C’est le printemps, mon trésor

little girl in a field on spring

C’est le printemps, mon papillon! Nous sommes comme deux ours qui sortent d’hibernation! Après les longs mois d’hiver, nous pointons lentement le nez dehors, assoiffés de soleil et d’air pur! Pour toi, l’heure est à la découverte!

C’est le printemps, mon p’tit lapin! Nos premières promenades sont rythmées par chaque roche extraordinaire qui croise ton chemin. Les grosses, les miniatures, les blanches, celles qui brillent, elles sont toutes spéciales et magnifiques à tes yeux. Un vulgaire morceau d’asphalte arraché par la déneigeuse, et te voilà persuadé d’avoir mis la main sur une météorite. Nous rentrons à la maison les poches pleines de garnottes que tu collectionneras tout l’été durant.

C’est le printemps, mon petit cœur, et tu ne peux résister aux jolies fleurs. Les quelques semaines où notre terrain se couvre de pissenlits sont tes préférées. Tu m’offres quotidiennement un bouquet de ces petits soleils jaunes que je peine à faire tenir dans un verre de plastique, en espérant ne pas rentrer de fourmis du même coup! Tes bouquets me font un peu éternuer, mais je n’ai jamais le cœur de les refuser!

C’est le printemps, mon chéri, et les branches parsèment le sol qui verdit. Dans ta paume, elles deviennent le sabre redoutable d’un impitoyable corsaire, les bras géants d’un robot constructeur de fusées, ou encore l’indestructible baguette magique d’un savant sorcier! Je suis émerveillée devant tant d’imagination pour un simple bâton. Presqu’autant qu’effrayée à l’idée de te voir bientôt te crever un œil.

C’est le printemps, mon trésor. Les insectes reprennent leur place dans notre décor. Tu oscilles entre la fascination et la peur. Ensemble, on les observe, on les suit à quatre pattes. Quand tu me demandes de prendre un ver de terre dans mes mains, je me dis que je n’aurais jamais cru faire un jour une chose pareille! Mais je réprime mes frissons pour que tu puisses regarder de plus près, voir que ce n’est pas dangereux ni dégeu. Parfois tu aimerais qu’on mette quelques spécimens dans des pots et qu’on les rentre à la maison. Je t’explique que tout comme toi, ces petites créatures sont ravies de l’arrivée du printemps et que ce serait cruel de les en priver pour les emprisonner.

C’est le printemps, mon amour, et tu me le fais voir sous un nouveau jour. Malgré la pluie et la boue qui me rebutent, comment rester de marbre devant ton inébranlable enthousiasme? Comme à chaque jour depuis ta naissance, à travers tes grands yeux je ne vois que le beau, le bon, le merveilleux.

Avec toi, c’est le printemps tout le temps.

Mélissa Brassard
MÉLISSA BRASSARD

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