La fin de ta vie de bonne petite fille

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Tu te dis que tu serais due pour du changement, du gros changement, mais tu doutes. T’as peur. Mais qu’est-ce qu’ils vont penser tes parents?  Tes amis?  Ton chum?  Ton entourage en entier?  Les voisins?  T’as pas été élevée comme ça. On t’a présenté un moule alors que tu étais toute petite et tu t’es efforcée de rentrer dedans… toute ta vie.  Et t’as réussi… jusqu’à maintenant.

Mais là, tu te dis que t’as plus le goût.  Tu veux juste le détruire, ce moule-là, qui t’étouffe un peu plus chaque jour.  T’as pu le goût d’être celle que tout le monde veut que tu sois.  T’as le goût d’être toi, pour la première vraie fois de ta vie.  T’as le goût de faire fi de ce que tous attendent de toi, et d’écouter vraiment la petite voix qui te susurre que t’es pas au bon endroit, au bon moment dans ta vie.  Pis des jours, ben on va se le dire, elle parle fort en maudit cette voix-là.  Y’a des moments où tu n’arrives juste pas à la faire taire.  Et même quand elle semble se cacher, tu sais au fond de toi qu’elle a raison et que ce n’est qu’une question de temps avant que tu craques et que tu envoies tout valser.

Mais alors, dis-moi, qu’est-ce qui t’empêche vraiment de la suivre, cette voix de ta raison?  Pas de celle des autres.  Ta raison.  À toi.  Qu’est-ce qui t’empêche de moduler ta vie selon ce que tu souhaites qu’elle ressemble vraiment?  Quand tu fermes les yeux et que tu t’imagines heureuse, où te trouves-tu?  Dans ta cuisine?  À ton bureau?  Ou si plutôt tu es complètement ailleurs, dans cette autre vie que tu fais semblant d’ignorer?

Tu n’as pas à tout lancer dans le mur, mais il faudrait peut-être que tu réfléchisses à ce que tu souhaites dans ta vie. Parce qu’elle ne reviendra pas.  Tes vingt-cinq ans, tes trente ans, tes trente-huit ans tout comme tes quarante-trois ans ne se représenteront jamais.  C’est maintenant.  Alors c’est maintenant que tu dois vivre… pour toi.

Je ne te dis pas d’ignorer tout autour de toi, mais de t’arrêter un instant pour t’assurer que ta vie est ce que tu souhaitais qu’elle soit.  Je ne te parle pas de la vie de princesse que tu t’imaginais enfant, je te parle de ce dont secrètement, tu rêves en tant qu’adulte.  Je te parle de ces obligations que tu te mets sur les épaules inutilement, de cette pression dont tu te nourris parce qu’il le faut, de ces principes qui dictent ta vie tel un gourou.  Je te parle de ces rêves que tu as remisés dans ta filière 13, de ces envies que t’as tellement refoulées que tu en as oublié l’existence, de ces petits moments dont tu souhaitais tapisser ton existence, mais que tu as laissé tomber pour gérer le reste.

Personne ne la vivra pour toi, ta vie… alors aussi bien t’en charger toi-même et d’en faire l’esquisse dont tu rêvais.  Ose être celle que tu souhaites être.  Ose t’affirmer.  Permets-toi de vivre les folies dont tu rêves et d’assumer ces fantasmes que tu camoufles.  Accepte de faire des  erreurs et apprends à te les pardonner.  Apprends à vivre avec la part plus sombre qui sommeille en toi, elle n’ajoutera que des nuances supplémentaires à ton quotidien.

Ta vie ne sera jamais plus que ce que tu lui permettras d’être.  Alors, aussi bien voir grand et voir beau et de la vivre comme tu le souhaites, puisqu’elle n’appartient qu’à toi et qu’elle n’attend que toi pour se déployer.

Alors, vis!

Marie-Claude Lamarre
MARIE-CLAUDE LAMARRE

Une réflexion sur “La fin de ta vie de bonne petite fille

  1. Josie Coccinelle Répondre

    Quelle belle reflexion! Ton texte m’a vraiment touché…

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