Mon chum, tu ne vas pas gagner un prix parce que tu as passé la balayeuse

man superhero vacuum

Mon chum,

Je t’aime gros comme le ciel pour un paquet de bonnes raisons toutes meilleures les unes que les autres, mais je pense que c’est le temps qu’on se parle.

Ça fait une couple d’années qu’on vit sous le même toit pis qu’on a fait des p’tits pis malgré toute ta bonne foi, j’ai l’impression qu’il y a une couple d’affaires qui t’échappent.

La maison, on la paye moitié-moitié pis on habite dedans tous les deux trois cent soixante-cinq jours par année. Tu prends ta douche et tu fais pipi dans notre toilette commune quotidiennement pis moi aussi, on répand des graines sur le plancher à peu près à la même fréquence, on change de bobettes, de gilet pis de culottes tous les jours tous les deux pis on salit autant de vaisselle l’un que l’autre.

Bref, il me semble que la maison et son désordre nous appartiennent pas mal fifty-fifty. Ça fait que je comprends pas trop comment ça se fait que tu me rabats les oreilles avec la fois que t’as passé la balayeuse v’là trois semaines toutes les fois que je te demande un coup de main comme si tu méritais la palme d’or des Madame Blancheville pour avoir fait aller l’aspirateur sur trois mètres carrés de plancher un gros cinq minutes en trente jours. Je ne voudrais surtout pas être désagréable mais non seulement ton coup de balayeuse te revient, mais la moitié de toutes les tâches que je me suis tapées aussi. Ça fait que si quelqu’un doit donner un prix à l’autre, il serait peut-être bon de revoir ta position. Sauf que dans les faits, un trophée, moi, j’en veux pas. C’est pas un concours.

Même affaire pour nos enfants. Peut-être que tu n’es pas tout à fait au courant mais un jour, TON spermatozoïde a rencontré mon ovule frétillant et on peut biologiquement affirmer que l’un comme l’autre portent aujourd’hui 50% de la responsabilité de l’existence de notre progéniture. Mathématiquement, ça veut dire qu’on est supposés s’en occuper équitablement, t’sais. Ça fait que je ne comprends pas trop comment ça se fait que tu fais une face de carême quand je te demande de prendre les p’tits avec toi, le temps de faire l’épicerie, et que tu m’apprends à regrets que tu n’as pas le temps de les « garder ».  Je ne comprends pas non plus comment c’est possible que je doive annuler une soirée entre amies prévue trois semaines d’avance pour cause de tournoi de poker alors que tu sors trois fois par semaine sans me demander ce que j’en pense. Dans mon livre à moi, on a conçu ces enfants-là à deux pis je ne vois pas de bonne raison de ne pas s’en occuper égal.

Je ne veux plus penser à ta place. Je ne veux pas te dire de vider la poubelle quand elle est pleine; je veux que tu y penses. Je ne veux pas te dire de starter une brassée quand le panier de linge sale déborde; je veux que tu la start. Je ne veux pas que tu me dises qu’il ne reste plus de lait; je veux que tu ailles en acheter. Je ne veux pas que tu attendes que mon chaudron déborde pour aider le plus jeune avec ses devoirs; je veux que tu l’aides drette-là.

Mon chum, je ne veux pas sacrer mon camp pour de bon parce que ça fait quarante-huit fois que je te répète tout ça.

Merci de faire partie de notre famille et d’agir en conséquence sans passer la balayeuse en te prenant pour Superman.

La Collaboratrice dans l'Ombre
LA COLLABORATRICE DANS L'OMBRE

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