. Tu m’as étiquetée sans même me connaître, tu te plais à me juger et pendant que tu perds ton temps à me regarder m’amuser avec mon bébé dans son sac ventral avec l’énorme casque anti-bruit que j’ai fièrement acheté pour éviter d’endommager ses petites oreilles pendant le spectacle de musique auquel nous assistons tous les trois, tu perds un maudit bon show. Le festival, le show, la danse, la vie sont devant toi la grande, pas sur ta gauche. Regarde donc en avant et essaie de profiter un peu du moment. C’est un spectacle de musique, pas un show de Marilyn Manson ou de Metallica, et nous ne sommes pas en plein mosh pit. Ne t’inquiète pas, je n’ai pas expulsé mon bon jugement en même temps que mon placenta, pas besoin de guide de la bonne mère pour ça; rien de ce qui se passe ici n’est dangereux pour quiconque.

Mais toi, tu continues de me juger en pleine face. Ce soir à 20h30, tu as décidé qu’il était déjà trop tard pour que mon bébé soit réveillé, que c’était beaucoup trop bruyant malgré ma bienveillante protection, que la foule était beaucoup trop grande pour y emmener mon bébé. À ce que je sache, je n’avais pas une caisse de bière dans mon cooler. J’avais pas de joint accoté sur mon oreille, je n’avais pas de cigarette dans ma bouche. Je suis en pleine possession de mes moyens, je marche ben drette et même qu’en fin de soirée, je pourrai reprendre ma voiture jusqu’à la maison. Mon bébé dormira dans la voiture et, sais-tu quoi, je suis même rendue pro dans l’art de le coucher sans le réveiller. Je vais même être folle et me verser une bière dans le confort de mon salon avec de super souvenirs en tête pendant que toi, tu seras enragée contre mon épouvantable irresponsabilité avec tes cheveux ébouriffés et tes dix bières dans le corps devant ton écran d’ordinateur à écrire des commentaires odieux sur la mère 2.0 que je suis.

Toi, la p’tite femme, je ne te connais pas, mais ta vie doit être vraiment triste. Si tu n’as pas d’enfants, crois-tu normal de juger ce que tu ne connais pas ? Parce que c’est connu, la journée que tu arrêtes la pilule, tu dois te séparer de tes amis, de la société n’ayant pas d’enfants ?

Tu es peut-être maman toi aussi. Peut-être que cette soirée-là, tu as fait garder tes enfants, que tu as décidé que c’était une soirée de couple, d’amis. Écoute, si c’est ton cas, je suis vraiment contente pour toi. Tu as choisi ce moment pour penser à toi. Mais tu sais quoi? Moi aussi. Un peu plus vieux, mon enfant pourra repartir des soirées comme celle-ci avec un peu trop de sucre dans le corps, un peu de jus sur son chandail, mais la tête remplie de souvenirs avec la fierté de savoir que malgré la vie, le temps qui passe, sa maman l’a traité comme un enfant, comme son enfant avec qui elle aimait passer le plus de temps possible dans les moments les plus festifs de sa propre vie.

Julie Beauvais
JULIE BEAUVAIS

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