À toi, le père qui travaille dans le Nord

sad boy with father

T’as commencé, t’étais flo. T’as pas pris la peine de te demander si c’était vraiment ça que tu voulais, ni maintenant, ni plus tard. Tu t’es tranquillement forgé une vie là-bas. Pis t’as continué à vivre ta vie ici. Deux mondes complètement différents. Tu sais pas si tu y as vraiment pris goût, si tu t’es vraiment habitué, mais t’as continué. T’as continué jusqu’à ne pas pouvoir abandonner, ni ta vie ici, ni ta vie là-bas.

Ici, t’as ta famille. Là-bas, t’as ton boulot. Deux gros morceaux. La femme que t’aimes, elle le sait depuis le début, elle est tombée amoureuse du gars qui était pas là trois semaines par mois. À ce moment-là, elle s’est pas trop posé de questions non plus. Elle t’aimait, c’est tout. Pis les enfants sont arrivés. Ça non plus tu y avais pas vraiment pensé, avoue hen ? Être papa ici, pis là-bas. Être toujours là pour ta petite famille, d’ici, pis aussi de là-bas.

Les autres, ils te voient revenir, pis repartir. Pis ils trouvent peut-être ta vie cool de loin. Parce qu’eux autres ce qu’ils voient, c’est le cash que tu rapportes, le temps relax que tu passes là-bas le soir dans ta chambre qu’ils espèrent en cachette pis le temps de qualité que tu donnes à ta famille à ton retour. Mais eux autres, ils savent pas.

Ils savent pas que ça te déchire le cœur à chaque fois de repartir, mais que tu t’efforces de rester fort pour supporter du mieux que tu peux ta femme pis tes enfants qui sont là, pis qui ravalent leurs larmes. Ils savent pas que rendu là-bas, tu bûches comme un fou à la sueur de ton front pis que tu te couches le soir, brûlé, n’espérant rien d’autre que de donner des becs dans le front de tes enfants qui dorment paisiblement pis de te coller en cuillère avec la femme que t’aimes. Ils savent pas le nombre de sacrifices que tu peux faire dans une année, manquant des événements par-ci, par-là et voyant les autres s’amuser pendant que toi, t’attends sagement que ta run finisse. Ils savent pas que le cash que tu rapportes, ben tu le mérites plus qu’ils ne peuvent l’imaginer pis que ça rachète pas tout.

C’est ta vie mon gars. Pis c’est celle de ta femme pis de tes enfants. C’est votre vie. Pis elle est parfaite comme ça. Vous avez trouvé l’équilibre à travers ça, pis vous y arrivez parfaitement. Vous dégagez le bonheur, ici, pis là-bas.

Bonne run !

Maman Yin Yang
MAMAN YIN YANG

7 thoughts on “À toi, le père qui travaille dans le Nord

  1. Arsenault Répondre

    Bonjour.

    J’ai venu les yeux plein d’eau et si la fin aurais été ma réalités d’aujourd’hui j’aurais versé une larme … gaspesien célibataire et je m’occupe de mes enfants le temps que je suis à la maison je fais du 14 /14 et je ne suis pas dans la meilleure situation pour rencontrer quelqu’un la vie a changée. .. merci bon texte et felicitation pour ceux que ça tiens encore ?

  2. Pierre Coulombe Répondre

    Moi je n’ai pas eu la chance de garder une femme à travers ça. En fait. je n’ai pas su m”occuper des mes enfants convenablement, pendant ce temps. Aujourd’hui, je N,ai plus rien car j’Ai tout donné à mon métier d’enseignant. Les enseignants dans le Nord ne sont pas appréciés. … à moins qu’ILS ne montent là avec leur femme et leurs enfants. Là, ils sont valorisés…

  3. J-P Répondre

    Oh my god, comment ne pas réagir à ce texte remplie de sens et qui me touche énormément. Autant sur le plan émotionnel que sur le plan situationel. Ce qui représente tout ce que je vie en tant que travailleur du nord, ou dans mon cas, travailleur du Canada. Depuis que je pratique mon travail, je ne cesses de rêver du jour ou je vais embrasser mes enfants avant de partir, mais chaque fois, je suis seul en me rendant à l’aéroport. Depuis que je suis tout jeune, je rêves de faire le travail que je fais et j’ai dû faire des sacrifices pour y arriver. Mon travail est partie intégrantes de moi. Depuis que j’ai commencé à faire mon métier, j’ai eu différente relations et à chaque fois, le même discour revient. T’es vraiment un bon gars mais c’est ton travail ou moi!! La question à cent dollars, que je me pose depuis ce temps là et encore aujourd’hui, est-ce qu’il y a vraiment quelqu’un qui peut accepté cette situation? Me conclusion fut toujour, non. Mais maintenant, merci de me faire douter et de me permettre d’avoir, ne serrait est-ce qu’une once d’espoir.

    En espérant pouvoir un jour embrassé mes enfants avant de prendre l’avion

  4. Marie-Claude Répondre

    Quel beau texte, c’est vraiment la description de ma vie. Bravo!

  5. joanne Répondre

    I live this life, my husband leaves in April and returns in November. It’s hard on everyone but we try to stay strong. We have 2 small children who miss their daddy (6 years old & 2 years old)

  6. Kaven Répondre

    Bravo pour ce texte.

    C’est exactement le genre de vie de mon père, de qui je me suis inspiré pour écrire cette chanson que j’ai intitulée ROMAINE : https://soundcloud.com/pajacommunicaitons/mack-ro-romaine

    Bonne écoute!

  7. moi Répondre

    C’est un choix ,, mais habité dans le nord ,c’est un monde tellement différent …. isolement , tout es différent ici , tout tout tout , c’est pas une vie c’est une survie . un mode survie ,,,

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